SECTEUR MINIER : ” Les entreprises exploitantes et les sous-traitants doivent employer en priorité des ivoiriens pour les nécessités de leurs opérations”

La perception de l’approvisionnement local par les communautés minières de Bouaflé, a été de tout temps, l’objet d’interminables  tensions.

 

C’est pour cette raison que l’ONG Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP) Côte d’Ivoire, a mené  une enquête sur  différents aspects des communautés minières qui se sentent à tort ou à raison spoliées par les entreprises minières, exerçant dans leur localité à l’effet de juguler les conflits récurrents entre eux. Le cas de Bouaflé en est un exemple patent.  Que cache l’expression “approvisionnement local” ? Comme élément de réponse, c’est l’ensemble des biens et services dont une entreprise a besoin pour son fonctionnement dans une localité, a souligné Dr. Michel YÉBOUÉ, Coordonnateur national de l’O.N.G PCQVP qui s’est voulu plus concis en invoquant les textes réglementaires nationaux et internationaux, dans son exposé :

 

“En fait, l’embauche locale est une des premières revendications des communautés. Sachez que nous nous basons sur des règles édictées par l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), qui coordonne les activités des multinationales dans le monde. Elle dit ceci: les entreprises devraient dans la mesure du possible employer le personnel local et assurer leur  formation  en vue d’améliorer leur niveau de qualification. Et de poursuivre : ” En ce qui concerne le code minier communautaire  de l’UEMOA, en  article 16, les pays ouest africains membres garantissent aux exploitants miniers, à leur fournisseurs et à leurs sous-traitants le libre choix de la politique de gestion de leurs ressources humaines. Toutefois, en cas de recrutement, la préférence doit être accordée à qualification égale aux résidents de l’Afrique de l’ouest…On dit bien aux résidents de l’Afrique de l’ouest. Quant au code minier ivoirien, l’article 134 stipule que, le titulaire d’un titre ou le bénéficiaire d’une autorisation d’exploitation ainsi que ses sous-traitants doivent employer en priorité du personnel de nationalité ivoirienne pour les nécessités de leurs opérations.”

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Pour dire qu’il y existe des critères d’embauches dans les entreprises minières. Il faut être qualifié dans un domaine précis pour prétendre à un emploi décent. On ne se lève donc pas ,un beau matin, et prétendre obtenir un emploi dans une entreprise minière . Voici en substance, l’une des sources de conflits entre les entreprises minières et les populations autochtones qui ne sont pas informées sur les textes régissant ce secteur. Ou bien la communication n’est-elle pas suffisante  entre les différentes parties. En outre, certaines revendications sont relatives à la nourriture. Ainsi, les populations quant à elles, se demandent pourquoi les employés non originaires  desdites localités  ne consomment pas les denrées disponibles sur place. Ici, la loi n’a jamais dit de consommer local mais plutôt d’embaucher les populations résidentes, ivoiriens comme ceux de l’Afrique de l’ouest, lesquels candidats à l’emploi minier , malheureusement, pas qualifiés. C’est pourquoi une politique de formation doit être mise en œuvre systématiquement par les sociétés minières comme l’exige tous les textes suscités.

 

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Selon les résultats de l’enquête effectuée par monsieur Fabrice ZOHORE, Chargé d’études à l’ONG PCQVP, les populations dans leur grande majorité méconnaissent les droits et devoirs des entreprises minières installées dans leur localité. D’où les interminables malentendus entre les deux entités . Que faut-il faire dans une telle situation? C’est de trouver plusieurs canaux de communication à savoir, de bouche à oreille comme le fait déjà la société minière Perseus Mining implantée à Bouaflé, dans la localité d’Angovia et qui,  selon ses représentants à l’atelier, font plus que ce que disent les textes en la matière. “Même un programme d’alphabétisation est prévu pour donner l’instruction à certaines personnes susceptibles d’être embauchées mais qui malheureusement ne savent ni lire ni écrire” , a souligné un des représentants de Perseus Mining.

Pour rappe, l’OCDE qui est une organisation internationale basée en France, œuvre pour la mise en place de politiques meilleures pour une vie meilleure. Son objectif est de promouvoir des politiques publiques qui favorisent la prospérité, l’égalité des chances et le bien-être pour tous, selon son site officiel.

Il faut noter que cet atelier de restitution des résultats de l’approvisionnement local minier dans la localité de Bouaflé, a été organisé le jeudi 12 mai 2022 à la salle de conférence de la préfecture de Bouaflé.

 

Oumeakov YAO

 

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