Esclavage de tout genre, violences  physiques et sexuelles sont entre autre le lot quotidien des filles domestiques d’origine africaine travaillant dans les pays du Golfe en général et au Liban en particulier.

 

 

Elles sont issues  de plusieurs pays africains ces jeunes filles qui tentent chaque année d’aller à l’aventure vers les pays du Golfe en général et au Liban en particulier. Ces jeunes filles généralement issues des familles pauvres se dirigent vers ces pays réputés pour être  les eldorados parfaits.

Guidées en effet par leurs désirs ardents de venir en aide à leurs familles, elles se retrouvent naïvement prises au piège dans ces pays où elles sont réduites à  l’esclavage. Pour la plupart, des sans papiers, elles deviennent des proies faciles pour des employeurs sans scrupules qui les exploitent à leur guise.

Par ailleurs, selon un rapport d’Amnesty International intitulé ‘’ Leur maison, c’est ma prison ‘’  qui porte sur l’exploitation  des travailleuses domestiques migrantes au Liban, ces filles n’ont aucune reconnaissance ni protection dans le code du travail.  Prises au piège par le système dit de « kafala », la vie de ces domestiques reste suspendue aux décisions de leurs maîtres. Ce système stipule d’ailleurs que « Tout travailleur migrant ne peut ni entrer dans le pays, ni transférer son emploi, ni quitter le pays pour quelque raison que ce soit, sans avoir préalablement obtenu l’autorisation écrite explicite de son kafeel [employeur, qui est garant dans le cadre du système de kafala]. Pour pouvoir entrer dans le pays concerné, il faut être parrainé par un kafeel et être lié à cette personne tout au long de son séjour. Si le travailleur migrant démissionne, le kafeel est tenu de le signaler aux services de l’immigration et de veiller à son départ du pays à la fin du contrat, en prenant notamment en charge le paiement du vol de retour. Bien souvent, le kafeel renforce son contrôle sur le travailleur migrant en lui confisquant son passeport et ses documents de voyage, en dépit de la législation de certains pays de destination stipulant que cette pratique est illégale ».

Des conditions de travail proches de l’exploitation

  • Des journées interminables, sans pauses ni jours de repos.

« Bien que le contrat type unique limite le temps de travail quotidien à 10 heures et impose au moins huit heures de repos consécutives la nuit, la majorité des femmes interrogées par Amnesty International (19 sur 32) ont déclaré qu’elles étaient contraintes de travailler plus de 10 heures par jour et avaient moins de huit heures de repos consécutives. En outre, 14 d’entre elles ont indiqué ne pas avoir droit à leur journée de repos hebdomadaire » avec en prime :

  • Salaires non versés ou versés en retard, réduction sur salaires.
  • Confiscation du passeport
  • Restriction à la liberté de mouvement et de communication
  • Privation de nourriture
  • Conditions d’hébergement inadaptées et non-respect de la vie privée
  • Insultes, violences physiques et sexuelles.
  • Restrictions à l’accès aux soins de santé
  • Répercussion sur la santé mentale

« Le fait d’être enfermée en permanence a commencé à me donner des idées suicidaires », lance Sébastienne, travailleuse domestique de Côte d’Ivoire

 

Travail forcé et traite des êtres humains

 

Des témoignages de ces cas de traitements inhumains sont nombreux. Par exemple cette jeune fille d’origine ivoirienne qui travaillait sans percevoir de salaires « Quand je lui ai demandé de me renvoyer dans mon pays, elle [l’employeuse] a répondu : “Tu dois travailler pour les 3 000 dollars des États-Unis que nous avons déboursés.” »  Parce qu’elle a été achetée à 3000 dollars américains, elle devrait travailler pour les rentabiliser.

 

Obstacle à la justice

 

Les travailleuses ont peur d’aller se plaindre à la police par crainte d’être arrêtées ou au risque d’empirer leur condition de vie. « Je n’ai rien dit à la police. Ils me font peur ; je craignais qu’ils ne me mettent en prison », a confié une domestique asiatique. En outre, « leurs employeurs sont quasi intouchables et ne sont nullement inquiétés », confirme un représentant d’une agence de placement par ces propos.  « Il est impossible d’obtenir justice pour les travailleuses domestiques migrantes dans les affaires de violences au Liban […] Nous savons tous que les auteurs de ces violences ne sont pas sanctionnés. Les personnes qui se livrent à ces actes se savent toutes-puissantes et intouchables ».

La peur de ne pas retrouver un emploi et la peur d’être accusées à tort de vol , sont autant d’entraves pour que justice soit faite aux domestiques.

 

Au regard de ce qui précède, il est grand temps que les africains comprennent que l’eldorado c’est en Afrique et nulle part ailleurs, car s’aventurer dans ces pays où les droits des migrants ne sont pas respectés c’est courir un gros risque même au péril de sa propre vie.

Et dire que récemment encore et avec les crises successives au Moyen Orient, notamment au Liban, c’est le sens contraire les libanais qui quittent en grand nombre leur pays pour l’Afrique.

 

 

HG  

(Sources : Amnesty International )

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