DR.GEOFFROY KOUA : « Ce n’est pas assez de proclamer le multipartisme, il faut permettre aux partis politiques de l’exprimer et agir librement »

« Ce n’est pas assez de proclamer le multipartisme, le principal consiste à permettre aux formations politiques de l’exprimer et d’agir librement ». C’est en ces termes que le Docteur Geoffroy Julien Koua a dénoncé l’absence de liberté d’expression dans des pays qui disent pratiquer le multipartisme. Cette information, il l’a donnée au cours de l’atelier des médias 2021 initié par la Fondation Friedrich Nouman qui s’est tenu du vendredi 14 au dimanche17 mai 2021 à l’hôtel Crystal d’Adiaké. Ce, dans le cadre du renforcement des capacités des journalistes.

 

Pour Docteur Geoffroy Julien Koua, il est aberrant de parler de multipartisme lorsque dans un pays qui se dit démocratique et ouvert au pluralisme politique, les partis de l’opposition n’ont pas le droit de s’exprimer sur les médias d’Etat. « Peut-on parler de multipartisme dans un État où le Parti au pouvoir monopolise les médias d’Etat ? », S’est-il interrogé.

Selon lui, la démocratie et le multipartisme s’accommodent mal des partis au pouvoir qui font de l’Etat leur chasse-gardé, leur vache à lait jusqu’à se confondre avec lui et avec tous ce qu’il comporte. Notamment des ressources. «  Peut-on parler de multipartisme dans un État où le Parti au pouvoir se confond avec l’Etat était en Parti-Etat ? », s’est-il de nouveau interrogé. Avant d’ajouter que la solution à cet accaparement du pouvoir d’État, serait que le candidat à la présidentielle devenu président de la République, renonce à sa fonction de président  de parti politique. « Ce serait une avancée démocratique et constitutionnelle si le président de la République ne pouvait pas, légalement présider un parti politique. Ce cumul de fonction fragilise la fonction présidentielle. Selon la constitution ivoirienne, le chef de l’État incarne l’unité nationale. Mais comment peut-il, valablement, incarner l’unité nationale quand il est le chef d’un camp politique », s’est inquiété Docteur Geoffroy Julien Koua.

 

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Par ailleurs, Docteur Geoffroy Julien Koua a fait remarquer que l’existence de plusieurs partis politiques doit aller de pair avec plusieurs sources d’informations médiatiques au contenu divergent sur des questions politiques. «  L’expression plurielle, c’est aussi la pluralité médiatique. L’existence de plusieurs chaînes de télévision, de radio, de journaux, des sites d’information. Le principal, c’est l’indépendance des médias, même privés, doivent prendre en compte les diversités d’opinion. Il ne sert à rien d’avoir plusieurs journaux, plusieurs radios, plusieurs télévisions si c’est pour l’apologie de la pensée unique, le culte de la personnalité », a-t-il indiqué.

Puis d’ajouter : « Dans une démocratie libérale, pendant et en dehors des élections, les forces politiques ont un accès équitable, voire égal ux différents médias ».

Ce renforcement de capacité des journalistes résulte de l’atelier des médias 2021. Une initiative de la Fondation Friedrich Nouman.

 

 

Y G.

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