MONNAIE DE LA CEDEAO : Buhari brandit le risque de dislocation en cas d’adoption unilatérale de l’ECO par l’UEMOA


Le Président du Nigeria n’est pas content de ce que l’UEMOA et la France veulent faire de l’ECO. Dans une rafale de tweets, Muhammadu Buhari, a clairement brandi le risque de dislocation de la CEDEAO en cas d’adoption prématurée de la monnaie ECO, en remplacement du FCFA par la zone UEMOA.


Dans plusieurs tweets publiés ce mardi, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a clairement stigmatisé la volonté des pays membres de l’UEMOA conduits par Abidjan et Paris et qui ont en commun le Franc CFA, de passer à l’ECO avant les autres membres de la CEDEAO. « Cela me donne un sentiment de malaise que la zone UEMOA souhaite reprendre l’Eco en remplacement de son Franc CFA avant les autres Etats membres de la CEDEAO », s’est-il fendu dans un tweet.

C’est certain, le malaise est grand et palpable en les pays de l’UEMOA, en majorité francophones, et le Nigéria, tête de pont des pays anglophones. Le président nigérian indexe le manque de « confiance » dans les discussions devant mener à une adoption commune de la nouvelle monnaie de la CEDEAO. « Il est inquiétant qu’un peuple avec lequel nous souhaitons nous associer prenne des mesures importantes sans nous faire confiance pour la discussion », a encore regretté Muhammadu Buhari.

Les coups de butoir du président nigérian dont le pays compte à lui seul pour 70% du PIB de la CEDEAO font suite à une demande formulée au mois de février par son pays aux fins d’une « prolongation du délai pour le lancement de la monnaie unique ». Malheureusement les présidents de l’UEMOA conduite par le président ivoirien, Alassane Ouattara, semblent ne pas vouloir faire marche arrière sur leur volonté d’adopter l’ECO en remplacement du Franc CFA, en principe au cours du deuxième semestre de cette année 2020. Une initiative qui avait d’ailleurs soulevé les critiques des pays anglophones de la zone comme n’étant « pas conforme aux décisions de l’Autorité des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO pour l’adoption de l’Eco comme nom d’une monnaie unique indépendante de la CEDEAO ».

 « Le Nigeria soutient pleinement et est attaché à une union monétaire dotée des fondamentaux appropriés – une union qui garantit la crédibilité, la durabilité, la prospérité et la souveraineté régionale entière. Mais nous devons faire les choses correctement et assurer le respect absolu des normes établies », a insisté le président Nigérian dans un tweet.

C’est dans cette optique que le président Nigérian brandit le spectre d’une dislocation de la CEDEAO en raison de ces désaccords.  « Nous ne pouvons pas nous ridiculiser en entrant dans une union pour se désintégrer potentiellement au plus tôt lorsque nous y entrons. Nous devons être clairs et sans équivoque sur notre position concernant ce processus ». Ajoutant que « nous devons procéder avec prudence et respecter le processus convenu pour atteindre notre objectif collectif tout en nous traitant les uns les autres avec le plus grand respect. Sans cela, nos ambitions pour une union monétaire stratégique en tant que bloc de la CEDEAO pourraient très bien être sérieusement menacées », a pesté Muhammadu Buhari.

Il faut le souligner «la position du Nigeria sur l’ECO est que les critères de convergence n’ont pas été remplis par la majorité des pays. »

En effet, en décembre 2019, Zainab Ahmed, ministre des finances, du budget et de la planification du Nigéria, à l’issue de la réunion du Comité ministériel des ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales de la CEDEAO, soulignait que seul le Togo respecterait les exigences et critères principaux pour la mise en place d’une monnaie unique sous régionale, parmi les pays de la CEDEAO.


A.Y

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MONNAIE DE LA CEDEAO : Buhari brandit le risque de dislocation en cas d’adoption unilatérale de l’ECO par l’UEMOA

par Civnewsafrik temps de lecture: 3 min
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