MAL GOUVERNANCE/ GUICHET UNIQUE/FONCIER : « Des membres du cabinet du ministre appellent les usagers pour les rançonner ! », la primature informée

Dans cette troisième partie du dossier sur la dénonciation de la mal gouvernance au guichet unique du foncier et de l’habitat, civnewsafrik.net met en lumière certaines accusations contenues dans les nombreux courriers de dénonciation, six au total, adressés à la primature – de Daniel Kablan Duncan à Amadou Gon Coulibaly – et qui n’ont aucunement émus les premiers ministres. A la lecture de ces correspondances, il ressort que les recettes collectées dans les guichets déconcentrés à l’intérieur du pays étaient acheminées à Abidjan par des moyens de paiement mobile ! Autre dénonciation, « Des membres du cabinet du ministre de la construction bloquent les dossiers et appellent les usagers pour les rançonner… »

 

 

Le 02 avril 2015, le cabinet du premier ministre accuse réception d’une lettre ouverte du syndicat libre des agents de la Construction (SYLAC).

Enregistrée sous le n° 1458, la correspondance est signée de Ahilé Légué Raphael, ci-devant secrétaire général par intérim du syndicat.

Recours aux moyens de paiement mobile

Le courrier, dont l’objet porte sur la « vente des réserves foncières classées de l’Etat initialement réservées aux projets sociaux, par le ministre Sanogo suite à la prise de son arrêté n°13-0022 du 24 octobre 2013 portant déclassement et morcellement de l’ilot n°117 du lotissement dénommé ‘’Abouabou Djigbo Kamon’’ », dénonce en outre le recours aux moyens de paiement mobile dans l’acheminement des recettes des guichets déconcentrés à Abidjan.

« Quant aux recettes des guichets déconcentrés, elles parviennent à Abidjan par des moyens non conventionnels. Par exemple, Orange money, MTN money, Western union, etc. », écrit le SYLAC au premier ministre Daniel Kablan Duncan.

 

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Avant d’enfoncer le clou en révélant que ; « au ministère de la Construction, il est édicté la pratique de la double comptabilité… on délivre des reçus à main levée c’est-à-dire en manuscrit pour encaisser des sommes d’argent qui ne sont pas reversées dans les caisses, et des reçus informatisés pour la caisse officielle… »

Le chef du gouvernement n’accordera aucun crédit à ces allégations. Encore moins, au courrier de « Rappel » réceptionné par ses services, le 18 mars 2016. « Le SYLAC porte à votre connaissance que depuis la notification de votre circulaire aux ministres, le nôtre n’a jamais respecté le délai indiqué et la loi en la matière (…) le ministère, sans être en conformité avec la loi organique et la circulaire suscitées, continue de percevoir les recettes de 72 actes liés à la propriété foncière puis celles des parts sociales issues des terrains et lotissements… », lit-on en page 2 de cet autre courrier qui restera sans suite également.

 

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Blague de mauvais goût

Le 24 octobre 2019, le premier ministre Amadou Gon qui a succédé à Daniel Kablan Duncan reçoit en ampliation au même titre que le président de la République, un courrier de dénonciation adressé au directeur des Opérations de la Banque mondiale. « Alerte 4 !!!! Dénonciation de la mauvaise gouvernance foncière au ministère de la Construction (des fortes sommes d’argent extorquées aux usagers) ». Ainsi est libellé l’objet du document.

 

« Le SYLAC (Syndicat libre des agents de la construction) et le SYNAMC (Syndicat national des agents du ministère de la construction) dénoncent que des pratiques peu commodes ont cours au cabinet du ministère de la construction.

Des membres du cabinet du ministre de la construction bloquent les dossiers et appellent les usagers pour les rançonner. Le cerveau de cette opération d’extorsion de fonds aux pauvres usagers est le chef de service vérification des actes, en la personne de monsieur Koné. Ces fortes d’argent sont exigées aux usagers pour chaque projet d’ACD (Arrêté de concession définitive) à soumettre à la signature du ministre. Ces montants varient entre 300.000 et 2 000 000 de F CFA… »

En lisant ces lignes, le défunt premier ministre a certainement pensé à une blague de mauvais goût ! Ce qui explique, sans doute l’inaction de ses services sur la question.

 

Y.T

 

 

 

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