FRANCE-AFRIQUE : « L’assise de la France en Afrique n’est plus du tout la même qu’au temps de la vraie françafrique » selon A. Glaser

Le spécialiste des questions de politique africaine de la France, Antoine Glaser fait le décryptage de la mort certaine de l’influence française en Afrique.

 

Il se met en place dans les pays africains d’expression française une volonté manifeste de se sortir du pré-carré français. En tout cas, une certaine opinion non moins solide s’élève dans ces pays pour dénoncer la politique africaine de la France si bien que la critique contre la présence des armées  françaises en Afrique devient de plus en plus virulente.

Une politique aux abois du fait  du réveil nationaliste et de la concurrence

Pour le journaliste français, la présence de militaires français en Afrique est une sorte d’échappatoire pour camoufler une influence politique et économique en chute libre et de plus en plus décriée. Ce  qui a fini par installer au sein des populations un sentiment anti-français. « Le sentiment anti-Français est très présent en Afrique. La présence militaire française en Afrique sert de cache misère à une présence française qui s’affaiblit et est en déshérence dans le continent », a-t-il remarqué.

Par ailleurs, l’apparition de nouveaux acteurs dans la conquête du marché africain fait incliner la balance en défaveur de la France qui se croyait en terrain conquis indéfiniment. « (…) La France s’est crue trop longtemps chez elle en Afrique. Elle n’a pas vu arriver la concurrence de la Chine, de la Turquie, de la Russie, voir même de ses alliés Européens comme l’Allemagne ! Aujourd’hui, l’Allemagne est le quatrième exportateur vers l’Afrique, elle est passée devant la France » a déclaré Glaser.

 

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Ainsi, la France se voyant acculée de partout à cause de la présence massive d’autres concurrents tels que la Chine, La Turquie et surtout des russes en Afrique, s’irrite de plus en plus. C’est ce qui explique les relations difficiles qu’elle entretient actuellement avec le gouvernement centrafricain qui a décidé d’intensifier sa coopération militaire avec la Russie.

Le Mali, nouveau terrain de bataille franco-russe

Après donc la Centrafrique, la France doit craindre de perdre à nouveau un autre pays avec l’avènement au pouvoir de la junte militaire au Mali, dans la mesure où ceux-ci pourraient jouer la carte de la Russie s’ils trouvent désavantageux de continuer à coopérer avec l’armée française. Glaser pense d’ailleurs que le Mali pourrait être le théâtre d’une mini guerre froide entre la France et la Russie. «Au Mali, on risque également de retomber dans une mini guerre froide Franco-Russe.  L’armée malienne a pendant très longtemps été formée en Russie et Vladimir Poutine a évoqué l’installation à Bamako d’un nouvel envoyé spécial. Et je pense que les Africains, en tout cas les militaires maliens, sauront très bien jouer la carte de la France lorsqu’ils en auront besoin et jouer la carte des Russes lorsque celle-ci sera plus avantageuse. » Affirme-t-il.

Il estime pour finir, que la France s’est discréditée aux yeux de l’opinion africaine « en adoubant il y a quelques mois le coup d’état au Tchad, la France a montré sa Tchado-dépendance. Et sa crédibilité en a pris un coup.»

il faut noter que la prise de conscience du retard de l’Afrique et surtout de  l’Afrique francophone et la montée du nationalisme, amènent les peuples africains à ne plus tolérer la présence française car elle est perçue comme la véritable pourfendeuse de leurs économies et un  obstacle avéré au développement de leurs différents pays.

 

HG

 

 

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