PROPAGATION DU CORONAVIRUS : Le gouvernement K.O débout !


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Initialement prévu pour le 26 mars, la décision d’isolement du district autonome d’Abidjan du reste du pays a été reportée de 72 heures. Une énième hésitation qui achève de convaincre que dans la guerre contre le COVID-19 ; le gouvernement, comme un boxeur sonné par l’ampleur de la menace est K.O débout. Il a perdu toute lucidité.  


K.O débout, groggy ! Dans la bataille qu’il mène pour contenir la propagation du coronavirus, le gouvernement ivoirien a perdu toute maitrise. Ainsi, initialement annoncée pour le 26 mars à minuit, la mesure d’isolement du district d’Abidjan a été reportée comme à l’accoutumée… à la dernière minute.

Permettre aux populations de prendre toutes leurs dispositions

Selon le Général Vagondo Diomandé,  ministre de la Sécurité et de la protection civile ;  « Pour permettre aux populations de prendre toutes leurs dispositions, la mesure de restriction de déplacement des personnes entre le Grand Abidjan et les autres villes du pays afin de lutter contre la propagation de la maladie à coronavirus, entrera effectivement en vigueur le dimanche 29 mars à partir de minuit », a-t-il justifié sur les antennes de la télévision nationale.

Pourtant, le Général Vagondo avait dès l’entame de son propos, réaffirmé la nécessité de « renforcer » les mesures prises par le gouvernement. Le point de presse co-animé ce 27 mars 2020, par les ministres de la Santé, du Commerce et de l’Industrie et le Directeur Général de la police nationale a permis de comprendre que le report de la mesure relevait de petits calculs destinés à permettre à quelques privilégiés de ne pas être pris au dépourvu. Mais aussi à une population en pleine crise d’angoisse de mettre les voiles vers l’intérieur de pays.

UNE AUBAINE POUR LA PROPAGATION DU VIRUS

Emportant dans ses bagages, le virus… Les leçons du fiasco de l’Injs, le 18 mars, n’ont apparemment pas été tirés. Cet autre revirement du gouvernement ivoirien offre l’occasion à ceux qui souhaitent fuir la pandémie de le faire en toute quiétude. Dans ce sauve-qui-peut, qui ressemble à une débandade, aucune de mesure de sécurité, aucun  test de dépistage n’est effectué, pour détecter des malades potentiels dans les gares ou aux différents corridors de sortie. Conséquence, les fuyards, quittent Abidjan, le seul gros foyer à risque actuellement, pour  répandre le covid-19 à l’intérieur du pays. L’exécutif en a-t-il conscience ?

CE QUE LE GOUVERNEMENT NE DIT PAS DE SA NOUVELLE DELIMITATION DU GRAND ABIDJAN.

Pas à une bourde près, l’Arrêté N°0128/MSPC/CAB du 26 mars 2020 portant interdiction de circulation des personnes et des véhicules en dehors du Grand Abidjan redéfinit les limites du grand Abidjan. Au terme du présent Arrêté qui court jusqu’au 15 avril 2020 « : « Article 1 : (…) Abidjan comprend le District autonome d’Abidjan étendu aux villes de Dabou, Azaguié, Bingerville, Grand Bassam, Bonoua, et Assinie, la limite nord étant le Pk30 sur l’autoroute Abidjan Yamoussoukro.» Si la présence des villes de Grand-Bassam (41km d’Abidjan), Jacqueville (40km d’Abidjan) se comprend ; la surprise vient de la prise en compte d’Assinie, distante de plus de 100 Km de la capitale économique. Elle se situe à environ 102 Km d’Abidjan. On l’aura perçu, il s’agit pour les tenants du régime de jouir d’une certaine mobilité. La plupart dispose d’une résidence secondaire dans cette cité balnéaire.

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COMMENT LA DELIVRANCE DES LAISSEZ-PASSER VA  FAIRE LE BONHEUR DES RASSEMBLEMENTS INTERDITS ET DE  LA FRAUDE.

L’Arrêté N°0128/MSPC/CAB du 26 mars 2020 portant interdiction de circulation des personnes et des véhicules, stipule en son article 3, que tout déplacement, en dehors de celle des personnes liées aux transports des « denrées alimentaires, produits pharmaceutiques et médicaux, les évacuations sanitaires, les hydrocarbures, le Gaz et toutes sources d’énergies domestiques, l’approvisionnement en eau, électricité, et téléphonie » selon l’article 2, « fait l’objet d’une autorisation délivré par : le cabinet du ministre de la sécurité et de la protection civile  pour Abidjan ; les préfets de département pour l’intérieur du pays. »

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Première inconséquence de cette décision, l’attribution desdits laissez-passer va ressusciter les rassemblements de plus de 50 personnes interdits.  En effet, le district d’Abidjan, à lui seul, compte 13 communes. A supposer que 10 personnes se lèvent chaque jour par commune, pour obtenir un laissez-passer, cela revient aisément à 130 personnes au cabinet du ministre de la Sécurité.

Deuxième inconséquence : la fraude qui pourrait en résulter. En l’absence de sticker sur le précieux sésame, le laissez-passer est susceptible de faire l’objet d’une fraude à grande échelle.  Il sera loisible à n’importe quel quidam désireux de braver l’interdiction de quitter Abidjan, sans passer par le cabinet du ministre de la Sécurité, histoire d’éviter les encombrements, de plagier aussi bien son cachet que sa signature !

On serait sur un ring qu’il y a longtemps qu’il aurait fallu procéder à un jet d’éponge du gouvernement.


JCA

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