TCHAD/ CONTRE LA TRANSITION : l’armée réprime dans le sang, 50 morts, des centaines de blessés et de nombreux dégâts matériels ; un couvre-feu instauré


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De violents heurts ont opposé ce jeudi 20 octobre, à Ndjamena, les forces de l’ordre et manifestants opposés à la prolongation de la transition. Bilan : 50 morts, plus de 300 blessés et de nombreux dégâts matériels.

 

La transition politique tchadienne entamée en avril 2021, après la mort du maréchal Idriss Deby, dans une contre-offensive de l’armée contre les rebelles du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT), était supposée prendre fin ce 20  Octobre.  Malheureusement, le samedi 8 octobre dernier, le Dialogue national inclusif et souverain, offre  au Général Mahamat Idriss Déby Itno, de se maintenir au pouvoir pour 24 mois supplémentaires. Ce que conteste l’opposition politique tchadienne.

En appelant donc la population Tchadienne à manifester contre ce qu’elle qualifie de « braquage du pouvoir politique » cautionné par la France de Emmanuel Macron, l’opposition tchadienne voulait certainement faire entendre raison au pouvoir tchadien et à ses soutiens français. Mauvaise idée sous les tropiques.

En effet,  sortie  massivement ce jeudi matin dans les rues de N’Djamena pour dire son opposition à la prolongation de la transition, les populations se sont retrouvées nez à nez avec les forces de police qui les ont réprimées dans le sang. Bilan des affrontements : 50 morts dont le journaliste à la Radio CEFOD, Oredje Narcisse,  et l’artiste engagé  RAY’S KIM, figure emblématique de la musique engagée au Tchad ; près de 300 blessés et de nombreux dégâts matériels.

 

 

Des manifestants ont vandalisé et mis le feu à l’hôtel Persévérance… Le siège du parti du premier ministre, Saleh Kebzabo, l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), a été pris pour cible par les manifestants et « en partie incendié », a indiqué à l’AFP le vice-président du parti, Célestin Topona.

Les forces de police tireraient sur des Ambulances au sein des hôpitaux « pour installer la dynastie que notre Peuple rejette de façon claire et nette », dénonce un manifestant. Les femmes tchadiennes, donneuses de vie,  se mettent nues pour dresser leurs corps comme des barrières pour dire « NON » aux tueries. L’opposant Succès Masra est depuis le début de la manifestation porté disparu. Il est injoignable sur tous ses téléphones.

 

Le gouvernement instaure un couvre-feu

Réagissant  à cette situation difficile pour le pays, Saleh Kebzabo, un ex-opposant historique qui a rallié le clan du pouvoir à la mort du père Deby, il y a 18 mois, et  devenu Premier ministre du gouvernement depuis seulement le 14 octobre dernier, a indiqué que les manifestations du jour ont fait à travers le pays une « cinquantaine de morts» à N’Djamena, à Moundou, à Doba et à Koumra.

Pour endiguer ces manifestations et préserver des vies, il a annoncé la « suspension des  activités »  des partis d’opposition et de la société civile. Le tout chapeauté par un couvre-feu de 18 heures à 6 heures du matin.  Lequel durera jusqu’au « rétablissement total de l’ordre ».  Le gouvernement « fera régner l’ordre sur l’ensemble du territoire et ne tolérera plus aucune dérive d’où qu’elles viennent », a-t-il martelé à sa conférence de presse.

 

Réactions  de l’Union Africaine, des Nations-Unies, la France,

Le tchadien Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine (UA), a « condamné fermement » la répression des manifestations. Non sans  appeler « les parties au respect des vies humaines et des biens », et à « privilégier les voies pacifiques pour surmonter la crise », a-t-il réagi sur Twitter.

Tout en déplorant les violences, les Nations unies ont demandé une enquête sur ces décès. « Nous déplorons le recours à la force meurtrière contre les manifestants au Tchad. Les autorités de transition doivent garantir la sécurité et la protection des droits de l’Homme, y compris la liberté d’expression et de réunion pacifique. Les violations signalées doivent faire l’objet d’une enquête », a indiqué dans un tweet le Haut-Commissariat des droits de l’Homme de l’ONU.

La France, par la voix du ministère des affaires étrangères, a « condamné » les « violences, avec notamment l’utilisation d’armes létales contre les manifestants », a souligné le Quai d’Orsay, affirmant que Paris ne joue « aucun rôle dans ces événements ». Et pourtant, la France

 

A.Y

 

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