CACAO/WCF : Abidjan et Accra boycottent le lobby des multinationales, le géant américain, Mondelez, réagit et met 600 millions USD sur la table


Deprecated: sanitize_url est obsolète depuis la version 2.8.0 ! Utilisez esc_url_raw() à la place. in /htdocs/wp-includes/functions.php on line 5211

Les deux grands producteurs mondiaux de cacao, la Côte d’Ivoire et le Ghana, ont boycotté la réunion de World Cocoa Foundation (WCF)  qui eu lieu les 26 et 27 octobre à Bruxelles, «en raison d’un différend sur le différentiel d’origine ou prime pour les contrats de la campagne 2023/24», selon les régulateurs de cacao dans ces deux pays.

 

Attendus à Bruxelles les 26 et 27 octobre pour les rencontres annuelles de la WCF, considérée comme le lobby des multinationales cacaoyères, quatre invités ouest-africains de marque sont finalement restés chez eux : Yves Brahima Koné, président du Conseil Café Cacao (CCC) de Côte d’Ivoire, Laurent Tchagba, ministre ivoirien des eaux et forêts, Joseph Boahen Aidoo, directeur général du Cocobod ghanéen, et Samuel Abu Jinapor, ministre ghanéen des territoires et des ressources naturelles.

Une fois n’est pas coutume, les organisations de la société civile et de planteurs du Ghana et de la Côte d’Ivoire, habituellement pugnaces vis-à-vis de leurs gouvernements et des régulateurs, ont indiqué, la veille des rencontres de la WCF, soutenir ce boycott. Les responsables de la Plateforme ivoirienne pour le cacao durable, emmenés par Bakary Traoré ; et Pauline Zei, ainsi que leurs homologues de la Ghana Civil Society Cocoa Platform (GCCP), coordonnée par Nana Kwasi Barning Ackah, estiment que les multinationales sont les premières responsables de la diminution de la part allant aux cacaoculteurs dans les revenus de la filière, qu’ils estiment à seulement à 6 % dans le prix d’une barre chocolatée.

 

A LIRE AUSSI://INITIATIVE CACAO CÔTE D’IVOIRE-GHANA : l’alliance représente 75% de la production mondiale avec l’adhésion du Nigéria et du Cameroun 

 

Cela n’a toutefois pas empêché ces ONG de participer aux rencontres de la WCF des 26 et 27 octobre à Bruxelles, consacrées à l’avènement d’une filière cacao “responsable”, en compagnie de Peter Boone, de Mark Schneider, le patron de Nestlé, de Dirk Van de Put, celui de Mondelez, mais aussi du Belge Didier Reynders, le commissaire européen à la justice.

Dans une déclaration commune, la Plateforme ivoirienne pour le cacao durable et la Ghana Civil-society Cocoa Platform «félicitent le gouvernement et les régulateurs» de leurs pays respectifs «pour la décision audacieuse et sans précédent de boycotter» la réunion de la WCF à Bruxelles.

«Nous ne nous alignons peut-être pas toujours sur les décisions du COCOBOD et du CCC, mais nous soutenons pleinement cette action et les raisons invoquées pour le boycott», affirment-elles.

Et de poursuivre, «nous pensons qu’il est grand temps que le monde reconnaisse la politique de deux poids deux mesures des multinationales du cacao et du chocolat, notamment en ce qui concerne la fixation des prix du cacao et la détérioration des conditions de vie des cultivateurs de cacao en raison de leurs intérêts égocentriques».

Car, par ce boycott et ces communications, ce sont surtout les dirigeants politiques européens que les responsables ouest-africains de la filière cacaoyère cherchent à atteindre, le cacao ivoirien étant à 70 % destiné aux marchés du Vieux Continent. Les instances de l’Union européenne travaillent actuellement sur l’établissement de nouvelles normes en matière de cacao durable. Les multinationales européennes du chocolat ont multiplié les échanges avec les députés européens de droite (du Parti populaire européen et de Renew Europe), tandis que les ONG échangent régulièrement avec des élus écologistes, telle la Française Marie Toussaint.

 

A LIRE AUSSI://COMMERCE INTERNATIONAL DU CACAO: la Côte d’Ivoire et le Ghana en guerre contre le chantage des multinationales

 

Abidjan et Accra manifestent ainsi leur mécontentement grandissant face au refus persistant des traders et industriels occidentaux, dominant le secteur, de s’attaquer véritablement aux mécanismes de fixation des cours du cacao pour améliorer les revenus des cacaoculteurs des deux pays, qui représentent conjointement plus de 60 % des fèves écoulées sur les marchés internationaux

C’est certainement parce qu’il comprend cette posture de la Côte d’Ivoire et du Ghana que  le géant américain, Mondelez, veut calmer le mécontentement des producteurs ivoiriens et ghanéens.

En effet, la multinationale agroalimentaire américaine, Mondelez, a annoncé  mercredi qu’elle s’engage à mettre en place un programme dénommé  « Cocoa Life », d’un montant de 600 millions USD, pour accroître les revenus des producteurs. Le deuxième acteur mondial du secteur agroalimentaire (par le volume de ses ventes) indique qu’il compte, à travers cette initiative, porter le nombre d’agriculteurs  qu’il aide de 200.000 actuellement à 300.000.

C’est le lieu de souligner que pour renforcer cette initiative d’Abidjan et d’Accra qui milite pour un meilleur prix aux producteurs, le Nigéria, troisième producteur africain et quatrième producteur  mondial  du Cacao et  le Cameroun, quatrième producteur  africain et cinquième producteur mondial ont adhéré à l’initiative.  L’Indonésie est le troisième producteur mondial avec 777 500 tonnes.

 

A.Y (Avec Africa Intelligence, Agence Afrique)

 

Commentaires

error: Content is protected !!