URBANISATION ANARCHIQUE : Toure Ahmed Bouah invite les Etats africains à une politique claire et structurée d’urbanisation


Toure Ahmed Bouah, président directeur général de l’entreprise SOPHIA S.A, était l’invité de la chaine de télévision d’information marocaine Medi 1 TV, le mercredi 18 mars 2020. Il s’est prononcé des sujets liés à la problématique de l’urbanisation incontrôlée des grandes villes africaines.


Sur le Thème : « L’urbanisation comme lever de croissance économique », l’invité  a fait savoir que la prolifération de l’urbanisation anarchique et incontrôlée des grandes villes africaines, est due au ‘’manque de politique claire du tissu européen’’ des systèmes Etatiques. Selon lui ; « l’expérience a montré qu’aucun développement économique, social, ne peut se faire sans une maitrise du tissu urbain. ». Prenant l’exemple de la Côte d’Ivoire, il a martelé que « C’est par l’urbanisation qu’on a pu dire qu’Abidjan était la perle des lagunes, quand l’Etat s’est retiré de ce secteur. Aujourd’hui, tout le monde constate qu’Abidjan qui était la perle des lagunes est devenue la poubelle à ciel ouvert. »

Une situation qu’il s’est méthodiquement employé à expliquer: « Malheureusement au début des années d’indépendance, nos capitales ont été conçues selon les règles de l’art, mais à la faveur de la crise de 1980, la plupart des Etats ont abandonné la question de la maitrise du tissu urbain. Pour ce qui est de la ville d’Abidjan et la plupart des capitales, l’Etat s’est retiré de la maitrise du tissu européen. Ce qui  a donné lieu à un développement incontrôlé et anarchique du tissu européen. Donc depuis 1980, le tissu européen ne s’est pas développé comme il se doit. Il y a eu un développement dans la précarité, or l’économie telle que nous l’entendons ne peut se faire ainsi. Quand on prend le cas d’Abidjan, il y a le Plateau, Cocody. Tout ce qui est du centre de la ville a été organisé et structuré, mais l’extension de la ville ne s’est faite plus selon l’orthodoxie, mais dans le désordre. Et cela a pour conséquence des situations regrettable sur l’économie et la qualité de vie, puisqu’il y a un lien direct entre l’urbanisation et l’économie. Il n’y a que le développement, la maitrise de l’urbanisation, du tissu européen, qui peut booster ou soutenir l’économie. » L’urbanisation doit donc impulser l’économie.

Et pour cela, il propose aux Etats africains d’intégrer l’urbanisation comme un levier important de développement économique. En clair, la question de l’urbanisation ne devrait plus être une question confiée à des opérateurs privés mais à l’Etat lui-même. « De la même manière dont l’Etat s’occupe de la question de l’Education des enfants, de la santé de la population ; il est important que l’Etat s’occupe aussi de la question de l’urbanisation. Il faut une politique claire et net », a-t-il souhaité.

INITIATEUR DU PROJET NOVATEUR AKWABA CITY.

Pour Toure Ahmed Bouah, l’initiative dénommée Akwaba City émane de la volonté de créer et développer des villes modernes par la maitrise de l’extension de la capitale économique Abidjan. Sur l’axe Abidjan-Anyama, la cité sera bâtie sur une superficie de 30 hectares pour accueillir près de 5 millions d’habitants. Ce modèle, selon l’initiateur du projet, est un « modèle de développement du tissu urbain qui intègre le partenariat public-privé », du fait de la défaillance du modèle qui a cours.

Ce projet prévoit donc pour commencer, le tracé et l’ouverture des voix qui sont préalable à la construction. Ensuite l’adduction d’eau des zones à aménager, l’électrification, et l’assainissement. « On a remarqué dans l’ancien modèle, ce sont les questions d’habitat qui sont les questions prioritaires. On s’occupe de l’habitat et après les autres commodités que j’ai cité suivent », a-t-il dénoncé. Et d’ajouter pour ce qui est d’Akwaba City que ; « les travaux de tracement et d’aménagement sont en cours. Ils avancent bien. » L’ambition est toutefois de sortir une ville nouvelle d’ici 2030, en se conformant à l’orthodoxie urbanistique.


JCA

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