CONGO : le plan national de développement agricole (PNDA) d’un coût de 1139 milliards présenté aux investisseurs au SARA


La république du Congo avec des terres agricoles estimées à dix millions d’hectares, est dotée d’une biodiversité offrant des conditions favorables pour l’agriculture l’élevage, la pêche et l’aquaculture etc. Malgré ces nombreuses ressources, l’économie du Congo reste dominée par le secteur pétrolier qui fournit l’essentiel des ressources nécessaires à l’investissement et à l’ensemble de la gestion de l’économie. Toutes choses qui vont induire la mise en place du Plan National de développement agricole 2018-2025 qui a été présenté à la presse et aux investisseurs au SARA 2019 à Abidjan, en attendant le forum « Grow Congo » des investisseurs prévu pour se tenir le 22 février 2020 à Amsterdam, Pays-Bas.


D’un coût de financement estimé à 1139,462 milliards de F CFA, représentant un effort budgétaire moyen annuel de 227,892 milliards de FCFA, le plan national de développement agricole (PNDA) du Congo vise à consolider et pérenniser la croissance de l’économie nationale, approfondir la diversification de l’économie en réussissant la transition de l’économie de rente pétrolière vers l’économie qui repose sur le développement de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture.

En se dotant du PNDA 2018-2022, la république du Congo entend conforter le rôle stratégique de l’Etat et faciliter la promotion des activités productives en vue de Contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ; Contribuer à la diversification de l’économie ; Contribuer au développement social et inclusif.

Pour Jacques Bouity, conseiller économique et Pierre MPandou, directeur des études et de la planification auprès du ministère de l’agriculture de l’élevage et de la pêche qui ont co-animé ces échanges avec la presse et les investisseurs, l’objectif pour le gouvernement congolais, donc de l’Etat du Congo ‘’est d’attirer les investissements nationaux et internationaux en mettant en place, dans le cadre du Plan National de Développement Agricole, de nouveaux projets et de nouvelles initiatives basés sur les partenariats public-privé’’. En point de mire favoriser la diversification de l’économie par une agriculture productive et compétitive. L’approche développée dans le PNDA consistant à encourager les marchés agricoles (sur le territoire et à l’exportation) en lançant, en coordination avec le secteur privé, des projets publics susceptibles de lever les obstacles à l’investissement agricole.   

Au Salon International de l’Agriculture et des ressources animales (SARA 2019) en novembre dernier et très bientôt au forum « Grow Congo » le 25 février 2020, le gouvernement nourrit donc un seul espoir : attirer de nombreux investisseurs et financiers vers le Congo à l’effet de contribuer à la réalisation des projets du PNDA 2018-2022.

Un Plan National de Développement Agricole 2018-2022 bâti sur au moins trois piliers

Le pilier I s’articule autour du Renforcement des capacités du Ministère en améliorant le cadre institutionnel et juridique ;

Le deuxième pilier est bâti sur la modernisation de l’agriculture au moyen du développement et de la promotion de chaînes de valeur agricoles à rente élevée, par un processus d’intégration.

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Le pilier 3 est centré sur les projets d’appui à l’agriculture paysanne au travers de l’entreprenariat coopératif agricole. Ce pilier vise à aider les petits exploitants, en particulier, au moyen de projets qui améliorent leur degré d’organisation et renforce leur inclusion dans les chaînes de valeur agricole. 

D’une façon générale, les interventions envisagées dans le cadre des trois piliers du Plan National de Développement Agricole ne se limitent pas seulement à l’agriculture, mais elles prennent aussi en compte, les liens de celle-ci avec les secteurs non agricoles.

PROJETS PHARES A MOYEN TERME DU PNDA 2018-2022

« Pour atteindre son objectif de sécurité alimentaire et nutritionnelle, le gouvernement va encourager toutes les formes d’agricultures (l’agriculture paysanne, l’agro-industrie intravertie pour la sécurité alimentaire nationale et « l’agrobusiness » extravertie ou la grande agriculture d’exportation), de façon à booster la production » note le PNDA.  Ainsi, les différents programmes ont-ils été proposés dans le PNDA

Composante I : Renforcement des capacités institutionnelles 

• Projet de Développement d’un Système Permanent des Statistiques Agricoles (SPISA), financé par la Banque Mondiale avec l’assistance technique de la FAO ;

 • Projet d’Appui au Développement de l’Agriculture Commerciale (PDAC), financé par la Banque Mondiale ;

