BANNY A BICTOGO : ‘’nous ne pourrions sortir de cette crise, aller à la réconciliation sans le dialogue et la vérité qui soignent et guérissent’’

L’ex-premier ministre et ancien président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation(CDVR), Charles Konan Banny, a appelé le  Directeur exécutif du RHDP, Adama Bictogo, à s’ouvrir au dialogue. Ce, en référence à sa dernière sortie suite  au discours des présidents Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié à Daoukro.

 

Pour l’ex-premier ministre et ancien président de la CDVR, Charles Konan Banny, le vice-président de l’Assemblée nationale, Adama Bictogo, a montré à travers ses propos tenus dernièrement en conférence de presse à la Rue Lepic, qu’il était totalement opposé à toute idée de réconciliation nationale et de dialogue.  Pourtant, ce  dialogue qui doit être basé sur la vérité, comme l’a fait savoir le président Laurent Gbagbo, à Daoukro, concourait à guérir des cœurs blessés par les différentes crises qu’a connues la Côte d’Ivoire. « Mais là où le bât blesse dans tes propos, c’est que tu refuses de façon catégorique et péremptoire tout dialogue, en d’autres termes tu fermes toute possibilité à nos concitoyens et à nous tous de nous parler pour se dire les vérités, toutes les vérités alors que comme le même Laurent Gbagbo le dit ”la vérité soigne et guérit’’ », a-t-il noté.

 

A LIRE AUSSI://BICTOGO REAGIT AUX PROPOS DE BEDIE ET GBAGBO A DAOUKRO: Fleur AKE M’BO, fille d’Agboville, lui crache ses vérités 

Pour l’ancien président du CDVR, seule l’extériorisation des souffrances vécues par les ivoiriens lors des différentes crises, pourra concourir à la réconciliation nationale. Il est inévitable que les ivoiriens meurtri par les crises trouvent un exutoire pour déverser leur colère, trouver des réponses à leur différentes interrogations sur les auteurs et les raisons de ce déluge de violences connues durant ces crises postélectorales. Ce, afin de pouvoir passer  à autre chose. Sans toutefois oublier ce qu’ils ont vécu. Et seul un dialogue national  pourra le permettre. « En effet, nous ne pourrions sortir de cette longue crise et ne pouvons prétendre sérieusement aller à la réconciliation nationale pour une cohésion sociale sans catharsis. Nous devrons éviter la simple cautérisation. C’est là le fil rouge et la philosophie qui a guidé la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation pendant trois ans. Cette Commission a travaillé pour savoir que s’est-il passé en Côte d’Ivoire, comment avons-nous pu rompre le consensus houphouétien, comment avons-nous pu abandonner le dialogue, l’arme des forts, qui enrichit pour prendre les armes à feu qui tuent, les armes verbales qui blessent, qui a fait quoi et pourquoi ? », a-t-il expliqué. Avant d’appeler chacun à pardonner et à reconnaître sa part de responsabilité dans les différentes crises qu’a connues le pays. Et non à rejeter la faute sur les autres. Sans quoi, il sera impossible d’aller à la réconciliation. « Le pardon est une force, la capacité de se dépasser. Pour y arriver, chacun est appelé à reconnaître ce qu’il a fait et qui a participé à créer et alimenter la longue crise que nous traversons », a souligné l’ancien président du CDVR, Charles Konan Banny.

 

A LIRE AUSSI: //BICTOGO/‘’GBAGBO EST UN CRIMINEL’’: ”Il est irresponsable et intellectuellement malsain d’insinuer qu’un homme acquitté est un criminel”(Blaise Lasm FPI) 

Puis faisant cas du discours du président Henri Konan Bédié, l’ancien président du CDVR, Charles Konan Banny, a trouvé son appel à un dialogue national inclusif, en totale adéquation avec les principes de réconciliation nationale tant souhaité par tous. Quant aux propos tenus par le président Laurent Gbagbo à Daoukro, relatifs à « la vérité qui soigne et guérit », l’ex-premier ministre et ancien président du CDVR, Charles Konan Banny  dira qu’ils sont un appel à mener des enquêtes pour trouver les véritables coupables de la crise postélectorale de 2010-2011 et des  nombreux morts qui s’en sont suivis. Puisque lui, avait été lavé de toutes charges.

Par ailleurs, l’ancien président du CDVR a fait cas du travail abattu par la commission qu’il dirige  pour ramener la paix en Côte d’Ivoire : « La CDVR a travaillé pour savoir : Que s’est-il passé en Côte d’Ivoire, comment avons-nous pu rompre le consensus ‘’houphouétien’’ (Relatif au premier président ivoirien Houphouët, ndlr), comment avons-nous pu abandonner le dialogue, l’arme des forts, qui enrichit pour prendre les armes à feu qui tuent, les armes verbales qui blessent, qui a fait quoi et pourquoi ? », a-t-il expliqué.

 

Puis d’ajouter : «  Une fois ce diagnostic établi, nous devrons emprunter la voie de la justice du pardon qui n’est pas synonyme de l’oubli. Ce qui s’est passé fera désormais partie de notre histoire commune et de notre récit national », a-t-il indiqué.

 

Y G

Commentaires