GESTION CHAOTIQUE DU CONFINEMENT A L’INJS : Entre contrevérités gouvernementales et ras-le-bol des Ivoiriens


Face à la publication de plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux par les confinés à l’INJS pour dénoncer la gestion chaotique des autorités dans leur mise en quarantaine, le gouvernement ivoirien a, par le biais de ses ministres de la Santé, la Salubrité et la Solidarité, surpris plus d’un. Des propos qui tranchent avec la réalité du terrain. Désormais les confinement se font à domicile.

D’abord ceux su ministre de la Santé et de l’hygiène public, Eugène Aka Aouélé : « Il n’y a pas d’émeute, il y a effectivement un suivi médical, mais comme vous le savez, on ne peut pas empêcher les gens de faire circuler malheureusement les rumeurs », niant la  pagaille au sein de l’INJS. Ce, alors que quelques heures plutôt, des vidéos montrant des confinés ne soutenant plus leurs conditions, menaçaient de tout casser si aucune décision pour les laisser rentrer chez eux n’était prise. L’une des leurs prenant la parole a fait  savoir qu’une fois sur les lieux, « Il n’y avait pas de point médical, aucun médecin, pas de gel, des conditions sanitaires pitoyables, il n’y a rien, pas de masque, même pas d’eau à boire, les chambres étaient dégueulasses », a-t-elle dénoncé. Ces propos peuvent être vérifiés en suivant ce lien : https://www.facebook.com/beatrice.beda.90/videos/259042931790238/UzpfSTEwMDAxNDA3Njg4MzkxNTpWSzo4NzM4MTkxMjk3MTM3ODY/?source_id=622390637929646

Une situation qui révèle clairement qu’en dehors des beaux discours pour rassurer les Ivoiriens, le gouvernement ne s’est étonnement pas préparé pour faire face à cette pandémie dans le pays. Raison de se demander à quoi pensait Aka Aouélé lorsqu’il affirmait qu’« Il y a effectivement un suivi médical » ?De quel suivi médical parle-t-il ?

A partir du vendredi 20 mars, les arrivés de passagers en provenance des pays qui ont plus de 100 cas sont interdits


A cela s’ajoute la récente révélation de l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique (JA), qui dans sa dernière parution fait savoir que : « ADO a coordonné la riposte ivoirienne au coronavirus et a fait  en sorte que les 4 milliards de FCFA alloué à la lutte contre cette pandémie soient immédiatement débloqués. »
Etant donné que l’INJS s’avère sous-équipée, et pas en état de recevoir des mis en quarantaine, l’on aimerait bien savoir où sont passés les 4 milliards de FCFA ? Et à quoi ont-ils bien pu servir ? Des préoccupations auxquels les Ivoiriens voudraient bien trouver réponses !

Dans le même registre que son collègue de la Santé, la ministre de l’Assainissement et de la salubrité, Anne Désirée Ouloto a demandé à tous les Ivoiriens de faire confiance au gouvernement. Sans toutefois omettre de dire que « Personne n’est au-dessus de la loi, donc autant vous serez confinés chez vous, autant eux ils sont déjà confinés chez eux. Sachez qu’on n’est pas un État où il y a du deux Poids, deux Mesures. Ils sont déjà confinés chez eux, et ça c’est une initiative personnelle du Premier ministre. Personne ne les verra se promener dans la ville donc soyez rassurés. »


Des propos qui passent mal auprès des ex-mis en quarantaine de l’INJS et de l’opinion. En effet, 24 heures plus tôt ils (les mis en quarantaine) dénonçaient, par le canal de plusieurs publications, une politique de deux poids deux mesures. Le Révérend Wilfried Zahui, dès son arrivée à l’INJS révélait que; « Les autorités sécuritaires ont laissé certains rentrer chez eux; tels que la femme et les enfants d’Asalfo, le footballeur Max Alain Gradel, les enfants du ministre Bictogo, Jacques Anouma, le fils de feu Yacé (…) Et nous autres on nous maintient à l’INJS ». Preuve qu’il y avait bel et bien une politique de deux poids deux mesures dans cette affaire.

Une situation qui a poussé les internautes à monter au créneau. L’un dans un commentaire écrit : « Arrêtez vos bêtises. Au Canada, la femme du 1er ministre était en quarantaine. Il y’a également des ministres et des footballeurs qui ont été mis en quarantaine en Europe et dans le monde entier. Mais chez nous des individus sont au-dessus de la loi et on s’en fout de l’intérêt du peuple, de la santé de ceux qui vous ont porté au pouvoir. Sachez que c’est votre projet de société que vous venez de proposer aux Ivoiriens. On a vu vos intentions réelles. On vous jugera sur la gestion de cette crise messieurs les légalistes et hommes intègres, chers amoureux de la Côte d’Ivoire émergentes ».

Face à la  vague d’indignation, le lead-vocal du groupe Magic Système Asalfo, de son vrai nom Salif Traoré, a préféré par le canal du quotidien L’intelligent d’Abidjan, passe un message d’apaisement et de pardon. « Je suis sincèrement désolé pour ce qui arrive. J’ai un réel sentiment de culpabilité de m’être désolidarisé en mettant ma famille en quarantaine hors de l’INJS. Je présente mes excuses pour cela. Toutefois, je rassure l’opinion publique que ma famille est bel et bien en quarantaine suivie par un médecin », a-t-il dit. Suffira-t-il à calmer les ardeurs ? Rien n’est moins sûr.

JCA

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