PRISONNIERS MILITAIRES : le gouvernement à Gbagbo : « S’il sent qu’il a une quelconque responsabilité, qu’il facilite le travail de la justice en allant se rendre »

Moins de dix jours après la sortie de l’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo qui exprimait son incompréhension sur le maintien en prison des militaires arrêtés à l’occasion de la crise post-électorale de 2010-2011, le gouvernement ivoirien a tenu à lui donner une réplique ce mercredi 01 décembre au cours  du point de presse après le conseil des ministres.

 

Le lundi 22 novembre dernier, au cours du premier secrétariat général du PPA-CI Parti des peuples africaine- Côte d’Ivoire, le tout nouveau parti qu’il a fondé en octobre dernier, l’ancien Président Laurent Gbagbo avait exprimé son incompréhension sur la détention prolongée en prison de certains ex FDS arrêtés à l’occasion de la crise post-électorale de 2010-2011.

En effet, Laurent Gbagbo indiquait qu’un soldat n’est qu’un exécutant de l’ordre que lui donne sa hiérarchie, le politique et donc le civil. Alors, selon lui, si le civil qui est le donneur d’ordre est blanchi et libéré des faits de crime dont on l’accusait, pourquoi maintenir encore en prison le militaire qui n’est qu’un exécutant ? « Je ne sais pas pourquoi des militaires sont encore en prison. Le militaire exécute l’ordre qu’il reçoit du civil qui est son Chef » avait-il expliqué.

 

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Neuf jours après cette sortie de Laurent Gbagbo, le gouvernement qui semble ne pas être sur la même longueur d’onde que l’ex chef de l’Etat, lui a opposé cette réplique par l’entremise de son porte-parole, le ministre Amadou Coulibaly, dont voici la teneur :

« En ce qui concerne les militaires, il faut rappeler qu’ils sont poursuivis pour des crimes de sang, assassinats, meurtres, enlèvements, soustractions de cadavres. Ceci étant, si tant il est que ses nuits (NDLR : Laurent Gbagbo) sont troublées, il peut faciliter le travail de la justice en se rendant lui-même à la justice et en avouant, en reconnaissant sa responsabilité. Ça, ce serait un comportement de Woody. Mais il n’est pas bien de vouloir exploiter l’émotion et la naïveté de ses partisans pour blanchir sa conscience. C’est moralement malsain. Les faits sont là, ils sont poursuivis pour des crimes de sang. S’il sent qu’il a une quelconque responsabilité, qu’il facilite le travail de la justice en allant se rendre. (…) En matière pénale, et M Gbagbo doit le savoir, lui qui a une batterie d’avocats internationaux avec lui, la responsabilité est personnelle. Ces individus sont poursuivis pour des crimes qu’ils ont commis eux-mêmes. M Gbagbo doit également savoir qu’en matière pénale, l’aveu est la reine des preuves. Est-ce que la récurrence de cette interrogation est une forme d’aveu ? M Gbagbo est-il en train de nous dire que c’est lui qui a donné les instructions ? Si tel est le cas, cela pourrait intéresser la justice parce qu’il ouvre la voie à une autre procédure à partir du moment où l’aveu est la reine des preuves » a déclaré le porte-parole du gouvernement.

 

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Au regard de cette posture ferme, empreinte de l’ivresse du pouvoir du gouvernement, les ivoiriens qui ne demandent qu’un climat d’apaisement et de cohésion nationale sont en droit de s’interroger si la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire est pour demain.

Car Si on peut donner une telle réponse teintée de mépris et de manque de considération à un ex Président qui ne demande que des actes forts allant dans le sens de la réconciliation, le dialogue politique chanté à longueur de journée a-t-il encore un sens ?

HG

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