CRISE POSTELECTORALE : les cadre PDCI jugés, Guikahué jeté à la MACA, « Affi et Mabri recherchés pour terrorisme », procureur

« Albert Mabri Toikeusse et Pascal Affi N’Guessan sont recherchés pour terrorisme ». C’est l’annonce faite ce vendredi par le procureur Richard Adou. Alors que tôt dans la matinée, les cadres du PDCI-RDA ont été jugés et Guikahué  mis sous mandat de dépôt et déféré à la MACA surement pour les mêmes motifs.

 

Au cours d’une conférence de presse ce vendredi 6 novembre 2020, le procureur de la République, Richard Adou, a annoncé que « Albert Mabri Toikeusse et Pasacal Affi N’Guessan, respectivement porte-parole par intérim et porte-parole titulaire de la plateforme des partis et groupements politiques de l’opposition ivoirienne, initiatrice du comité national de transition (CNT) sont activement recherchés par la justice pour leur faire subir la rigueur de la loi. »

Leur crime, être membre du CNT et porte-parole dudit comité. « L’ensemble des faits à eux reprochés est puni par les articles 3, 8 et 10 de la loi N°2015/493 du 07 juillet 2015 portant répression du terrorisme telle que modifiée par la loi N°2018 /864 du 19 novembre 2018, et également par les articles 162, 163, 176, 177, 179, 183, 184, 185, 190, 196, 197, 198, 202, 242, 254, 350, 352, 381, 457, 498, 459, 460, 461, 462, 485 alinéa 1 et 2, 486 493 495 du code pénal », s’est époumoné Richard Adou.

 

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Cependant, a poursuivi le procureur de la république, Richard Adou, “le président Henri Konan Bédié ne fait pas l’objet d’arrestation ni d’assignation à résidence.. Sa résidence est barricadée pour maîtriser les troubles à l’ordre public”.

Expliquant cette posture, le procureur a indiqué que souvent, compte tenu de l’âge, de la condition physique d’une personne et de son statut, le procureur peut ne pas procéder à une arrestation. Cependant, le dossier demeure sur la table. C’est tout dire. Toute chose qui donne de l’eau au moulin de ceux qui pensent, à l’instar de Henri Konan Bédié, que l’opposition fait l’objet d’une chasse au sorcière.

D’où cette réaction du sphinx de Daoukro sur son compte twitter ce vendredi. « Je demande la libération sans condition des cadres du PDCI-RDA ainsi que la levée immédiate des blocus des résidences des opposants au régime antidémocratique d’Alassane Ouattara’‘ a lancé Henri Konan Bédié, le président du PDCI et du Conseil national de transition, sous blocus et encerclé par les forces de l’Ordre aux ordres du régime RHDP.

 

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Et pourtant, dans ce dossier, les faits de « terrorisme » dont on accable l’opposition sont la conséquence d’une faute qui incombe à autrui. Les actes de l’opposition sont inscrits dans la réaction. La faute en cause ici est le viol de la constitution.

Et c’est Laurent GBAGBO SUR TV5 qui explique mieux cette situation que beaucoup refusent de voir : « la cause de ce qui se passe là, c’est le non-respect de la loi fondamentale, et ce qui nous attend, c’est la catastrophe ». Et de poursuivre, à l’encontre du Président proclamé réélu à 94,27% par la CEI, Alassane Ouattara, « il ne faut pas faire comme si tous les autres ont commis une faute, c’est lui (NDLR : Alassane Ouattara) qui a commis la faute.  Parce que c’est lui qui n’a pas respecté la constitution. Il faut le dire très clairement et donc les autres se révoltent parce que leur bien commun a été déchiré… »

Pourquoi donc punir la réaction et absoudre l’action qui a produit la réaction ?

Seul le temps apportera la lumière sur cette énième crise parce que l’ivoirien nouveau et les institutions de la république se complaisent dans le manque d’exemplarité. C’est à croire qu’ils encouragent et entendent institutionnaliser le défaut d’exemplarité. Une exemplarité qui  est sortie depuis par la fenêtre de la maison ivoire.

 

A.Y

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