LANCEMENT MOUVEMENT MGC : l’intégralité du discours de Simone Gbagbo qui énonce sa vision de la Côte d’Ivoire de demain

Le mouvement Générations Capables a lancé ses activités le samedi dernier avec pour marraine Simone Ehivet Gbagbo qui a dit sa ’’vision’’ de la côte d’Ivoire de demain. Civnewsafrik.net vous propose son discours en intégralité.

 

‘’Je voudrais vous saluer et vous dire merci d’avoir répondu si nombreux à ce grand rendez-vous.

Mesdames et Messieurs, Joignez-vous à moi pour qu’ensemble, nous saluions le Comité d’Organisation ; et à travers lui, toutes les Générations Capables du Mouvement qui est né, ce jour. Je vous prie de vous ovationner pour la Grande Mobilisation que vous venez de réaliser, de réussir.

À présent, je voudrais qu’ensemble, nous puissions observer une bonne minute de silence à la mémoire de nos morts, de tous les morts, arrachés à notre affection du fait des multiples crises politiques qui ont secoué notre pays ces dernières décennies et durant sa jeune histoire. Je pense aussi à notre sœur Mahely Ba, qui fait partie des inspirateurs de notre grand Mouvement.

Faisons en sorte que cette minute de silence puisse être entendue depuis le Palais des sports où nous nous trouvons actuellement.

(Une minute de silence)

Mesdames et Messieurs,

Les Générations Capables nous réunissent ce jour pour fêter ensemble la naissance de leur Mouvement, le MGC.

À cette occasion, leurs responsables m’ont sollicité pour être la marraine de l’enfant qui vient de naître. Ils estiment que ce que je suis, les valeurs qu’ils trouvent en moi et que je défends, constituent une source d’identification pour eux. Ils souhaitent donc en faire le modèle qui servira à éduquer le nouveau-né, à le faire grandir afin qu’il atteigne efficacement ses objectifs.

Chères sœurs, chers frères, cher-e-s jeunes, chers enfants du Mouvement des Générations Capables, Je voudrais vous dire Merci. Sachez que je suis très honorée que vous m’ayez choisie comme marraine de votre Mouvement. J’en suis d’autant plus heureuse que dans le Manifeste de votre mouvement, qui sert de préambule à vos statuts et règlement intérieur, vous exposez clairement vos critères de choix. Ce sont d’une part, la Vision qui fonde mon engagement en politique et d’autre part, l’ensemble des valeurs indispensables à la matérialisation de cette Vision.

Vous me donnez une bonne occasion de rappeler brièvement cette Vision et ces valeurs, aussi bien aux Générations capables qu’à l’ensemble de mes concitoyens, aux populations qui vivent en Côte d’Ivoire et à l’extérieur des frontières de notre pays. Mais avant, je tiens à vous féliciter pour votre noble initiative. En regroupant toutes les Associations (“Ehivet Capable ou Ehivet Gbagbo Capables”, “Femmes crédibles”, “Femmes dynamiques”, “Les enfants de Simone Ehivet Gbagbo”) qui existent à travers le monde, au sein d’un même Mouvement ― le Mouvement des Générations Capables ―, vous avez compris qu’il faut rassembler vos forces pour être dynamiques et performants, pour vous donner ainsi toutes les chances d’atteindre vos objectifs et au-delà, vos finalités.

Je vous encourage à continuer sur cette voie, à rester unis et solidaires. Je ne dis pas qu’être unis et solidaires est facile. Je dis qu’il s’agit d’un effort constant à faire pour transcender les petites querelles et les petites divisions. Ce qui vous rassemble est de loin plus fort et plus important que tout ce qui pourrait vous opposer. Je vous félicite pour votre engagement et surtout pour l’esprit d’unité qui vous habite. Vous m’avez montré votre attachement à l’unité, à l’union. Et nous devons tous suivre votre exemple car l’union, la première des trois valeurs qui constituent notre devise nationale, est fondamentale pour nous tous. Nous ne devons pas oublier d’où nous sommes venus pour former cette Nation ivoirienne en devenir.

