La Covid-19 a affecté l’économie mondiale et perturbé la stabilité des micros, petites et moyennes entreprises (MPME). Malheureusement l’accès au financement, leur seule bouée de sauvetage semble compromis pour défaut de crédibilité de l’information financière et non financière.

 

En effet, les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) sont l’épine dorsale de toute économie et l’un des principaux moteurs de l’innovation et du développement. Dans les pays en développement, les MPME représentent 90 % du moteur économique et sont une source importante d’emplois et de travail indépendant etc.

Au sein de l’OHADA  qui compte 17 pays  avec 200 millions d’habitants pour une proportion de 25% du PIB de l’Afrique subsaharienne et un taux de croissance moyenne de 7 %,  les micros, les petites et moyennes entreprises sont un maillon essentiel avec 30 à 40% du PIB.

 

« Leur accès au financement devient un impératif, une importance primordiale pour les MPME »

 

Une situation déjà moins reluisante que les effets domino de la COVID-19 ont déstructuré

 

Leur accès au financement devient un impératif, une importance primordiale et des interventions à moyen et long termes deviennent nécessaires pour : d’une part renforcer leurs capacités en matière de comptabilité, donc de crédibilité de l’information financière ; et d’autre part pour établir de rapports sur les questions environnementales et sociales, donc produire l’informations non financières. Encore que leurs apports à l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) constituent pour la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) un objectif institutionnel inaliénable.

 

Aussi la CNUCED pousse-t-elle au renforcement des capacités des MPME à utiliser les outils existants tels que les “Orientations sur les indicateurs de base (OIB) pour les rapports des entités sur leur contribution à la mise en œuvre des objectifs de développement durable.” Non sans souligner à cette occasion les résultats des études de cas menées dans la région et dans d’autres pays ; et de discuter des prochaines étapes de la mise en œuvre de l’OIB, y compris dans le secteur des MPME, dans la Région OHADA et la Région Sahel.

 

« Il ressort à l’unanimité des experts que l’accès aux fonds pour les MPME reste tributaire de la production d’une information financière qui soit à la fois adéquate et lisible »

 

Le récent webinaire sur l’adaptation de l’OIB pour la Région OHADA et région Sahel afin de fournir des informations sur les principaux aspects du reporting des objectifs de développement durable (ODD) et de l’OIB s’en trouve donc justifié. A cette occasion les résultats des études de cas menées dans la région et dans d’autres pays ont été mis en avant et les prochaines étapes de la mise en œuvre de l’OIB, y compris dans le secteur des MPME, dans la Région OHADA et du Sahel ont été discutés.

Il ressort à l’unanimité des experts que l’accès aux fonds reste tributaire de la production d’une information financière qui soit à la fois adéquate et lisible. Toute chose qui fait que malgré la disponibilité de ces fonds (200 millions de dollars en Côte d’Ivoire mis en place par la banque mondiale) l’accès à ceux-ci reste encore difficile.

Surtout que ces micro entreprises ont du mal à clôturer l’information financière qui se veut acceptable pour les administrateurs de ces fonds. D’où l’intérêt de la problématique : est-ce que ce qui est attendu des ODD et OIB existe déjà ou pas dans le référentiel comptable de l’OHADA ?

Là encore les experts de la banque mondiale, de l’ordre des experts Comptables de Côte d’Ivoire et du CNUCED à ce webinaire ont conclu que les ODD ont été retranscrits dans la normalisation comptable de l’OHADA non pas à l’échelle de la micro entreprise, mais à l’échelle d’une entreprise ayant plus de 250 salariés.

Comment alors renforcer le lien entre les ODD prescrits par la CNUCED et ces OIB, notamment dans l’espace OHADA ?

 

« Il faut créer dans l’espace OHADA un mécanisme d’adhésion et d’application qui doit passer par une réforme à décliner comme une aide financière et/ou une garantie de la commande publique durable pour les MPME ».

