COVID-19 : l’attitude criminelle et inhumaine du gouvernement dévoilée !


Dans la déclaration signée par son coordonnateur général, le docteur Séka Joseph Didier, le 08 avril, c’est l’attitude criminelle du gouvernement qui a été dévoilée. Les promesses non tenues, la lenteur dans l’acheminement aux structures sanitaires du matériel de travail requis, la non prise en charge des agents ayant eu un contact avec de potentiels malades, les privations de salaire… Tous ces faits participent d’une volonté insidieuse d’exposer au covid-19, partant à la mort, le personnel soignant dans toutes ses composantes.   


A l’entame, la déclaration, la deuxième du genre,  revient  sur le 29 mars 2020. Date de la première déclaration à la  presse. Celle-ci se voulait un «  cri du cœur de l’ensemble des agents de santé au front contre le covid-19 » pour décrier le manque de matériel de travail, d’équipement de protection, l’absence de motivation et les arriérés de salaire de 1 à 6 mois pour les agents contractuels de la santé.

Session d’échanges

La déclaration fait ensuite le point des discussions intervenues à la suite de cette sortie médiatique. Réagissant, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique conviera la plateforme à une session d’échanges, le 31 mars 2020, avec deux conseillers techniques et un inspecteur. Au terme de cette séance, des assurances ont été données quant à l’acheminement du matériel de travail, des équipements de protection et au paiement des arriérés de salaires. En guise de bonne foi, les émissaires du ministre évoqueront le paiement de deux mois d’arriérés sur six  au personnel du CHU de Bouaké. S’empressant de promettre que pour les autres structures, le paiement serait engagé avant la fin de la semaine du 30 mars au 05 avril 2020.

Visite de terrain et de recueil d’informations

Pour s’assurer du respect des engagements, la plateforme décide, une semaine plus tard, d’effectuer une visite de terrain et de recueil d’informations, le mardi 07 avril 2020. Le constat est stupéfiant ! Aucune des recommandations n’a  connu un début d’exécution dans le cadre de la lutte contre le covid-19. A l’exception de quelques rares structures en dehors d’Abidjan qui ont été approvisionnées en gants et flacons de gel en quantité très insuffisance, toutes les autres ont été oubliées. Aucun équipement de protection n’a été livré nulle part, depuis le 20 mars 2020 !

Une situation qui oblige les agents de santé à acheter, à leurs frais, des bavettes et des gants pour se protéger ! Pis, aucune prime de motivation ne semble à l’ordre du jour. Les agents contractuels broient du noir en cumulant 7 mois d’arriérés de salaire pour certains.

Exposés au covid-19

Il ressort de la déclaration que, l’augmentation des cas confirmés de covid-19 n’épargnent pas les agents de santé. Ainsi, au CHU de Cocody, 6 médecins sont  en quarantaine après une exposition à des cas confirmés sans protection. Au CHU de Treichville, un brancardier est placé en confinement. Un médecin au CHU  d’Angré. A l’inverse des sages-femmes demeurent sans prise en charge après avoir été en contact avec un malade. C’est également le cas de plusieurs équipes du service de pédiatrie à l’hôpital général de Koumassi. Elles n’ont pas été mises en quarantaine après s’être occupées d’un enfant testé positif au covid-19, plusieurs jours durant. Conséquence, estime la plateforme, l’agent de santé devient un vecteur de transmission de la maladie.

Interpellations

Face à cette situation inacceptable, la plateforme interpelle le ministère de la Santé sur sa responsabilité dans le cadre d’une contamination à grande échelle du personnel de santé. Elle engage la responsabilité du gouvernement relativement à la contamination accrue de la population.

Pour finir, la plateforme préconise : la mise à disposition dans les plus bref délais de la logistique de travail dans toutes les structures sanitaires sans distinction ; la définition d’un cadre formel d’allocation de primes et d’indemnités à l’ensemble du personnel du ministère de la santé. La plateforme félicite les ministères qui ont pris les dispositions en faveur de leurs agents. En guise de conclusion, la déclaration indique que la plateforme se réserve le droit, en fonction de l’évolution, de recourir aux actions nécessaires. Des actions syndicales notamment.

Le RHDP poursuit son folklore

En dépit de ce sombre tableau qui transpire la méchanceté, le RHDP, à grand renfort de battage médiatique poursuit son folklore de cérémonies éclatées de remise de dons à ses militants.


B.V

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