CHARLES PROVIDENCE GOMIS : Comment il a survécu à 5 chefs d’Etat ! Sa mise en garde à Jean Louis Billon et Thierry Tanoh

Décédé ce 16 juillet 2021, à Paris, à l’âge de 81 ans, Charles Providence Gomis semblait, dans la sphère diplomatique ivoirienne, irremplaçable. Comment a-t-il survécu à cinq chefs d’Etat dans un pays où les victimes collatérales des inimités au plus haut sommet se compte par milliers ?

 

« Abidjan est méchant. On y coupe les têtes ! » Confiait-il sous la forme d’une boutade au journaliste d’un magazine panafricain au détour d’une conversation, quelques mois avant l’élection présidentielle d’octobre 2020. Cette échéance électorale n’aura d’ailleurs pas failli à cette inclinaison…

Des têtes, le vice-président chargé de la diaspora et de la coopération internationale à la chambre haute du parlement en a vu couper en plus de 40 ans de carrière. Parvenant chaque fois à préserver la sienne et à entrer dans les bonnes grâces des nouveaux tenants du pouvoir.

 

L’indispensable diplomate

Chef de cabinet à la représentation diplomatique de Côte d’Ivoire à Washington (Etats-Unis), Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République de Côte d’Ivoire près la République Fédérative du Brésil, en février 1978, puis près les Etats-Unis d’Amérique et le Mexique, sous Félix Houphouët-Boigny (1960-1993) ; Charles Providence Gomis, longtemps proche de Henri Konan Bédié, le deuxième président de la république, se voit confier, en mars 2000, le portefeuille de ministre des Relations Extérieurs (Ndlr :Affaires étrangères) dans le gouvernement du premier  ministre Seydou Diarra, suite au  coup d’État du général Robert Gueï.

 

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En 2000, sous Laurent Gbagbo, il transite par le groupe SIFCA.

2002, on le retrouve au sein de la Mission des Nations unies en RDC (MONUC). Il dirige le bureau de l’Ituri, dans l’est de la RDC, entre 2006 et 2007. De 2011 à 2020, Alassane Ouattara le nomme ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, au Portugal et à Monaco. Il atterrit ensuite au sénat.

 

Le secret d’une longévité

Le secret de sa longévité réside sans doute dans son deuxième prénom, « Providence ». Elle lui aura, à bien des égards, été d’un secours appréciable dans la tourmente. Son étoffe de diplomate faisant le reste. Affable, habile et pragmatique, l’homme aura eu à cœur de ménager la chèvre et le chou. Evitant de froisser les susceptibilités. Sa grande capacité d’adaptation au changement, son énorme réserve ont fait le reste.

 

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A deux de ses gendres (Thierry Tanoh et Jean-Louis Billon) à qui l’opinion a longtemps prêté des ambitions présidentielles, il n’avait de cesse de rappeler, « une ambition ne se dit pas, et, lorsque cela se montre, ce n’est qu’à ses risques et périls ». Une mise en garde qui leur sera fort utile maintenant que le patriarche a tiré sa révérence.

 Y.T

 

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