RETOUR DE GBAGBO/ KATINAN : « légalement, la CPI n’a d’autre choix que de renvoyer Gbagbo en Côte d’Ivoire»

« Légalement, la CPI n’a d’autre choix que d’envoyer Laurent Gbagbo là où il veut aller comme il l’a clairement exprimé, dans son pays», a clamé le porte-parole de Laurent Gbagbo, Koné Katinan pour justifier la décision de la CPI de ramener le président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Cette information, il l’a donnée  le lundi 17 mai 2021 au cours d’un échange avec les journalistes du Nouveau Réveil. Ce,  dans le cadre des visites d’informations et d’échanges avec  les  différentes rédactions nationales et internationales portant préparatifs du  retour au pays du président Laurent Gbagbo.

 

Pour Koné Katinan, il n’y avait pas de raison que le président Laurent Gbagbo, acquitté par la Chambre d’appel de la CPI, ne rentre pas dans son pays. Il en avait entièrement le droit. « Nous sommes venus pour vous dire qu’acquitté le 15 janvier 2019, lequel acquittement a été confirmé le 31  mars dernier, le président Laurent Gbagbo est dans tous ses droits de revenir en Côte d’Ivoire. Et il va venir en Côte d’Ivoire », a coupé court le porte-parole de Laurent Gbagbo.

 

Selon lui,  la CPI n’avait pas d’autre choix que de ramener le président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Que ce soit  du point de vue politique ou du point de vue légal. « Dans cette situation, il y a un aspect légal et un aspect politique concernant le retour du président  Laurent Gbagbo », a-t-il relevé.

 

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Pour ce qui est de l’aspect politique, le porte-parole de Laurent Gbagbo souligne que, conformément au traité de Rome et de l’accord de siège  signés entre la CPI et la Hollande,  l’institution judiciaire internationale  a obligation de faire revenir toute personne jugée par elle et dont elle aurait décidé du sort, qu’elle soit acquittée ou  qu’elle ait purgé complètement sa peine, dans son pays ou dans un pays de son choix. « L’aspect politique procède du traité de Rome et de l’accord de siège  qu’à signé la CPI avec la Hollande. Les deux accords que sont le traité de Rome et l’accord de siège obligent la CPI à faire revenir  toute personne qu’elle aurait jugée et qu’elle aurait décidé  de son sort, qu’elle soit acquittée ou un prisonnier qui a fini de purger sa peine, il doit absolument retourner dans son pays ou dans un pays de son choix », a fait remarquer le porte-parole du président Laurent Gbagbo.

 

En plus de l’aspect politique, le porte-parole de Laurent Gbagbo, Koné Katinan a expliqué que de façon légale, la CPI ne pouvait faire autrement que d’être d’accord pour le retour du président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. « Si vous avez bien écouté le discours  du président  de la Chambre d’appel, à la fin, il a dit que  toutes les restrictions, les conditions qui étaient liées à l’appel du procureur ayant été  levées, l’acquittement les fait tomber automatiquement. Or, ce sont ces conditions-là qui justifient la présence de Laurent Gbagbo à Bruxelles. En les enlevant, le président Laurent Gbagbo n’a plus de droit, ni les  titres pour rester là-bas.  La CPI n’a d’autre choix que de faire venir le président Laurent Gbagbo. Cela est l’aspect légal de la question. C’est pour vous dire que légalement, on ne peut pas empêcher Laurent Gbagbo de rentrer en Côte d’Ivoire », a-t-il renchéri.

 

Concernant l’Etat de Côte d’Ivoire, le porte-parole de Laurent Gbagbo a révélé que compte tenu du fait qu’il ait signé le traité de Rome, consacrant la CPI, il endossait de ce fait ses obligations. Notamment, l’obligation qui est faite à la CPI de respecter la volonté devenue obligation  du Président Laurent Gbagbo de rentrer dans son pays. Le président de la République Alassane Ouattara étant le garant de l’Etat de Côte d’Ivoire, avait obligation de respecter cette obligation du président Laurent Gbagbo. « La CPI, c’est un traité  et lorsque  vous signez le traité,  son exécution est de bonne foi et donc l’obligation de l’administration de la  CPI est donc l’obligation des parties signataires. L’obligation du président  Laurent Gbagbo de retourner  dans le pays  de son choix s’impose également à l’Etat de Côte d’Ivoire qui est partie prenante. Ça, c’est l’aspect purement légal, purement technique », a précisé Koné Katinan.

 

Cependant, au-delà de cet aspect technique des choses, la question du retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, doit être perçu par tous comme un véritable levier de la réconciliation nationale. Notamment entre les trois leaders politiques que sont le Président Henri Konan Bédié, le Président Laurent Gbagbo et le Président de la République Alassane Ouattara. « Pour nous, le retour du président  Laurent Gbagbo est une opportunité unique que Dieu donne à la Côte d’Ivoire  pour que les trois personnes-là  puissent s’asseoir, et que  nous-mêmes  nous leur demandions  de s’asseoir, pour  nous dire  qu’est-ce qu’ils laisseront  en héritage dans les dix prochaines années pour la Côte d’Ivoire », a-t-il souligné.

 

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Puis d’ajouter : « Nous pensons qu’il est peut-être temps qu’après  toutes les tentatives, finalement que nous puissions trouver un mode opératoire  qui permet aux ivoiriens de vivre, tout en gardant leur divergence  de point de vue, mais qui  vivent  dans l’harmonie et dans une période de réconciliation  et de paix. Et c’est dans  ce cadre que nous voulons inscrire  le retour  du président Laurent Gbagbo », a fait noter Koné Katinan.

 

C’est pourquoi il a salué le fait que  le  Président de la République Alassane Ouattara ait donné son accord,  en conseil des ministres, pour autoriser et  faciliter  le retour de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé en Côte d’Ivoire. « Nous avons été heureux  que 7 jours après le prononcé de son acquittement, le chef de l’Etat ivoirien, ait annoncé de façon solennelle, en conseil des ministres, publiquement que le président Laurent Gbagbo  et le ministre Charles Blé Goudé  pouvaient  rentrer  au pays, quand ils le voulaient », s’est-il réjoui.

 

Avant de poursuivre : « Il est même allé plus loin, en disant que l’Etat de Côte d’Ivoire offrait les moyens et les frais de déplacement du président Laurent  Gbagbo ».

 

Le porte-parole de Laurent Gbagbo, Koné Katinan, est revenu en Côte d’Ivoire, le 30 avril 2021,  après dix ans d’exil au Ghana. Il y avait avec lui, des exilés politiques Pro-Gbagbo. Il  y avait  à ses côtés pour cette mission, Franck Anderson  KOUASSI et César Etou. Tous deux journalistes.

 

Y G

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