MASSACRES DE DUEKOUE/ A. OUEREMI : « Je n’ai rien fait..l’ordre d’aller chasser les miliciens est venu du Cdt Losséni Fofana ».

« C’est le Cdt Loss qui a donné l’ordre d’aller chasser tous les miliciens de Duékoué ». C’est ainsi que l’ex-chef des milices et supplétifs des FRCI, Amadé Ouérémi, a démenti, le 24 mars dernier, son implication dans les massacres des civils à Duékoué, pendant la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait plus de 3000 morts officiellement.

 

Interrogé successivement par le Président des juges à cette audience, le Procureur, et sa défense sur ces faits qui se sont déroulés à Duékoué du 28 au 29 mars 2011, Amadé Ourémi a nié avoir participé aux massacres qui y ont eu lieu et qui a fait plus de 800 morts. En somme, à cette cour d’assise du tribunal de première instance d’Abidjan-plateau, où il comparait, pour la première fois après son arrestation intervenue en mai 2013, pour meurtres, assassinats, crimes de guerre, génocide, tribalisme, vols en réunion, viols…commis sur les populations civiles à Duékoué, Amadé Ouérémi s’est dédouané.

À ces accusations d’assassinats sur des populations civiles de Duékoué qui ont fait 817 morts durant la crise post-électorale ivoirienne de2010-2011, selon la croix -rouge, Amade Ouérémi est catégorique et dit n’y être pour rien. « J’étais à Bagouho (non loin de Duekoué en mars 2011). Je suis allé à Duékoué avec le rebelle Coul de Kouibly. J’étais un simple élément. Et l’ordre de commandement venait du commandant Losséni Fofana. C’est lui qui a donné l’ordre d’aller chasser tous les miliciens de Duékoué », s’est-il expliqué.

Amade Ouérémi a également insisté : « Je n’ai rien fait. Je n’avais pas d’armes ». Selon lui, à cette période, il n’était pas sur le lieu des tueries en masse à Duékoué. « Dieu seul sait que je n’ai rien fait ».

 

Il a également nié les allégations selon lesquelles, il avait une troupe d’hommes armés sous son contrôle.

Il a toutefois reconnu avoir constaté un grand nombre de corps jonchant le quartier Carrefour de Duékoué à son arrivée le lendemain à 16h. Il a reconnu sa responsabilité dans ces tueries parce qu’il fait partie de la troupe rebelle dirigée par Ouattara Karamoko dit Coul de kouibly qui, lui, reçoit les ordres du Commandant Losseni Fofana dit Loss, commandant du secteur Ouest de Forces Nouvelles. A la question du Président d’audience de savoir donc qui étaient à l’origine des massacres, il a indiqué avoir participé avec plusieurs forces rebelles. Notamment les Dozos, les Hommes du Commandant Fofana, de Coul et de bien d’autres à la dernière réunion portant la stratégie d’assaut final de Duékoué.

Le procès suspendu à 18h, a repris aujourd’hui ce jeudi 25 mars.

Amade Ouérémi, âgé de cinquante et sept (57) ans, de nationalité ivoirienne, supplétif des forces Républicaines de Côte d’Ivoire(FRCI) et ex-chef de milices, a occupé depuis2007, la forêt classée du Mont Péko dans l’ouest ivoirien.

A cette audience, en plus des témoins à charge de l’accusation, le collectif des victimes s’est constitué partie civile dans cette affaire en vue d’obtenir réparation du préjudice moral et financier. Les organisations de défense des droits humains étaient également présentes. Il s’agit de la Ligue Ivoirienne des droits de l’homme(LIDHO), le mouvement des droits humains (MIDH), la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH).

Y.G

 

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