SOMMET AFRIQUE-FRANCE : Les jeunes africains réclament un partenariat d’égal à égal; les demi-vérités de Emmanuel Macron

France, vendredi 08 octobre, Montpellier,  28e  sommet, relations France-Afrique, chefs d’Etats africains, 2000 et 3000 participants,  jeunes africains, leur vision,  des relations, l’Afrique et la France,

 

Un sommet dénoncé par des activistes panafricains à l’image de l’artiste sénégalais Didier Awadi.

Le président français, Emmanuel Macron a convié 2.000 jeunes africains à prendre part au Sommet Afrique-France qui s’est tenu le 8 octobre dernier à Montpellier. Ce sommet consacré exclusivement à la jeunesse africaine, a été marqué par l’absence de leurs chefs d’Etat. L’activiste Didier Awadi qui a décliné l’invitation de Macron, estime que ce sommet était juste « du show Télé».

D’emblée, l’invité du Jury du dimanche (Jdd) sur I-radio de ce 10 octobre, a donné les raisons de son absence à ce sommet. « Pourquoi je n’y étais pas ? Ce n’est pas parce qu’on ne m’a pas sollicité mais je considère que je n’avais rien à faire là-bas. Je pense que je n’ai pas l’interlocuteur qu’il faut en face », a-t-il fait savoir.

Pour le panafricaniste, « Dans une messe où tu mets 2.000 personnes, je pense que c’est un show télé. Pour moi la montagne va accoucher d’une souris. Je ne trouve pas ça sincère. J’aurais voulu qu’en un moment qu’il (Macron) vienne nous répondre ici. Ce n’est pas à nous d’aller la bas ».

Il est d’avis que “tout le concept n’était pas sérieux». « Si tu veux parler à la jeunesse africaine, tu ne convoque pas 2.000 personnes. Tout était déjà écrit. Pour moi, c’était un show qui  n’était pas pertinent », a-t-il conclu.

 

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Sur le plan économique : La dépendance financière de l’Afrique vis-à-vis de la France à travers l’aide au développement remise en question.

Selon Ragnimwendé Eldaa Koama venue du Burkina Faso, l’expression l’aide au développement est désormais inappropriée. Car estime-t-elle « Cela fait près d’un siècle que votre aide au développement se balade en Afrique. Ça ne marche pas. Sachez que l’Afrique se développera par elle-même, par le potentiel local et celui de la diaspora et certainement dans l’interdépendance avec les autres nations de la planète, mais surtout à travers des collaborations saines, transparentes, constructives. Il y a des têtes bien faites, il y a des investisseurs aussi en Afrique. Nous innovons déjà en Afrique. Et si ce n’est pas constructif dans cette relation qu’on imagine, on n’en veut pas ». Continuant, elle affirme en outre que l’aide empêche tout développement « l’aide, tant qu’elle n’amène pas à se départir de l’aide, il faut s’en débarrasser, car ce type d’aide rend esclave, ce type d’aide empêche les populations de s’en sortir par elles-mêmes » a-t-elle déclare.

 

Sur le plan politique : Des relations ambiguës et à géométrie variable entre la France et l’Afrique et les demi-vérités de Macron

Sur le terrain politique, la France entretient des relations à géométrie variable dans la mesure où sur la problématique du troisième mandat et des Coups d’Etats, pendant qu’Emmanuel Macron condamne dans certains cas en Guinée et au Mali par exemple, il justifie pour d’autres comme en Côte d’Ivoire et au Tchad.

« Je ne crois jamais avoir été ambigu quand il y’a eu des tripatouillages constitutionnels…Le 3ème mandat en GUINÉE, je l’ai condamné avant, pendant et après les élections. Sur le coup d’état, on a soutenu la position de la CEDEAO », se console E. Macron.

Il faut noter que c’est la toute première fois qu’un sommet Afrique-France se tient sous cette formule, sans chef d’Etat,  et qui a permis aux jeunes africains d’échanger directement avec le Président français sur l’évolution des relations franco-africaines ».

«  Le TCHAD, on est dans une situation différente.  C’est un pays en guerre. La FRANCE reste militairement et on appui la transition guidée par L’UNION AFRICAINE », enchaîne-t-il.

« La CÔTE D’IVOIRE, il y’a un Président (ALASSANE OUATTARA)  qui s’exprime et qui dit qu’il ne fait pas de 3ème mandat. Je salue l’annonce.  Puis le candidat (AMADOU GON COULIBALY) décède. Il a été dans une circonstance exceptionnelle, et il l’a remplacé et n’a pas pu tenir son engagement » se convainc Emmanuel Macron.

« Enfin,  sur le MALI, il y’a un COUP D’ÉTAT militaire que l’on condamne. On a ensuite accompagné la CEDEAO », ass-le le président français.

 

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Réactions des jeunes africains

Aliou Bah, Guinée : “Nous n’avons pas la même perception de ce qu’on appelle ‘régime démocratique”

Cheikh Fall, Sénégal : “Arrêtez de renforcer le pouvoir des dictateurs africains”

Adam Dicko, Mali : “Sans les Africains, il n’y aurait pas eu de France”

“Monsieur le Président, vous dites tout le temps que sans l’intervention de la France, il n’y aurait pas de gouvernement au Mali. Sachez bien que sans l’Afrique, la France n’existerait pas. Nous sommes liés par l’histoire et vous devez cesser de faire croire que vous voulez aider les Africains. Nous devons plutôt parler de partenariat. L’Afrique n’est pas un continent de misère ou de chômage, mais un continent jeune, optimiste, enthousiaste”, assène-t-elle.

Sur la question de l’intervention française au Mali, elle dit : “la présence de la France au Sahel est la conséquence de l’intervention de la France en Libye qui à l’époque a ignoré l’Union africaine” a rappelé Adam Dicko à Emmanuel Macron.

 

HG

 

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