FRANCE ET G5 DU SAHEL : Les 71 corps nigériens qui ont sonné le glas à la convocation de Pau et sauvé la mise à Macron


Emmanuel Macron infantilise-t-il les présidents africains en particulier ? Emmanuel Macron ne voulait-il pas pousser le bouchon trop loin, en Afrique, avec ses homologues du G5 Sahel qu’il se serait pris autrement, deux semaines après la mort de 13 soldats français au Mali. Son appel à ses homologues du G5 Sahel est d’une arrogance qui frise le manque de courtoisie et une fermeté intolérable à nulle autre pareille dans le monde diplomatique. Qu’est ce qui pousse Emmanuel Macron à adopter une telle posture vis-à-vis de ses homologues ?


Ce 16 décembre à Pau, dans le Sud de la France, le président Emmanuel Macron et ses homologues du G5 du Sahel devraient être réunis en train d’évoquer la situation sécuritaire au Sahel. N’eut été la forme, le ton et le cadre utilisé pour convoquer cette réunion. Malheureusement ou heureusement les 71 soldats soldats nigériens tués lors de l’attaque contre la garnison d’Inates qui devraient inscrire cette réunion comme priorité des priorités dans la zone territoriale du Sahel est venu comme une bouée de sauvetage pour éclipser cette réunion, par trop mal engagée pour ne pas déboucher sur un autre conflit franco-africain du G5 sahel.

En effet, cette barbarie humaine à la garnison d’Inates a été saisie comme prétexte par les uns et les autres, et au premier rang, par le président français, Emmanuel Macron, pour faire profil bas face aux violentes réactions qu’a suscité son discours-convocation des cinq présidents du G5 Sahel à l’OTAN. A contrario cette réunion aurait certainement donné à voir si les chefs d’Etats africains allaient une fois de plus se compromettre au détriment des aspirations profonde de leurs peuples.

A LIRE AUSSI://INJONCTION MACRON AU G5 SAHEL : des organisations d’intellectuels appellent à la solidarité panafricaine pour redéfinir les rapports avec l’Etat français

Les chefs d’Etats du G5 Sahel (Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Mahamadou Issoufo (Niger), Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso), Idriss Déby (Tchad) et Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed Ould Ghazouani (Mauritanie) quoique se sentant offensés n’ont pas laissé transparaître leur sentiment face à cette convocation à l’exception du Burkinabé et du Tchadien qui a prétexté du sommet.

Le Burkinabé Roch Marc Christian Kaboré avait, pour sa part, décidé de s’y rendre pour dire sa vérité sur les relations avec la France. « C’est le lieu maintenant d’évaluer nos accords de coopération, d’en dresser un bilan critique et de les renégocier… », avait surenchéri Me Bénéwendé Sankara de l’union pour la renaissance parti Sankariste (UNIR/PS) au cours d’une conférence de presse le lundi 9 décembre 2019 à Ouagadougou.

Pour avoir une position commune les chefs d’Eta du G5 Sahel s’étaient même donné rendez-vous à Ouagadougou pour en décider.

A LIRE AUSSI://FRANCE-AFRIQUE : E. Macron aux présidents africains du Sahel, ‘’Oui ou non veulent-ils de la présence française ’’…’’Ils nous doivent la clarté…’’

Face à l’attaque des soldats nigériens qui a endeuillé ce pays, les chefs d’Etats du G5 du Sahel ont choisi de tenir cette réunion au Niger en signe de solidarité avec le Niger endeuillé. Au-delà, adopter une position commune pour une réunion qui se tiendra finalement au mois de janvier 2020.

‘’Oui ou non les chefs d’Etats du G5 du sahel veulent-ils de la présence française (…) J’attends d’eux, le 16 décembre à Pau, dans le Sud de la France, qu’ils clarifient et formalisent leur demande à l’égard de la France et de la communauté internationale. Souhaitent-ils notre présence ? Ont-ils besoin de nous ? Je veux des réponses claires et assumées sur ces questions. », avait déclaré Emmanuel Macron depuis Londres, le 4 décembre, au sommet de l’OTAN.


Georges KOUASSI

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.