CAMPAGNE CACAO : déjà des difficultés qui pourront impacter négativement les prix bord champ

A peine entamée que la campagne 2020-2021 connait des difficultés avec les chocolatiers américains Hershey’s et Mars qui organisent le contournement de la prime dite « différentiel de revenu décent » estimée à 400 dollars la tonne.

 

Les deux pays numéro un et deux de la production mondiale du CACAO, la Cote d’Ivoire et le Ghana, ont obtenu, en 2019, des multinationales du chocolat une prime de 400 dollars la tonne appelée « différentiel de revenu décent ». Entrée en application depuis le début de la campagne 2020-2021, c’est-à-dire depuis le 01 Octobre 2020, cette prime a permis une hausse de 21 % du prix payé aux planteurs en Côte d’Ivoire et au Ghana. Le producteur ivoirien doit toucher désormais 1000 francs CFA par kilo de fèves vendues.

Malheureusement deux multinationales américaines ne s’y conforment pas et s’attirent la colère d’Abidjan et Accra.

Hershey’s et Mars deux entreprises Américaines de l’industrie du chocolat ont temporairement changé leurs fournisseurs afin d’échapper au financement du « différentiel de revenu décent », une prime destinée aux cacaoculteurs. Ce qui amène les régulateurs Ivoirien et Ghanéen de la filière Cacao à leur reprocher de saper les efforts entamés pour relever les revenus des paysans producteurs.

En effet pour leur approvisionnement de Décembre 2020 et Mars 2021 Hershey’s et Mars se sont adressées aux entrepôts certifiés à terme. Une manœuvre qui leur a permis d’échapper au paiement de la prime, les fèves concernées ayant été produites avant l’entrée en vigueur de l’accord imposé aux multinationales par Abidjan et Accra.

Si le comportement des deux entreprises américaines n’est pas interdit, le Conseil Café-Cacao et Cocobod s’inquiètent cependant de l’effet boomerang de leur comportement. Aussi Abidjan et accra ont-ils pondu à leur intention  un courrier  d’indignation. Pourquoi le groupe Mars, l’un des initiateurs de la Fondation mondiale du cacao, et qui est donc censé défendre la promotion du bien-être du petit producteur, notamment ouest-africain, veut-t-il maintenir le paysan dans la pauvreté ?

« On est obligés de respecter les règles du Conseil. Mais le problème, quand on promet 1 000 francs aux planteurs, il va falloir qu’on trouve une usine pour pouvoir vendre, ce qui fait que même si l’on achète, on est obligé d’attendre deux semaines, trois semaines avant de recevoir notre argent pour revenir payer le planteur, se plaint-il. Donc, si ça continue, les planteurs auront le stock qu’ils ne pourront pas écouler. C’est notre grosse difficulté. Le premier achat qu’on a effectué en octobre, on a pu respecter le prix de 1 000 francs parce qu’il y avait encore des usines qui prenaient du stock, mais depuis fin octobre, début novembre, c’est vraiment compliqué de pouvoir trouver des lieux pour décharger », s’inquiète un intermédiaire, membre d’une coopérative à San Pedro

Ajoutant, « déjà en tant que coopératives, nous avons de grosses difficultés pour écouler nos produits vu que quand nous nous rapprochons des différents exportateurs, ils nous disent que les clients finaux, les clients à l’extérieur n’ont pas passé de grosses commandes.»  Donc, le fait qu’ils n’achètent pas, ça ne nous permet pas d’atteindre le prix des 1 000 francs CFA que nous avions promis aux planteurs. C’est vraiment décevant. On espère que le conseil pourra trouver une solution pour nous permettre de résorber ce problème. »

C’est le lieu de souligner que la Côte d‘Ivoire et le Ghana représentent à eux seuls  62% de la production mondiale avec une qualité de fèves reconnue par les grands groupes du chocolat.

A.L (avec RFI)

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