Décédé ce 10 septembre 2021 à Paris, des suites d’une infection à la COVID-19, à l’âge de 79ans, Charles Konan Banny, successivement gouverneur de la BCEAO, premier ministre de Côte d’Ivoire, président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) aura été un grand serviteur de l’Etat. Malheureusement, sa passion de la Côte d’Ivoire, comme il aimait à le dire s’est constamment heurtée aux intrigues du landerneau politique ivoirien.

 

De source proche de sa famille, on était informé que son pronostic vital était engagé depuis son évacuation d’urgence à Paris, le weekend dernier. On gardait cependant un mince espoir de voir s’en sortir, ce passionné de la Côte d’Ivoire.  Toute sa vie, il aura proclamé son amour de la patrie. Bien plus, se sera efforcé de donner des gages de cet amour. Hélas, la grande faucheuse a fini par avoir raison de Charles Konan Banny.

Infecté à la COVID-19, bien que vacciné, l’ancien gouverneur de la BCEAO (1994 – 2005)  a fini par succomber à la maladie. Il avait 79 ans.

 

Un engagement moins heureux en politique

Amoureux de la Côte d’Ivoire, cette ” terre des hommes” dont il était si fier, Charles Konan Banny accepte en 2005, d’être nommé premier ministre d’un gouvernement de consensus.

Sa volonté de privilégier le dialogue en formant un tandem avec Laurent Gbagbo, l’ex-chef de l’Etat suscite l’indignation de l’opposition qui espérait le voir engager un bras de fer avec le locataire du palais présidentiel.

En 2007, suite à l’accord politique de Ouagadougou entre le régime ivoirien et la rébellion des Forces nouvelles, dirigée par Guillaume Soro, il est limogé !

En 2011, au lendemain de la crise postélectorale qui a fait 3000 morts, il est chargé de conduire le processus de réconciliation nationale. En dépit des réserves de ses proches, qui suspectent une nomination empoisonnée destinée à le discréditer définitivement pour l’écarter de la course au fauteuil présidentiel, il accepte le poste de président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR).

 

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Il l’apprendra à ses dépens.

Empêché de travailler, il parvient cependant en 2014, à remettre au chef de l’Etat, Alassane Ouattara, un rapport diagnostic de la crise ivoirienne assorti de recommandations fortes pour une paix durable en Côte d’Ivoire. Aucune suite ne sera donnée au travail colossal abattu. A ce jour, le rapport n’a jamais été rendu public.

Candidat à l’élection présidentielle de 2005, il renonce au dernier moment en raison du manque de transparence dans le jeu démocratique.

Il se rabiboche avec Henri Konan Bédié avec qui il s’était brouillé après l’histoire du canari cassé (2004).

Jusqu’au bout, il restera fidèle aux idéaux du PDCI-RDA.

C’est un grand serviteur de l’Etat dont l’œuvre se sera constamment heurtée à l’incompréhension et à l’hostilité permanente du microcosme politique ivoirien.

Pour ses détracteurs, Charles Konan Banny était un adversaire qu’il fallait  abattre quoi qu’il en coûte.

 

V.B

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