DIALOGUE POLITIQUE IVOIRIEN : ces sujets qui crispent les positions et posent la question de la sincérité

Le dialogue politique entre le pouvoir RHDP et l’opposition ivoirienne qui a repris le lundi 14 février dernier se heurte à des sujets sensibles pourtant incontournables dans la recherche d’une solution définitive aux différentes crises politiques qu’a connues la Côte d’Ivoire.

 

Initié par le pouvoir du Président Alassane Ouattara, président du Rassemblement des Houphouétistes pour La Démocratie et la Paix, (RHDP), le dialogue politique est un cadre d’échange qui réunit le pouvoir,  les différents partis et groupements politiques de l’opposition, et les associations de la Société civile. Objectif : trouver des solutions durables aux différentes crises politiques qui secouent la Côte d’Ivoire depuis plus de 30 ans.

Débuté officiellement le 16 décembre 2021, la 5e phase du dialogue politique a connu plusieurs épisodes marqués parfois par des interruptions volontaires dues aux divergences entre les parties en présence en l’occurrence le parti au pouvoir, le RHDP et les différents partis d’opposition que le PDCI-RDA, le PPA-CI, l’UDPCI, le FPI, etc…

En effet, alors que les différentes parties feignent d’afficher leurs bonnes volontés à la reprise des discussions le lundi 14 février dernier, les positions restent pour le moins crispées sur les sujets qui fâchent.

A ce niveau, l’opposition ivoirienne a déposé sur la table des discussions plusieurs revendications qui, visiblement dérangent le gouvernement. Il s’agit notamment des cas de Charles Blé Goudé acquitté pour les charges de ‘’crime contre l’humanité’’ en mars 2021 et qui est toujours en attente d’un passeport pour rentrer au pays ;  et celui de Guillaume Soro, ancien Président de l’Assemblée Nationale qui est actuellement en exil, et qui est quant à lui condamné  par contumace à une peine de 20 ans par la justice ivoirienne depuis avril 2020 pour « recel et détournement de deniers publics » et « blanchiment de capitaux ».

 

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“Je n’accepterai pas qu’on appelle M. Charles Blé Goudé ministre, car il n’a jamais été ministre dans un gouvernement légal (…) Ceux qui sont assis à cette table oublient que nous aussi nous avons été exilés et que personne n’a rien fait pour notre retour (…) Il faut que les mots soient pesés et bien utilisés ici en notre présence, car nous représentons les institutions de l’État et nous n’admettrons pas que quelqu’un parle avec ce genre de mot ici en notre présence sinon ce dialogue prendra fin aussitôt”, a soutenu le ministre de la Communication, des Médias et de la Francophonie, Amadou Coulibaly, par ailleurs porte-parole du gouvernement.

Concernant les prisonniers militaires et politiques, le parole-parole du gouvernement reste plus que ferme : “je n’accepterai pas qu’on parle ici de prisonniers politiques, car il n’y a pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire”, a soutenu le porte-parole du gouvernement dont les propos sont rapportés par Max Henri Diaye, le secrétaire général de l’URD (Union républicaine pour la démocratie).

En plus des cas des deux personnalités, il y a la question des prisonniers politiques et militaires qui croupissent dans les geôles en Côte d’Ivoire. Certains depuis la crise post-électorale de 2010-2011 et d’autres depuis la crise électorale de 2020.

Malheureusement, face à toutes ces revendications de l’opposition, le pouvoir Ouattara refuse de faire des concessions. Ces sujets sont d’ailleurs perçus par le RHDP au pouvoir comme très sensibles. Par ailleurs, le pouvoir refuse toujours de reconnaître l’existence de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire. Pour les cas Charles Blé Goudé et Guillaume Soro, le gouvernement a préféré évoqué les aspects administratifs et judiciaires pour les deux cas respectifs.

Pour rappel, l’opposition avait souhaité un passeport dans de meilleurs délais afin de permettre à Charles Blé Goudé, président du COJEP de rentrer au pays ainsi qu’un décret du Chef de l’Etat pour accorder une amnistie à Guillaume Soro pour qu’il puisse également rentrer au Pays. Cependant, le pouvoir préfère jouer la sourde oreille.

Alors, face à de telles attitudes, peut-on vraiment croire en la sincérité du pouvoir RHDP, Si déjà le gouvernement choisi d’éviter soigneusement certains sujets qui sont pourtant indispensables à une réconciliation vraie et durable ?

HG

 

 

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