ASSEMBLEE NATIONALE/ PROJET DE LOI/FRANC CFA : le groupe parlementaire PDCI s’abstient lors du vote en session plénière

Les députés du groupe parlementaire du PDCI-RDA se gardés de participer au projet de loi portant sur l’ECO, devant la commission parlementaire des Relations extérieures. Il  a expliqué les motifs de son abstention, au cours d’une déclaration produite après le projet de loi portant réforme du franc CFA

 

 L’INTEGRALITE DE LADITE DECLARATION :

 

« La Côte d’Ivoire, leader de la zone UEMOA, avait, avec la conclusion de cet Accord, ici à Abidjan même, donné le sentiment d’agir unilatéralement avec la France et au détriment des autres pays de la CEDEAO avec qui pourtant, un projet de monnaie unique dénommée ECO est en préparation depuis les années 1960.

En tant que championne de l’intégration sous régionale, la Côte d’Ivoire ne pouvait se permettre d’être soupçonnée de vouloir agir contre une zone économique qu’elle-même a contribué à mettre en place sous la houlette du Père fondateur, le Président Felix Houphouët-Boigny, sans courir le risque de voir son prestige et son leadership écornés.

En effet, le 16 janvier à Abuja, les Ministres des Finances et gouverneurs de Banques centrales de la Zone monétaire d’Afrique de l’ouest (ZMAO), qui réunit le Nigéria, la Guinée, la Sierra-Leone, le Ghana, le Liberia et la Gambie, ont tenu une réunion extraordinaire suite à l’annonce, par les pays de l’UEMOA, de renommer à partir de 2020, le franc CFA par la nouvelle monnaie « Eco ». Tout en saluant la volonté de l’UEMOA de « se départir du franc CFA.

Selon eux, « cette décision n’est pas conforme avec la décision de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO d’adopter I’ « Eco » comme nom d’une monnaie unique indépendante de la CEDEAO ». C’est pourquoi, ils ont demandé la convocation d’une réunion urgente des chefs d’Etats de la CEDEAO pour discuter de la monnaie unique régionale.

Ces divergences de vue exprimées publiquement entre les principaux dirigeants de la côte ouest africaine portant sur l’ECO de l’UMOA et l’ECO de la CEDEAO, ne sont pas de nature à rassurer le monde des affaires et surtout les populations qui risquent de pâtir durablement de cette confusion.

C’est donc avec un certain apaisement qu’a été accueillie l’annonce par les 15 Etats membres à l’issue du sommet tenu le 19 juin 2021 à Accra (Ghana) du lancement de l’Eco, de la monnaie unique de la Communauté Économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  Prévu pour 2027, le lancement effectif de l’ECO sera précédé d’un nouveau pacte de convergence qui couvrira la période 2022-2026, le temps de permettre aux différentes zones économiques qui composent la CEDEAO de s’y préparer.

De plus, à ce stade du développement de nos pays, il est certes important de tenir compte des relations avec nos partenaires historiques mais il est aussi et surtout urgent d’intégrer les aspirations profondes de nos populations, de notre jeunesse pour une gestion plus responsable des souverainetés de nos nations dont la monnaie est un instrument stratégique de politiques économiques.

Nos Nations veulent être autonomes et plus fortes dans la concurrence des Nations.

Il nous parait donc important de prendre urgemment dans les négociations sur la question de monnaie unique de la CEDEAO les analyses et propositions de nombreux économistes africains qui critiquent l’arrimage de l’ECO tel que proposé à l’EURO, une monnaie forte, avec une parité fixe. Pour ces économistes, cette situation constitue un frein au développement de la Zone UEMOA en raison du taux d’échange élevé qui favoriserait les importations au détriment des exportations. Ils proposent donc une certaine flexibilité avec une monnaie arrimée à un panier de devises pour prendre en compte les choix stratégiques du commerce extérieur des pays africains afin de ne plus subir directement les influences de l’Euro, dont l’objectif légitime est, bien entendu, d’assurer la croissance des pays dont elle la monnaie.

 

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Il appartient donc à nos dirigeants de s’inscrire résolument dans la voie de l’intégration en menant toutes les discussions relatives à la mise en place de l’ECO, dans le cadre de la CEDEAO.

Dans ce contexte, il apparait donc important pour le Groupe Parlementaire PDCI-RDA d’envoyer au Président de la République, au Gouvernement de notre pays, un message de la plus haute importance afin d’engager urgemment toutes les voies possibles avec tous les pays frères de la CEDEAO pour construire une monnaie conforme aux aspirations de nos peuples et des nouvelles ambitions économiques de nos Nations.

Aussi serait-il souhaitable, que le débat sur l’avenir de la monnaie commune soit élargi pour permettre aux économistes africains, à la société civile africaine et aux populations africaines au travers de leurs représentants légaux d’y prendre une part active. Le Groupe parlementaire PDCI-RDA propose, à cet égard, que l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, en relation avec le Sénat, puisse initier une réflexion sur la question au niveau des parlements nationaux de chacun des Etats membres de la CEDEAO

C’est à ce sursaut que le Groupe parlementaire PDCI-RDA invite l’ensemble des Députés de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire en leur demandant de s’abstenir de voter en faveur de ce projet de loi ».

Fait à Abidjan, 27 juillet 2021

Le Groupe parlementaire PDCI-RDA

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