PROTEINES ANIMALE ET HALIEUTIQUE : « réussir le pari de création de richesses, d’emplois décents, pour une alimentation saine, nutritive et suffisante.. », Sidi Touré

Le Ministre des Ressources Animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré était l’invité du déjeuner de presse organisé par l’Union nationale des journalistes de de Côte d’Ivoire, (UNJCI)  sur le thème ‘’ l’autosuffisance en protéines animales et halieutiques face aux défis de l’employabilité de la jeunesse’’ d’où il a dévoilé les actions menées par le gouvernementales dans ce sens.

 

S’autosuffire en protéine animale et halieutique et en faire une source d’emploi durable pour la jeunesse est le défi auquel l’Etat de Côte d’Ivoire doit faire face dans les quatre (4) prochaines années.

A cet effet, le Ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture et des Ressources halieutiques était face à l’UNJCI qui a organisé un déjeuner de presse pour décliner les grandes lignes des actions gouvernementales pour aboutir à un résultat satisfaisant.

 

Ci-dessous, l’intégralité de son intervention face à la presse :    

   

“Mesdames et Messieurs les Directeurs Généraux de l’Administration Publique,

Mesdames et Messieurs les Représentants du Secteur Privé et de la Société Civile,
M. le Président de l’UNJCI,
Mesdames et Messieurs les Directeurs de Publication, et Rédacteurs en Chef,
Chers amis de la Presse,
Les médias jouent un rôle important dans la construction et la consolidation de la démocratie dans le monde. Ce rôle s’en trouve malheureusement très souvent, dans nos jeunes États, en proie au quotidien à divers défis.
C’est pourquoi, à l’entame de mon propos, je voudrais saluer l’engagement des femmes et des hommes de médias de Côte d’Ivoire qui, en dépit des difficultés qui sont les leurs, accompagnent, souvent au prix de leurs vies, la construction de notre jeune Nation. Soyez-en remercié !
La Côte d’Ivoire, nous le savons tous, abrite une Zone Economique Exclusive (ZEE) de 200 nautiques (environ 400 km) comprenant des exploitations offshores, des zones de pêche, une magnifique et riche façade maritime de 566 km, un plateau continental traversé par un réseau d’eaux de surface constitué par 4 grands fleuves, des lagunes, des lacs et des rivières.
Avec une population estimée à 26 millions d’habitants en 2019, la Côte d’Ivoire est, à ce jour, tributaire des importations massives de denrées animales et d’origine animale, malgré l’important potentiel dont elle dispose en termes de ressources naturelles et de compétences humaines, ce qui engendre des sorties de devises évaluées à plus de 400 milliards de FCFA par an.
Le rêve pour le secteur de l’élevage, des pêches et de l’aquaculture est d’atteindre la souveraineté alimentaire en produits animaux et halieutiques. Cette option est d’autant plus que justifiée par l’expérience de la COVID-19 qui a conduit la plupart des pays du monde à ne compter que sur leurs capacités de production nationale, pendant que les frontières étaient fermées et les échanges commerciaux observaient des tendances baissières. L’économie ivoirienne, vous en conviendrez avec moi, est essentiellement basée sur l’agriculture avec des performances remarquables en production végétale (cacao, café, ananas, bananes, anacarde, coton, sucre, cultures vivrières, etc.).

 

