CEI/ATTRIBUTION D’UN SIEGE SUPPLEMENTAIRE A L’OPPOSITION : les dessous d’une décision rejetée par le PDCI-RDA


Réuni en conseil des ministres le 04 mars 2020, le gouvernement a décidé d’attribuer au sein de la commission centrale de la CEI, un siège supplémentaire à l’opposition qui revient au PDCI-RDA. Pourtant le pouvoir avait toujours clamé que le débat sur ce sujet était clos. Retour sur les dessous du rétropédalage opéré par le régime. 


« Le débat sur la réforme de la CEI est clos ! » N’avait de cesse, jusqu’alors, de répéter Alassane Ouattara à qui voulait l’entendre. Sauf que le 04 mars 2020, contre toute attente, le conseil des ministres, par la voix de son porte-parole, Sidy Tiémoko Touré annonçait ; « l’attribution d’un siège au niveau de la commission centrale de la Commission électorale indépendante (CEI) aux partis politiques de l’opposition. Un siège qui revient au parti de l’opposition dont la représentation au Parlement est la plus significative, à savoir le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI)».

Fin de non-recevoir du PDCI-RDA

Une décision immédiatement rejetée par le PDCI-RDA. Dans un courrier en date du lundi 9 mars 2020 référencé N° 0100/ PDCI-RDA/ SE/ dk, Maurice Kakou Guikahué, le Secrétaire Exécutif du parti écrit ; «  Il ne s’agissait pas seulement d’obtenir une place au sein dudit organe mais d’en obtenir une réforme qui assure l’égalité de tous devant la loi et la libre participation des citoyens aux affaires publiques de leur pays. Le PDCI-RDA a constamment indiqué que la loi, telle que adoptée et la Commission électorale indépendante telle que installée était impropre à satisfaire aux exigences de l’arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples du 18 novembre 2016. » L’affaire a été évoquée le 12 mars 2020 devant la CADHP

La version de Ouattara

Se prononçant sur la question dans sa première interview depuis son renoncement à briguer un troisième mandat, le 05 mars 2020, le chef de l’Etat a confié à l’hebdomadaire Jeune Afrique du 15 mars 2020 ; « (…) à l’occasion des discussions nous avons pris en compte les propositions de certains groupes, notamment celui de Pascal Affi N’guessan, au FPI, pour avoir plus d’inclusivité dans la CEI. Il a insisté sur le fait que le PDCI, premier parti d’opposition au Parlement, ne pouvait être absent de la Commission, même si cela était de leur fait. Nous avons accédé à cette demande en attribuant, par ordonnance, un siège au PDCI. »

Pressions de l’Union européenne

Selon un diplomate en poste à Abidjan, la réalité est toute autre. Soucieux d’obtenir les conditions à l’organisation d’une élection transparente et inclusive en Côte d’Ivoire ; Paris et l’Union européenne  exige du régime qu’il revoie de fond en comble la composition de la CEI. Ce qui explique l’assouplissement de la position du chef de l’Etat qui s’était montré intransigeant à ce sujet. En Outre, l’UE met la pression pour une refonte du fichier électoral. « Le pouvoir et l’opposition doivent parvenir à un accord sur le listing électoral », indique notre interlocuteur. Le diplomate révèle enfin que pour éviter une contestation et des violences ; l’UE va accroitre ses exigences de transparence. « Les résultats des élections devront être publiés bureau de vote par bureau de vote », précise-t-il. Les autorités ivoiriennes vont-elle accéder à cette requête ?


YT.

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