Sauver le football européen ni plus ni moins, tel était le maître-mot de ce putsch lancé par les douze dissidents du football du vieux continent. Une annonce qui n’a pas manqué de susciter de vives réactions au sein de la grande famille du football. Entre indignations, consternations, sanctions et désistements depuis cette annonce du 18 avril 2021, que reste-t-il de ce projet pharaonique au relent messianique pour le football européen ?  

 

Mus par l’inanité selon eux de la réforme 2024 de la Ligue des champions de l’UEFA, passant de 32 à 36 clubs avec une centaine de matchs et un mini-championnat en lieu et place de la traditionnelle phase de groupe, les putschistes décident de reprendre leur destin en main avec la création d’une compétition semi-fermée plus que lucrative aux allures de tournoi VIP dans le but de pallier les effets néfastes sur le plan financier de la Covid-19.

Face à cette missive des plus surprenantes faite aux environs de minuit par les douze plus grandes écuries européennes (FC Barcelone, Chelsea

FC, la Juventus, l’Inter de  Milan, l’AC Milan, Manchester City, Tottenham, Liverpool, le Real de Madrid…) officialisant la création du projet « super ligue » annoncé comme le concurrent de la sacro-sainte ligue des champions de l’UEFA, la riposte ne s’est pas faite attendre de la part de Gianni INFANTINO le président de la FIFA  et de son compère de l’UEFA, Alexsander CEFERIN.

En effet, au cours du 45ème congrès ordinaire de l’Union Européenne des Associations de Football (UEFA) ce mardi à Montreux (Suisse), l’on a assisté à une adresse des plus cinglantes à l’endroit des frondeurs assortie de menaces d’exclusion de toutes les compétitions européennes pour ces clubs et l’interdiction de sélection pour les joueurs participant à la super ligue. Des menaces pour le moins efficaces puisqu’elles suscitent de façon quasi instantanée le retrait dans un premier temps de Manchester city, suivi de celui des cinq autres équipes anglaises engagées dans ce projet.

 

Avalanche de balles perdues !

 

Après l’annonce du retrait mardi dernier des clubs anglais face à la furia des instances européennes, c’est la joie et le soulagement pour certains dont le coach catalan des « sky blues » Pep Guardiola qui contre toute attente n’avait  hésité une seule seconde à  faire connaitre sa position en conférence de presse sur ce projet ; et cela, sachant son employeur engagé dans celui-ci. Voici ce qu’il a dit, en substance : « Le sport n’est pas du sport quand il n’existe pas de relation entre effort et récompense.

Ce n’est pas du sport si le succès est garanti ou si perdre n’a aucune importance. »

Ce pas de recul observé par les clubs anglais, laissant ainsi les six autres frondeurs dans une posture délicate, pousse Florentino PEREZ le président du Réal de Madrid et sa bande à pondre un second communiqué faisant état du fait qu’ils allaient « reconsidérer les étapes les plus appropriées pour remodeler le projet ».

Cela sonnait déjà le glas de la tentative d’insurrection …

S’ensuivent alors les retraits des clubs italiens et de l’Atlético de Madrid. Seuls le  Fc Barcelone et le  Real Madrid sont toujours officiellement engagés dans cette lutte pour la salvatrice super ligue.

 

Les supporters sortent des gradins

 

Cet épisode de fronde collective, aura laissé un gout amer aux supporters des clubs fondateurs de cette compétition. C’est notamment le cas des supporters des blues de chelsea qui avant l’annonce du retrait de leur club scandaient déjà des « Please save football » [s’il vous plait, sauvez le football !] dans le rues londoniennes.

Même son de cloche en Espagne, avec des banderoles anti super ligue dans les ruelles catalanes. Nul doute que le dialogue entre ces clubs et leurs fans sera déterminant dans la poursuite ou non de ce projet.

 

L’après super league

Après la fronde, le réconfort puisque le retour de la Champions league signifie également possibilité de gagner de gros sous pour l’un de nos putschistes s’il venait à s’emparer de la coupe aux grandes oreilles.

Cependant, l’épée de damoclès plane toujours sur les têtes des douze cadors européens puisque les sanctions annoncées par les hautes instances du football européen (la FIFA et l’UEFA) n’ont toujours pas été retirées. Nonobstant ces possibles sanctions, le président en exercice de la maison blanche, Florentino PEREZ n’en démord pas et tente à nouveau de justifier son projet de Super League avec la récente faillite du club français des girondins de bordeaux en déclarant : « “Venons-en aux faits : selon les informations du cabinet KPMG, en trois mois de pandémie la saison passée, les douze clubs de la Super League ont perdu 650M€. Cette saison, les pertes seront de deux milliards à deux milliards et demi. Les Girondins de Bordeaux viennent de faire faillite. Soit nous faisons quelque chose, soit d’autres suivront dans les colonnes de AS.

Qui a dit que le foot adoucissait les mœurs ?

 

B.K

Commentaires