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Au niveau macroéconomique, la contribution du secteur des ressources animales et halieutiques aux PIB national et agricole, demeure faible, environ 4,5% pour le PIB agricole et 2% pour le PIB total (INS, 2016). Le volume des investissements publics consacrés au secteur des ressources animales et halieutiques n’a pas excédé 16 milliards de francs CFA sur les trois dernières années, soit moins de 0.3 % du budget annuel national, alors que les États Africains se sont engagés à renforcer le financement des investissements Publiques Agricoles à hauteur de 10% à travers la déclaration de Malabo de juin 2014.
Mesdames et messieurs, vaillants hommes et femmes du monde des Médias
Le rôle du secteur des ressources animales et halieutiques dans la lutte contre la pauvreté et la faim n’est plus à démontrer. Le potentiel productif du capital animal et halieutique intervient directement dans le processus de transformation socio-économique et entre dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. Je suis heureux du thème de ce petit déjeuner de presse.
« L’AUTOSUFFISANCE EN PROTEINES ANIMALES ET HALIEUTIQUES DE QUALITE FACE AUX DEFIS DE L’EMPLOYABILITE DE LA JEUNESSE? »
En effet, la production animale, la pêche et l’aquaculture, en tant qu’activités génératrices de revenus, s’inscrivent dans la même dynamique, de sortir ou d’éviter que des hommes et des femmes s’enlisent dans le cycle vicieux de la paupérisation par la création d’emplois décents et durable.
Cela se traduira par l’allègement de la pénibilité du travail, la réduction du coût des facteurs de production pour une meilleure rentabilité toute chose à même t’attiré les jeunes dans les différents chaine de valeur du secteur.
La vision de développement pour le secteur des ressources animales et halieutiques que nous soutenons est une prospérité portée par des systèmes de production attractifs, tournés vers le marché, respectueux de l’environnement et de la biodiversité. Cette vision est basée sur des systèmes de production modernes, fortement centrée sur la promotion de Petites et Moyennes Exploitations (PME) de production animale, de pêche et d’aquaculture.
Cette nouvelle approche du développement du secteur des ressources animales et halieutiques requiert une implication plus importante du secteur privé dans un environnement des affaires assaini et propice à l’investissement. Des résultats encourageants ont été obtenus après la mise en oeuvre des politiques antérieures, visant l’amélioration de la productivité et de la compétitivité des filières animales et halieutiques. (Je fais référence au Plan Stratégique de Développement de l’Elevage, de la Pêche et de l’Aquaculture PSDEPA 2014-2020). Ce document politique visait à faire du secteur des ressources animales et halieutiques une source de croissance durable et de création d’emplois, afin de contribuer à la réduction de l’extrême pauvreté en Côte d’Ivoire. Le bilan diagnostique de la mise en œuvre a montré des performances mais des faiblesses par endroit. D’autres actions restent à mener pour garantir des revenus convenables aux acteurs et réduire de façon significative le taux de dépendance du pays en protéines animales et halieutiques.

C’est pourquoi, notre Département Ministériel a entrepris avec le concours de tous les acteurs concernés, d’élaborer de nouvelles stratégies faisant référence à une politique hardie de respect de la biodiversité, dénommée la Politique Nationale de Développement de l’Elevage, de la Pêche et de l’Aquaculture (PONADEPA 2022-2026).
Cette politique est l’expression de la volonté du gouvernement de faire de ce secteur une source de croissance économique à l’horizon 2026. Elle s’articule autour de cinq (05) grandes stratégies :
– la Stratégie nationale de Promotion et de Coordination des initiatives en matière de ressources animales et halieutiques (SNPC) ;
– la Stratégie Nationale de développement des Productions Animales (SNPA) ;
-la Stratégie Nationale de Gestion durable des Pêches (SNGP) ;
– la Stratégie Nationale de Développement de l’Aquaculture (SNDA) ;
– la Stratégie Nationale de Renforcement de la Santé Publique Vétérinaire (SNRSPV).
Ainsi notre ambition est de réussir le pari : « d’un secteur des ressources animales et halieutiques, source de création de richesses, d’emplois décents, pour une alimentation saine, nutritive et suffisante, respectueuse de l’environnement et de la biodiversité ».
Tout cela permettra d’atteindre une nette amélioration de la production nationale dans les différentes filières du secteur.

Cette production représentera plus de 65 % des besoins de consommation des populations en produits animaux et halieutiques en 2026 contre 26,7% en 2019. Ce qui réduira substantiellement les importations en produits animaux et halieutiques et la sortie de devise de plus de 400 milliards de FCFA. – la création de plus de 700 000 emplois directs et 1 500 000 emplois indirects.
Mesdames et messieurs
La mise en oeuvre de cette nouvelle Politique nationale s’attachera à réaliser les investissements importants attendus pour un progrès significatif, à savoir : la réhabilitation des infrastructures ; la structuration des filières animales et halieutiques ; la veille sanitaire et la protection du cheptel contre les épizooties et les zoonoses ; et le renforcement de la gouvernance pour attirer et sécuriser les investissements privés. Pour les cinq (5) années à venir, la PONADEPA (2022-2026) mettra un accent particulier sur la bonne gouvernance, notamment, la modernisation et le renforcement du cadre institutionnel et réglementaire. Toute chose qui permettra de lever toutes les entraves qui handicapent le développement durable en impliquant davantage le secteur privé. Il s’agira d’exploiter, dans le cadre de Partenariats Public-Privé (PPP), tout le potentiel en termes de création de richesses et d’emplois. Les opportunités devront être accessibles à toutes les couches sociales.

Je vous remercie pour votre attention”

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