 

Pour Ousmane Kolié, coordonnateur pour la banque mondiale dans la région du sahel, il faut créer dans l’espace OHADA un mécanisme d’adhésion et d’application qui doit passer par une réforme. Laquelle réforme ne sera un succès que s’il y a un engagement politique, un meilleur véhicule juridique et règlementaire, et une incitation des MPME à aller à cette réforme. Au surplus, elle devra être déclinée comme une aide financière et/ou une garantie de la commande publique durable pour les MPME.

Il faut noter que les ODD sont un plan d’actions pour l’humanité, la planète, la paix et la prospérité, et pour qui il se encore d’immenses défis malgré le bénéfice, en 2015, d’un cadre stratégique universel adopté par les Nations Unies.  Et ce, en dépit des efforts réalisés en matière de développement humain.

Quant au Président de l’Ordre des experts comptable de Côte d’Ivoire, Drissa Koné, par ailleurs Président du conseil comptable ouest africain de l’UEMOA, Expert des Nations Unie, membre du groupe de travail intergouvernemental représentant la Côte d’Ivoire, il a rappelé que les objectifs de développement durable, au nombre de dix-sept (17), visent à mettre fin à la pauvreté et à transformer la vie des gens tout en protégeant la planète pour les générations futures. Le tout, sur la base d’un partenariat renouvelé entre tous les acteurs de la société. A ce titre, le concept du développement durable doit être une révolution sociale porteuse d’humanisme.

C’est le lieu de souligner qu’avec l’annexe 35, le choix de l’OHADA est sans équivoque : la publication obligatoire de l’information non financière aux côtés des informations liées au SYSCOHADA et des états financiers. Comment alors seront présentées ces informations et surtout quelle structuration devraient-elles avoir ?

« Il urge de trouver un mécanisme qui permet de suivre ces éléments », a préconisé le Président de l’Ordre des Experts comptable de Côte d’Ivoire. D’où le guide qu’il a présenté et qui devra permettre aux MPME de s’assurer qu’elles mettent en œuvre les ODD.  Au-delà, il a présenté le cadre de publication proposé par la CNUCED et recommandé leur promotion afin que les MPME se l’approprient.

Des points méthodologiques adoptés, il ressort un cadre de reporting mettant l’accent sur les indicateurs quantitatifs alignant les aspects macro et micro ; la mise en place d’un critère de sélection ; la définition d’un principe de notification ; et la prise en compte des données comptables avec la détermination de l’unité de collecte des informations sur les indicateurs fondamentaux en termes de qualité et de fiabilité des informations sur les ODD.

 

« Contrairement au dispositif de l’OHADA qui est conforme aux entreprises de plus de 250 membres du personnel, le cadre proposé par les Nations Unies peut servir aux entreprises de petites tailles, de moins de 250 personnes, pour la publication des informations financières et non financières à l’usage externe et interne »

 

Les fondements de base ainsi adoptés, on constate que les indicateurs de base sont à l’intercession des tendances et des besoins au niveau micro et macro.

Toutes choses qui permettent de dire que, contrairement au dispositif de l’OHADA qui est conforme aux entreprises de plus de 250 membres du personnel, le cadre proposé par les Nations Unies peut servir aux entreprises de petites tailles, de moins de 250 personnes, pour la publication des informations financières et non financières à l’usage externe et interne.

Ainsi les organismes gouvernementaux (Banques et financiers), la société civile etc. sauront ce que les entreprises font et comment elles progressent et utilisent l’environnement de sorte à laisser un héritage aux générations à venir. Enfin ces entreprises et leurs partenaires s’approprieront subséquemment la gestion interne des risques et des rentabilités.

Au demeurant, il est revenu à madame Tatiana Krilova, chef du département entreprise à la CNUCED, d’introduire ce webinaire dont les recommandations permettront à la CNUCED d’adapter ces outils d’actions.

A.J

 

 

 

 

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