BURKINA/MARCHE : une marée humaine envahit les rues des villes du Burkina

L’opposition politique et certaines organisations de la société civile du Burkina ont massivement battu le pavé ce samedi 3 juillet 2021. Cette marche annoncée depuis quelques jours a indubitablement tenu ses promesses.

 

La place de la Nation de Ouagadougou a refusé du monde, ainsi que d’autres places publiques à l’instar de Kaya, Titao, Bobo_Dioulasso ce samedi. En dépit des mises en garde des tenants du pouvoir actuel et l’appel à l’union sacrée du  Président Kaboré du dimanche dernier, Ils sont des milliers de Burkinabè à avoir répondu favorablement à l’appel de l’opposition politique. Cette marche organisée par l’opposition conduite par Eddie Komboïgo  et certaines organisations de la société civile est une véritable démonstration de force à travers certaines  villes du pays. Le peuple burkinabè navigue-t-il dans les eaux tumultueuses de 2014 ?

Les attaques de Solhan soufflent toujours un  vent de colère

Les attaques djihadistes récurrentes depuis l’accession au pouvoir du Président Roch Kaboré indignent les Hommes intègres. A ce jour, plus d’un million de burkinabè sont déplacés à travers le pays surtout dans la ville de Kaya. Et ce du fait de l’instabilité dans l’Est, le Nord, et le Sahel.  Les populations sont très exposés aux attaques barbares des hommes sans foi ni loi. L’atrocité de Solhan ayant fait 160 morts (sources locales) et 132 morts (sources officielles) est la goutte de trop qui est à l’origine de ces mécontentements. La semaine dernière, le Nord et le Sahel du pays avait déjà planté le décor.

 

A LIRE AUSSI://BURKINA/REMANIEMENT : Roch Kaboré s’octroie la défense et se met en première ligne face aux terroristes 

« Aujourd’hui, les FDS ont trouvé un avocat pour défendre leurs conditions de vie et de travail, cet avocat, c’est le peuple burkinabè. Partout ailleurs au Burkina Faso, les populations ont décidé de manifester dans les 45 provinces. Plus de 5 ans d’échec, quelle honte…trop, c’est trop », a signifié Eddie Komboïgo, CFOP.

“Au regard des dernières évolutions macabres sur le plan sécuritaire, il était temps de donner un signal fort aux dirigeants pour se ressaisir et mesurer la gravité de la situation”, a rappeler Aristide Ouédraogo, membre de la société civile. Le régime en place ouvre une belle lucarne à ses détracteurs.

Le limogeage  des ministres de la Défense Chériff Sy et de la Sécurité, Ousséni Compaoré le mercredi passé est une poudre de perlimpinpin.

Chérif Sy avait, par le passé, manifesté de quitter le navire gouvernemental.  Jeune Afrique dans ses colonnes du 02 juillet 2021 révèle que ce dernier avait des ambitions aux antipodes de la gouvernance actuelle. L’ex ministre de la Défense, Chérif Sy était en désaccord avec la hiérarchie militaire, surtout le chef d’état-major des armées Moïse Minoungou, sur la stratégie à adopter dans la lutte contre les groupes armés. Il plaidait pour l’installation de détachements militaires dans certaines communes en proie à l’insécurité, mais cette option était jugée inefficace. « Dépités, beaucoup d’officiers ne décrochaient plus lorsqu’il les appelait”, rapporte JA.

 

A LIRE AUSSI: //MALI : la France reprend sa coopération militaire avec le Mali 

Si le régime au pouvoir(MPP) actuel fait les frais des intempestives attaques terroristes, il n’est pas aussi exempté des plaintes pour sa gestion opaque de la chose publique.

Les fonds spéciaux, communément appelés « caisses noires », font beaucoup de polémique au Burkina Faso. Selon des bruits audibles, le nombre de ces caisses noires et leurs montants ont grimpé au fil des années, surtout « depuis l’arrivée au pouvoir de Kaboré ». Ces fonds spéciaux font partie des dépenses de souveraineté au Burkina et sont accordés, à en croire le journal L’Economiste du Faso qui donne l’information, à 4 personnalités dont le président du Faso, le premier ministre, le président de l’Assemblée nationale et le président du Conseil constitutionnel. 

Le Burkina qui avait défait le régime Compaoré après 27 ans de règne sans partage n’est toujours pas sorti de l’auberge. Le pouvoir actuel est acculé et tâtonne au fil du temps. Le peuple semble avoir pris son destin en main.

En cette année 2020, dans le budget de l’État, le montant total de ces caisses noires pour le président du Faso et son Premier ministre est de 590 millions FCFA, dont 350 millions FCFA pour le président du Faso et 240 millions FCFA pour le PM. Pour Kosyam (la présidence), le montant est bien inscrit dans l’activité N°0010303 du budget programme. Au Premier ministère, le montant est prévu dans l’activité N°0050105, relative à la prise en charge des dépenses de souveraineté (fonds spéciaux).

 

R.Racisse

 

Commentaires