CÔTE D’IVOIRE : Tant que les intérêts personnels seront privilégiés, ”Hambak”restera couché dans sa tombe

On le sait, Hamed Bakayoko, sans prendre en considération son appartenance politique ou religieuse, demeure un homme dont les qualités humaines étaient indéniables. C’est d’ailleurs ce qui lui vaut tous les hommages qui affluent de partout depuis l’annonce de son décès. Depuis les partis politiques, en passant par tous les milieux sociaux jusqu’en dehors des frontières ivoiriennes, tous sont unanimes sur ses qualités.

 

Hamed Bakayoko, comme une étoile filante a marqué son passage sur la terre des hommes si bien qu’au sein des couches sociopolitiques personne ne tarit d’éloges à son égard. Depuis les partis politiques jusqu’aux couches sociales les plus démunies, les témoignages sur les actions menées par l’homme continuent d’être égrenées.

 

Hamed Bakayoko, un homme qui a marqué son époque par une empreinte particulière.

 

Si dans l’opposition, Affi N’Guessan reconnaît qu’il est ” un précieux interlocuteur auprès du pouvoir en place”, pour le parti au pouvoir,” il était l’ami de tous, un homme d’ouverture qui a créé un climat de confiance lors du dialogue politique” a souligné Adama Bictogo, directeur exécutif du RHDP.

Par ailleurs, les actions sociales posées par Hamed Bakayoko ne sont pas passées inaperçues aux yeux de Touré Mamadou qui n’a pas manqué de souligner la générosité de l’homme.  Il martèle à cet effet que ” Hamed Bakayoko a donné une seconde chance à des jeunes”.  Au regard de tous ces discours élogieux, on se rend compte que le pays vient de perdre une icône, un homme doté de qualités dont lui seul avait le secret.

 

Cependant, toutes les qualités d’Hamed Bakayoko vantées par ses camaradespolitiques pourront- elles servir de tremplin à son parti le RHDP afin de donner une chance à la Côte d’Ivoire de retrouver la stabilité politique ?

Rien n’est sûr.  Même Adama Toungara, le médiateur de la République et également membre du RHDP, tout en reconnaissant que ” Hamed Bakayoko était un trait d’union entre le gouvernement et l’opposition, et médiateur entre générations” s’interroge sur la pérennité des actions d’Hamed Bakayoko au sein de parti.

 

Ils vantent certes, ses qualités, “mais peut-il encore exister  d’autres Hamed Bakayoko capables d’entreprendre de telles actions ?  Capables d’abandonner leurs costumes, leurs conforts et descendre au contact de leurs adversaires politiques pour l’intérêt supérieur de la nation ?

Au contraire, les ivoiriens s’apprêtent à assister à une guerre de clan, une guerre de positionnement qui se profile à l’horizon. À y voir de près, personne ni même ceux qui vantent aujourd’hui les qualités de l’homme ne sentent le besoin de s’approprier ses qualités. Personne ne voudrait délaisser ses ambitions personnelles pour privilégier l’intérêt supérieur de la nation et la paupérisation grandissante qui gagne les jeunes.

Une symphonie inachevée

 

Malheureusement, les valeurs qu’incarnait Hamed Bakayoko que sont la générosité, la simplicité, le dialogue, l’ouverture sur l’autre, l’amour de l’autre, l’amour de la patrie, donc l’amour des frères et des soeurs de la mère patrie, la Côte d’Ivoire, risquent d’être enterrées avec lui dans sa tombe dans la mesure où le manque de volonté pour ramasser ce flambeau pour le porter plus haut au sein de son parti pourrait annihiler toutes les actions qu’il a entreprises.

Comment ces facettes de la vie du Premier ministre qui a été mis en terre le vendredi dernier dans son ranch, dans sa ville natale, à Séguéla, peuvent-elles manquer d’héritier ?  Pourquoi ces traits de caractère du Premier ministre mis en lumière et applaudis des amis comme des ennemis politiques ne pourraient-ils pas susciter des vocations au RHDP ?

Si ce désintérêt devenait réalité implacable, ce serait avec regret que le citoyen lambda s’interrogerait quant à l’amour du RHDP et de ses animateurs pour leur pays, la Côte d’Ivoire.

Parce que la logique voudrait que si des gens aiment tant leur pays, ils ne peuvent qu’épouser ces valeurs afin que le pays parvienne à briser le cycle d’instabilité auquel il est confronté depuis trois (3) décennies.  Et comme la mort de Hamed Bakayoko signifie aussi la fin de toutes ces valeurs dont il fait usage pour négocier et créer les conditions des élections législatives inclusives et apaisées, délaisser ce chemin pour emprunter celui des muscles, des intimidations, des privatisations et du déni de la démocratie sonnerait comme rétrogradation. Donc une volonté de laisser persister le chaos ambiant pour espérer voir le clan garder le pouvoir.

Au demeurant, ces beaux et glorieux témoignages n’auront été que flagorneries, et la vie et l’œuvre du Premier ministre, Hamed Bakayoko, une symphonie inachevée.

H.G

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