 

En effet, avant l’arrivée des colons, nos terres étaient habitées par un nombre important de peuples, d’ethnies, de langues différentes, de cultures diverses, d’organisations politiques distinctes, d’habitudes, de pratiques techniques et scientifiques variées. Ces peuples étaient traversés par des guerres d’occupation des sols, de cohabitation difficile, de volonté d’alliances et d’union. Ils étaient également traversés de mouvements d’immigration de peuples étrangers (exemple : Baoulé du Ghana, Malinké de Guinée, Lobi du Burkina Faso, Bambara du Mali) qui provoquaient des déplacements de populations ou encore l’établissement de nouvelles alliances : les “Tokpè”, les alliances Malinké / Gour, etc. Certains de ces peuples étaient chasseurs, d’autres pécheurs, d’autres agriculteurs.

 

“L’union” devenait donc un défi. Ce défi qui nous attend toujours : celui de devenir, à partir d’un conglomérat d’ethnies diverses, un seul peuple, habité par une seule âme, poursuivant des ambitions et des objectifs communs à tous nos peuples qui constitueront dès lors, une Nation”.

 

À leur arrivée, les européens Portugais, Anglais et Français désorganisent et arrêtent les mouvements locaux. Ils imposent leurs propres structurations sociales et politiques, définissent et installent de nouvelles frontières, créent les pays, déterminent les territoires et obligent, par la force, les différents groupes à la cohabitation et à la coexistence pacifique. Même le nom “Côte d’Ivoire” nous a été imposé par eux. Et nous avons accepté tous ces faits. Et c’est à partir de ces faits, qui pour nous, devenaient de vrais défis, que nous devions bâtir notre nation.

“L’union” devenait donc un défi. Ce défi qui nous attend toujours : celui de devenir, à partir d’un conglomérat d’ethnies diverses, un seul peuple, habité par une seule âme, poursuivant des ambitions et des objectifs communs à tous nos peuples qui constitueront dès lors, une Nation.

 

Mes cher-e-s Filleuls, Mesdames et Messieurs,

Je suis une marraine heureuse et en joie de vous savoir déjà sur le bon chemin ; le chemin qui nous permet de partager avec nos concitoyennes et nos concitoyens des valeurs et une Vision créatrice. Des valeurs et une Vision qui seront notre lanterne commune. Quand je suis sortie de prison, le 08 août 2018, comme un seul homme, des foules d’Ivoiriens et d’Ivoiriennes de toutes les régions, de toutes les religions et de tous les bords politiques, ont accouru chez moi, pour m’exprimer leur compassion et leur solidarité. Dans la chaleur et la ferveur des retrouvailles entre filles et fils du même pays, nous nous sommes parlés, nous nous sommes écoutés et je crois que nous nous sommes entendus, nous nous sommes compris.

À l’issue de ce moment important pour moi et pour la Côte d’Ivoire, j’ai écrit un livre pour fixer à jamais, dans notre histoire collective, ce partage inédit et fécond. J’ai appelé ce livre “Ma sortie de prison, prémices d’une Côte d’Ivoire réconciliée”.

 

Chers Filleuls,

Mesdames et Messieurs,

Je demande à toutes celles et à tous ceux qui n’ont pas encore lu ce livre, de l’acquérir et de le lire.

Je propose ce livre comme une sorte de viatique sur le chemin ardu de la reconquête de l’unité nationale et de la paix.

