MALI : après sa victoire à la CEDEAO, la France se casse les dents à l’ONU; la dégringolade a-t-elle déjà commencé ?

Après les Chefs d’Etats et de gouvernement de la CEDEAO qui ont condamné le Mali à Accra, au Ghana, la France avait pris le relais au Conseil de Sécurité de l’ONU, les 10 et 11 janvier pour enfoncer le clou. Mais mal lui en a pris. Vu que l’Etat colon a essuyé un échec cuisant à lui infligé par la chine et la Russie qui opposé une fin de non-recevoir à la volonté française de faire valider ‘’ses sanctions’’ à une balle au niveau de l’ONU.  

 

En effet, les Chefs d’Etats et de gouvernements de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), sous la dictée de la France, croyaient posséder une victoire définitive. Leurs obligés riaient déjà à gorge déployée tant ils se disaient que rien de bon ne peut venir de la Galilée pour saborder leur joie.

Malheureusement pour les ‘’pétainistes’’, ennemis de l’indépendance vraie de l’Afrique débout ; et Heureusement pour le Mali d’où est parti le Rassemblement Démocratique Africain (RDA), plateforme africaine utilisée par les pères des indépendances africaines pour s’adjuger la ‘’colonisation contrôlée’’  par la France de De Gaulle, la roue du montage haineux enrobée par le troisième mandat anticonstitutionnel a commencé à tourner à l’envers. L’effet boomerang est-t-il déjà  enclenché ?

Pour sûr, le puzzle français concocté par les présidents  francophones de l’UEMOA, et adoubé par leurs pairs de la CEDEAO, tous au garde-à-vous, a commencé à tourner à l’envers. Est pris qui croyait prendre, pourrait-on dire. Une fois de plus, c’est l’Afrique qui va payer cash ce manque de solidarité des dirigeants de la CEDEAO au Mali.

Les sanctions économiques et diplomatiques prises par la Cedeao contre le Mali et ses autorités le 09 janvier dernier et les mesures de réciprocité appliquées par les militaires maliens au pouvoir risquent d’impacter durement les économies des pays de la Sous-région. Et les signes avant-coureur de l’effet boomerang de cette déflagration sont en train de se mettre en place pour la France.

Les compagnies aériennes de la CEDEAO sont interdites au Mali. Tout comme les avions de Air France, en dehors de ceux des avions de l’axe Paris-Bamako-Paris.

« Nonobstant la décision de fermeture des frontières aériennes entre le Mali et les pays membres de la CEDEAO, annoncée lors du sommet extraordinaire des chefs d’Etats de la CEDEAO, le 9 janvier 2022, je vous informe que les vols des compagnies non CEDEAO continueront à desservir les aéroports du Mali.

Cependant, quelques perturbations pourront être observées pour ces compagnies aériennes qui passent par les pays de la CEDEAO pour des raisons techniques d’organisation des routes aériennes. C’est le cas des vols d’Air France d’aujourd’hui.

Je vous assure que toutes les dispositions sont prises pour traiter les passagers et les aéronefs conformément aux instructions des plus hautes autorités.

Je vous invite à ne pas céder aux tentatives de désinformation qui n’ont d’autres buts que de saper l’esprit des populations et de ternir l’image de notre pays.

Je répète encore que les vols d’Air France à destination du Mali ne sont pas suspendus, surtout les vols sur l’axe Paris-Bamako-Paris’’, a souligné le 10 janvier le directeur des aéroports du Mali.

 

La France se noie à l’ONU face à la Chine et à la Russie

“Faisons preuve du respect nécessaire pour nos collègues maliens. Appuyons leurs efforts compréhensibles visant à rétablir l’ordre dans leur pays et les partenaires les plus adéquats pour cela”, a déclaré l’ambassadeur russe adjoint à l’ONU, Dmitry Polyanskyi, lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur l’Afrique de l’Ouest et le Sahel le 10 janvier. “Bien sûr, nous voudrions que les délais pour les élections ne soient pas reportés. Mais nous comprenons les difficultés auxquelles se heurtent les autorités maliennes pour la préparation des élections. Sans retour de l’autorité de l’Etat dans plusieurs régions du pays, on ne pourra pas considérer comme fiables les résultats de scrutins”, a averti le diplomate russe. Evoquant les sanctions décidées contre la junte militaire malienne (fermeture de frontières, mesures économiques…), l’ambassadeur français à l’ONU, Nicolas de Rivière, a souligné pour sa part “le plein soutien (de la France) aux efforts de la Cédéao”.