• Projet d’Appui à la Création de deux Agences Nationales « Agence Nationale de l’Agriculture et de l’Elevage (ANAE) » et « Agence Nationale de la Pêche et de l’Aquaculture (ANPA) » ;

 • Projet de Développement Intégré des Chaines de valeur des Produits Agricoles (PRODIVAC), en cours de négociation avec la BAD ;

• Appui à la formulation d’un nouveau Programme de Développement des Filières Agricoles (COSOP III/FIDA) ;

• Projet d’Appui Développement  des Infrastructures  agricole, d’élevage et d’aquaculture, financé par le fonds Koweitien (financement additionnel au PDAC) ;

• Projet de création des Fonds de Développement de l’Agriculture en remplacement du Fonds de Soutien à l’Agriculture en cours de restructuration ;  

Composante II : Augmentation de la production végétale.

• Projet de Développement  des Chaines de valeur du manioc ; • Projet de Développement des Chaines de valeurs des Cultures de provende (maïs et Soja) ;

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• Projet de Développement des Chaines de valeur de la Banane et du Plantain ;

• Projet de Développer la filière des cultures de rente (cacao en zone de savane, café, hévéa, palmier à huile, anacardier, canne à sucre) ;

• Projet d’Appui aux cultures maraichères en zone urbaines et périurbaine ;

 • Projet d’Appui au Programme semencier ;

• Programme d’irrigation dans les bassins de production (demande d’étude de faisabilité) ;

• Programme de mécanisation agricole (demande d’étude de faisabilité) ; 

• Projet d’Appui à   la commercialisation des produits agricoles (Demande d’étude de faisabilité) ;

 • Projet d’Appui aux petits fermiers (haricot, pomme de terre, l’igname, l’arachide, et autres cultures à cycle court) ;

Composante III : Augmentation de la production animale. 

• Programme de Développement des Filières de l’Elevage (avicole, porcine, bovine, ovine et caprine) en s’appuyant sur le métayage, l’insémination artificielle, les soins vétérinaires et autres types d’incitatifs ;

• Projet d’Appui aux Développement d’Infrastructures d’élevage (abattoirs modernes et aires d’abattage dans les centres urbains ; Centres vétérinaires) ;

• Projet de Développement d’un Système de Contrôle et de Surveillance des Maladies Animales ;

Composante IV : Augmentation de la production halieutique. 

• Projet de Développement de la PËCHE ET DE L’Aquaculture Continentale (PD-PAC), financé par le FIDA ;

• Projet de Développement de la Chaine de valeur de l’aquaculture ;

• Projet d’Appui aux Développement d’Infrastructures aquacole (Ecloserie moderne pour la production intensive d’alevins de souche améliorée) ;

• Projet d’Appui à la surveillance des opérations de pêche, pour lutter contre la pêche INN.

  LES REFORMES

Par ailleurs et dans le cadre de la démarche pratique adoptée pour attirer les investissements, « la priorité a été donnée à l’amélioration du climat des affaires en vue de garantir la rentabilité et la faisabilité des accords contractuels formels entre tous les acteurs de la chaîne de valeur », ont précisé Jacques Bouity et MPandou. Il s’agit, en outre, de créer un environnement favorable, catalysant les initiatives des différents acteurs.

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Au nombre de ces réformes, on peut noter entre autres :  « la restructuration du Fonds de Soutien à l’Agriculture (Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche) ; la politique relative au régime foncier  (Ministère des Affaires Foncières), le Code des Investissement du secteur agricole qui permet à des entités du secteur privé de gérer des terres publiques et collectives;   la politique relative aux ressources en eau et en électricité qui met en évidence;  la politique relative au marché local, qui vise à moderniser les voies de commercialisation et les circuits de vente nationaux, et à améliorer les infrastructures des marchés de vente en gros et des abattoirs;   les politiques d’encadrement, de suivi et  d’évaluation des projets, qui imposent la restructuration du Ministère de l’agriculture, de l’élevage et  de la pêche, par la création de deux nouvelles structures pour attirer et promouvoir des solutions d’assistance technique à fort potentiel », ont–ils indiqué : il s’agit de la Création de deux Agences Nationales « Agence Nationale de l’Agriculture et de l’Elevage » et « Agence Nationale de la Pêche et de l’Aquaculture », ont–ils conclu.

Georges KOUASSI

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CONGO : le plan national de développement agricole (PNDA) d’un coût de 1139 milliards présenté aux investisseurs au SARA

par Civnewsafrik temps de lecture: 6 min
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