À tous mes visiteurs, témoins de mes premiers moments de liberté, j’ai tenu inlassablement, avec force et conviction, ce propos que vous trouvez à la quatrième de couverture de mon livre (et je cite) :

“Mes réflexions et ma méditation m’ont amenée à la conclusion que nous devons nous rassembler dans le respect sacré de nos lois, de la démocratie, de la vie humaine et des droits des citoyens. Mais, pour nous rassembler, nous devons nous pardonner mutuellement. Il nous faut accepter de nous remettre ensemble, nous réconcilier. C’est en nous remettant ensemble, dans une réconciliation véritable, conséquence du pardon sincère, que nous sauverons notre Nation. […]”.

 

Mesdames et Messieurs,

Chers Filleuls,

 

La première chose que je vous invite à faire, est de devenir des acteurs zélés et dynamiques du pardon et de la réconciliation dans notre pays.

En effet, par la puissance du pardon, nous obtiendrons la réconciliation et la paix. Dans cette quête de la paix indispensable à la restauration de la Côte d’Ivoire, nous avons l’impérieux devoir de cultiver en nous et autour de nous, les valeurs suivantes :

–              la compétence, poussée jusqu’à l’excellence,

–              la crainte de Dieu,

–              l’amour de soi et du prochain,

–              l’intégrité qui implique la fidélité, la loyauté, la probité et l’honnêteté,

–              l’incorruptibilité,

–              le triptyque “Union-Discipline-Travail”,

–              la rectitude qui englobe la droiture et la justice.

Ces valeurs que j’aurai, sans doute, l’occasion de développer une autre fois, se recoupent. Elles sont les piliers de la Nation ivoirienne que nous ambitionnons de bâtir ensemble.

Si notre pays est à la croisée des chemins, c’est bien parce que ces valeurs cardinales y sont en crise. Si nous voulons sauver notre pays de la division, de l’insécurité, de la violence, du crime, de la pauvreté, de la vie chère, de la corruption, nous devons, ensemble, nous engager à reconquérir ces valeurs. Elles sont le remède pour guérir la Côte d’Ivoire de tous ces maux.

 

Chers Filleuls,

Mesdames et Messieurs,

Je n’oublie pas que la grande aspiration du peuple est de voir notre pays, la Côte d’Ivoire, sortir définitivement de ses contradictions internes.

C’est pourquoi, le socle de valeurs que je viens d’énumérer est indispensable à la réalisation de notre Vision.

Le mot Vision est un mot qu’on utilise beaucoup, que vous entendez beaucoup ces temps-ci. Que signifie-t-il, ce mot ?

La vision, c’est comme le rêve que nous souhaitons voir se réaliser. C’est en quelque sorte la réponse que nous donnerions à Dieu, si nous le rencontrions et qu’il nous demandait, ce que nous voudrions qu’il fît pour nous, pour nos familles et pour notre pays. C’est cela la Vision. La vision, ce n’est pas Simone Ehivet Gbagbo, ce n’est pas non plus, X ou Y. La Vision, c’est ce que nous recherchons du plus profond de nous-mêmes et qui commande toute notre action politique et sociétale.

Quelle est donc cette Vision, notre Vision ?

Générations Capables, chers Filleuls,

Mesdames et Messieurs,

”Cette Nation et ce continent devront être peuplés d’hommes et de femmes, d’enfants, de jeunes et d’adultes pétris de valeurs, compétents, ingénieux et créatifs, intègres, généreux, ouverts et hospitaliers, respectueux de la vie et de la nature, industrieux et travailleurs”.

 

Je réaffirme ici, devant vous, que notre vision d’une Côte d’Ivoire forte et souveraine, d’une Côte d’Ivoire réconciliée, moderne, prospère et ouverte à l’Afrique et au monde ; d’une Nation remplie de justice et d’équité demeure encore aujourd’hui la seule et unique boussole.

Cette Nation prospère et moderne doit s’édifier à l’intérieur d’une Afrique intégrée à tous les niveaux, équipée, traversée par de grandes œuvres énergétiques, portuaires, aéroportuaires, ferroviaires, des réseaux routiers performants.

