MASSACRE DE DUEKOUE : A. Ouéremi reconnu par les 9 témoins femmes comme l’auteur des atrocités qu’elles ont vécu

Le procès de l’ex-chef de milice, Amadé Ouéremi, a repris le jeudi 1er avril, au tribunal de première instance d’Abidjan-plateau, par l’audition des témoins. Au nombre de neuf (9). Toutes des femmes. Elles ont toutes reconnues Amadé Ouéremi comme l’auteur des assassinats massifs de populations civiles à Duékoué- carrefour.

 

À la barre dans ce procès de l’ex-chef de milice accusé de massacre de populations civiles à Duékoué en mars 2011, le premier témoin, klahon Odette, la soixantaine, qui a perdu l’usage de la main gauche suite à une balle des assaillants, a décrit les atrocités dont elle a été victime. Avant d’accuser Amadé Ouéremi et ses hommes d’être à la base de ces massacres. « Mon bourreau voulait m’arracher mon petit-fils de quatre ans. Je résistais, quand à l’aide d’un chevron, il l’assomma et tira dans ma main. Mon petit-fils mourut sur le coup. Et moi, j’ai pu fuir pour me réfugier à la mission catholique de la ville, la main en sang et enjambant les corps. Après avoir bénéficié des premiers soins de bénévoles MSF, j’ai été amputé de la main gauche plus tard », a-t-elle expliqué. Puis d’ajouter. « Amadé était parmi les hommes qui nous ont attaqués le 28 mars 2011. Ils avaient des kalachnikovs et des armes lourdes. Il y avait beaucoup de corps dans les rues ».

A la suite de  Klahon Odette, Yvette Diaho, une victime collatérale du massacre, a accusé Amadé Ouéremi et ses hommes d’avoir assassiné trois membres de sa famille. « Le 28 mars 2011, les soldats d’Amadé sont arrivés chez nous. Il (Amadé Ouéremi) était avec eux et était habillé en treillis avec une arme ils ont ensuite fusillé trois autres membres de la famille », a-t-elle révélé.

Miriam Kouladé, un autre témoin à la barre, est revenue sur le déroulement des atrocités. « C’était le sauve-qui-peut, il y avait des scènes de pillage partout, des maisons incendiées. C’est en allant chercher refuge à la maison catholique que mon mari (Bakoue Léon,54 ans) a été assassiné sous mes yeux, ainsi que mon neveu zoé Brice », a-t-elle confié.

À l’instar de ces trois témoins, d’autres passés à  la barre, n’ont pas manqué d’accabler l’ex-chef  milicien Amadé Ouéremi. Ce dernier, face à ces accusations, a tenu à expliquer qu’il n’a jamais été à la tête des opérations d’assassinats. Il n’était qu’un simple élément des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire(FRCI) et qu’il n’obéissait qu’aux ordres émanant de ses supérieurs.  « J’étais avec les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire(FRCI). J’étais un élément des FRCI et notre commandant était Coulibaly de Kouibly », a-t-il expliqué.

Puis de s’étonner d’être le seul à être poursuivi et à comparaître, alors qu’il n’avait fait qu’obéir aux ordres venant de ses supérieurs. « je ne peux pas payer seul pour les autre », s’est défendu Amadé Ouéremi. Puis d’ajouter par la voix de son avocate, Maître  Yvonne Aka.« il(Amadé Ouéremi) dit que depuis l’ouverture du procès, il a toujours dit au tribunal qu’il agissait sous les ordres de certaines personnes au moment des faits. Mais, il dit ne pas comprendre pourquoi il est le seul qui est accablé par les témoins. Il souhaiterait que vous lui permettiez de citer des noms »,  fait comprendre l’avocate de Amadé Ouéremi, maître Roselyne Aka, au nom de son client.

Une vingtaine de charges ont été retenue contre Amadé Ouéremi dans ce procès où 82 témoins ont été annoncées. L’ex-chef de milice, Amadé Ouéremi, risque la perpétuité

YG

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