 

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Les autorités maliennes, “une fois encore”, n’ont “pas respecté les exigences de la Cédéao et leurs propres engagements” à l’égard d’un retour rapide à un processus démocratique au Mali, a-t-il précisé. Au nom des Etats-Unis, l’ambassadeur Richard Mills s’est borné à indiquer que son pays avait “pris note” des décisions de la CEDEAO, “en cours d’examen” à Washington. “Nous sommes profondément préoccupés par l’absence de progrès au Mali” et “exhortons les autorités de transition maliennes à revenir à la démocratie en temps opportun”, a-t-il ajouté. Emissaire de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif, a “félicité la CEDEAO pour son engagement actif au sujet des crises au Mali et en Guinée”, deux pays désormais sous la coupe de militaires. “La résurgence des coups d’État, notamment en Afrique de l’Ouest, sont souvent la conséquence de pratiques politiques en total décalage des aspirations des populations”, a-t-il estimé, en appelant “à un retour à l’ordre constitutionnel dans les plus brefs délais” dans les pays concernés. Le mardi 11 janvier, lors de la réunion au Conseil de sécurité de l’ONU sur le Mali, la France a pris une douche froide face à la Russie et la Chine qui ont opposé un ‘’NON’’ catégorique à la velléité  française de sanctionner, comme  ses envoyés de la  CEDEAO le Mali’’

Le ver de l’échec est dans le fruit de la CEDEAO. C’est que le 10 janvier la Guinée Conakry a accordé son soutien sans faille à la république sœur du Mali

‘’Le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) de la Guinée, rappelle que le communiqué de la conférence de la CEDEAO, en date du 08 septembre 2021 a consacré la suspension de la République de Guinée de toutes les instances de l’institution sous-régionale.

Le CNRD tient à informer l’opinion nationale et internationale que la République de Guinée n’a cependant, en aucune façon, été associée à la décision du quatrième sommet extraordinaire des Chefs d’État de la CEDEAO, en date du 09 janvier 2022, relative aux sanctions prises contre la République sœur du Mali.

En conséquence, le CNRD réaffirme que les frontières aériennes, terrestres et maritimes de la République de Guinée restent toujours ouvertes à tous les pays frères, conformément à sa vision panafricaniste.

La République de Guinée réitère sa volonté de respecter et d’appliquer les conventions, accords et traités bi et multilatéraux auxquels elle est partie.

 

Quid de l’intervention militaire utopique au Mali ?

La CEDEAO peut-elle raisonnablement déployer sa force en attente (ECOMOG) avec succès au Mali ? Il faut en douter. Ce n’est ni l’armée Nigériane qui a Boko Haram sous son flanc qui va déserter ses positionner pour venir combattre le peuple malien. L’armée ivoirienne devrait réfléchir par quatre fois avant de s’aventurer au Mali dans le contexte actuel si elle ne veut pas prendre le risque de s’exposer et exposer son chef suprême.

Le Burkina Faso risque elle-même d’être envahi par les djihadistes qui, face à la traque des russes qui ont commencé à les éliminer, vont se déverser sur le terrain Burkina qu’ils connaissent et où ils ne seront pas confrontés à une telle adversité. Déjà apeuré, le Burkina Faso  a commencé à crier aux loups. Huit militaires dont le lieutenant-colonel Emmanuel Zongrana sont arrêtés dans un projet de déstabilisation contre le Président Roch Kaboré, celui qui a lu les sanctions de l’UEMOA, devenues celles de la CEDEAO, contre le Mali.

 

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Si par extraordinaire,  cette force ECOMOG  en attente est constituée, comment rejoindra-t-elle Bamoko et ses environs ? Vu que le Chef de l’Etat, le colonel Assimi Goïta et ses frères militaires au pouvoir à Bamako, ont déjà annoncé les couleurs en interdisant le survol du territoire malien sans l’autorisation des Forces Armées Maliennes (FAMA) aux côtés de qui travaillent les Russes avec leur système de défense S 400 qui a humilié la France de Hollande. Laquelle France s’est limitée à une déclaration de guerre sans oser déployer son armée en Syrie, là où les forces américaines de Barak Obama ont préféré rebrousser chemin  face au S 400.

C’est peu dire que les Russes ne sont pas au Mali sans leur système S 400. Et gare au premier gaou…Pas même la France.    Encore que l’Algérie, en bisbille avec la France, joue sa vengeance avec le Mali à ses côtés sur leur frontière commune. En vérité, c’est maintenant que tout commence/

‘’Je vous demande de rester calmes et sereins car nous avons fait le choix d’être sincères afin de prendre notre destin en main en forgeant notre propre voie. La CEDEAO et l’UEMOA se sont assumées, nous en ferons autant’’, avait déclaré le Colonel Assimi Goita  face au peuple malien le 10 janvier 2022.

 

A.Y 

 

 

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