Cette Nation et ce continent devront être peuplés d’hommes et de femmes, d’enfants, de jeunes et d’adultes pétris de valeurs, compétents, ingénieux et créatifs, intègres, généreux, ouverts et hospitaliers, respectueux de la vie et de la nature, industrieux et travailleurs.

Générations Capables,

Je voudrais, à présent, partager avec vous ma compréhension et ma vision de votre mouvement.

Dans le nom que vous lui avez donné, nous avons un mot essentiel : le mot “Capables”.

Le pagne que porte la plupart d’entre vous et que vous avez rebaptisé “Simone Ehivet Capable” a été choisi justement parce que son nom initial est “Mari Capable”. Ce qui a déterminé ce choix est donc le mot “capable”. Vous avez ainsi décidé de mettre en avant, de valoriser la “Capacité”; d’où le défi que vous vous êtes donnés de devenir des femmes et des hommes capables, à l’image de Madame Simone Ehivet Gbagbo.

 

”Les générations d’hier, celles de nos pères, se sont battues pour nous conquérir notre liberté et notre dignité en tant qu’êtres humains. Bien que cet objectif n’ait pas été entièrement atteint, celles d’aujourd’hui et de demain ont le devoir de gagner le combat de la modernisation de notre pays et de notre continent, c’est-à-dire, de transformer la nature que Dieu nous a donné, en un espace de prospérité”.

 

Et cette capacité s’acquiert par l’ensemble des valeurs que j’ai énumérées et qui vous permettront d’être des êtres transformés ; des femmes et des hommes qui, à leur tour, transformeront qualitativement la Côte d’Ivoire et l’Afrique. Voilà pourquoi nous devons faire du Mouvement des Générations Capables, une grande plateforme où chaque Ivoirienne et chaque Ivoirien doit trouver sa place. Vous devez interpeller et toucher toutes les générations présentes et à venir, de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique.

Les générations d’hier, celles de nos pères, se sont battues pour nous conquérir notre liberté et notre dignité en tant qu’êtres humains. Bien que cet objectif n’ait pas été entièrement atteint, celles d’aujourd’hui et de demain ont le devoir de gagner le combat de la modernisation de notre pays et de notre continent, c’est-à-dire, de transformer la nature que Dieu nous a donné, en un espace de prospérité.

Ce n’est pas une affaire de genre ou de spécialité professionnelle, ce n’est pas non plus une affaire de niveau intellectuel, mais c’est une affaire qui nous concerne tous. Toutes les générations, je dis bien toutes les générations doivent être interpellées et invitées à venir nous rejoindre, à mettre la main à la pâte pour que la Côte d’Ivoire et l’Afrique soient transformées.

Il s’agit de faire clairement le choix d’un changement des mentalités et des comportements pour faire naître la nouvelle Côte d’Ivoire. Une Côte d’Ivoire dont les populations, motivées, en capacité d’apprendre, d’assimiler et de pratiquer les méthodes modernes, saura transformer ses matières premières, son agriculture, son système éducatif, son système de santé et se doter d’industries et d’infrastructures performantes.

Générations Capables,

Organisez-vous, implantez à travers tout le pays et au-delà, les structures de votre Mouvement.

Tenez-vous prêts pour les prochaines étapes de notre action qui vise à concrétiser la Vision.

Allez partout, comme des pèlerins de la bonne cause.

Rassurer nos concitoyennes et nos concitoyens.

Dites-leur que nous sommes, ensemble, la Nouvelle Espérance de la Côte d’Ivoire.

Chers frères et chères sœurs, cher-e-s jeunes,

N’ayez pas peur. Je vous le dis à nouveau avec force : notre pays est promis, il ne faut pas en douter, à un avenir de prospérité ; une prospérité qui sera au service d’une Afrique digne et forte.

Que Dieu vous bénisse !

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !

Je vous remercie”.

 

Simone Ehivet Gbagbo

 

 

La Rédaction

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