TRIBUNE DU PPA-CI : enrôlement de Gbagbo, urbanisation d’Abidjan, dette, docteurs non recrutés, santé des ivoiriens, Koné Katinan accuse et charge le RHDP

Et de neuf pour la tribune du PPA-CI. De l’enrôlement du Président Laurent Gbagbo aux logements sociaux en passant par la dette inquiétante, l’urbanisation de la ville d’Abidjan, le système sanitaire national, la dette et le regard condescendant du Premier ministre face  au dossier des docteurs non recrutés, rien n’a été oublié par Justin Koné Katinan.  Ci-dessous CIVNEWSAFRIK.NET vous livre l’intégralité d’une déclaration.

 

“Mesdames et messieurs les journalistes et chers partenaires,

Nous voulons, une fois de plus, vous remercier pour votre présence remarquée à ce neuvième numéro de la Tribune du PPA-CI. Celle-ci sera intégralement consacrée à la conférence de presse du Premier Ministre au cours de laquelle, tout en s’autocélébrant, il a présenté à nos compatriotes un pays de rêves, un monde féérique. Malheureusement, la Côte d’Ivoire modelée par le Premier Ministre ne correspond pas du tout à celui dans lequel nous vivons. Avant lui, le ministre de la santé, avait, quelques jours avant, présenté une Côte d’Ivoire qui n’a existé qu’à compter d’Avril 2011. Mais bien avant, nous relevons quelques activités menées par le parti au cours des deux dernières semaines.

 

𝗜. 𝗟𝗘𝗦 𝗔𝗖𝗧𝗜𝗩𝗜𝗧𝗘́𝗦 𝗗𝗨 𝗣𝗔𝗥𝗧𝗜

𝗔. 𝗟’𝗔𝗺𝗯𝗮𝘀𝘀𝗮𝗱𝗿𝗶𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗨𝗻𝗶𝗼𝗻 𝗘𝘂𝗿𝗼𝗽𝗲́𝗲𝗻𝗻𝗲 𝗮 𝗿𝗲𝗻𝗱𝘂 𝘃𝗶𝘀𝗶𝘁𝗲 𝗮𝘂 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗣𝗮𝗿𝘁𝗶

Le Président du parti, son Excellence le Président Laurent GBAGBO, a reçu en audience Son Excellence Francesca DI MAURO, ambassadrice de l’UE en République de Côte d’Ivoire le 22 novembre 2022.  L’ambassadrice, qui vient de prendre fonction, était allée présenter ses civilités au Président et avoir son opinion sur la situation politique en Côte d’Ivoire et dans la sous-région. L’audience a duré une heure dans une bonne ambiance. Le Directeur de cabinet du Président du parti et le Porte-Parole du parti, par ailleurs VPE chargé de la diplomatie et de l’intégration africaine ont été assisté à cette audience.

 

𝗕. 𝗟𝗲 𝗣𝗮𝗿𝘁𝗶 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗰𝗲𝘀𝘀𝘂𝘀 𝗱𝗲 𝗿𝗲́𝘃𝗶𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗹𝗶𝘀𝘁𝗲 𝗲́𝗹𝗲𝗰𝘁𝗼𝗿𝗮𝗹𝗲

Deux activités majeures ont été menées par le parti en rapport avec la révision de la liste électorale lancée par la CEI. Ce sont :

– La rencontre d’information organisée par le Président Exécutif et le Secrétaire Général avec les Coordinateurs de District, les coordinateurs Régionaux, les coordinateurs adjoints, les fédéraux afin de leur donner les consignes de la direction du parti relative au processus de révision de la liste électorale. Cette rencontre a eu lieu le 17 novembre 2022.

– Une délégation de haut niveau du parti conduite par le Secrétaire général a eu une séance de travail avec la CEI, à l’invitation de celle-ci, le vendredi 25 novembre 2022. La séance a duré environs 2h et demie et les échanges ont été francs. Divers sujets en rapport avec la révision de la liste électorale, l’indépendance de la CEI etc. Sur ce dernier, si les principaux animateurs de la CEI veulent rassurer sur leur volonté d’indépendance, il est malheureusement ressorti que la CEI reste malheureusement structurellement dépendante, et même sous contrôle du gouvernement. A certains égards, force est d’admettre qu’il y a un recul de l’indépendance de la CEI vis-à-vis de l’Exécutif comparativement à ce la situation de 2010. Pour le PPA-CI, nos compatriotes, de quelque bord politique qu’ils soient, doivent s’approprier le combat pour la l’indépendance de la CEI. C’est cette indépendance qui pourra crédibiliser davantage les élections en Côte d’Ivoire et y renforcer davantage la démocratie. Dans l’état actuel des choses, les déclarations de bonnes intentions ne suffisent pas pour nous rassurer. La faiblesse de la CEI actuelle est à la fois structurelle et fonctionnelle.

 

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𝗖. 𝗟’𝗲𝗻𝗿𝗼̂𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗟𝗮𝘂𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗚𝗕𝗔𝗚𝗕𝗢 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗹𝗶𝘀𝘁𝗲 𝗲́𝗹𝗲𝗰𝘁𝗼𝗿𝗮𝗹𝗲.

Le mercredi 30 novembre, son Excellence monsieur Laurent GBAGBO, ancien Président de la République, Président du PPA-CI s’est rendu dans un centre d’enrôlement pour s’inscrire de nouveau sur la liste électorale de laquelle il avait été radié en 2020. A cette occasion, il a lancé un appel solennel à l’endroit de nos compatriotes pour qu’ils s’inscrivent massivement sur la liste électorale. Il a également réitéré sa volonté de travailler à l’apaisement des élections dans notre pays. C’est une constante de sa vie politique. L’on se souvient, qu’en 2022, alors qu’il était retenu à Bruxelles, il avait instruit l’une de ses fidèles collaboratrices, l’honorable Bamba Massany, ancienne député de Port-Bouët, de constituer un comité pour des élections apaisées en 2020. Hier encore, il a exprimé sa détermination à travailler de concert avec ses deux aînés, leurs Excellences messieurs Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire et Henri KONAN BEDIE, ancien Président de la République afin de laisser aux générations futures un pays pacifié. Pour le Président Laurent GBAGBO, il est temps de fermer définitivement la douloureuse parenthèse des évènements qui se sont produits en Côte d’Ivoire depuis 1999, et qui ont atteint le point culminant en 2011. Le Président Laurent GBAGBO appelle donc à extraire de la vie de la nation tout ce qui nous ramène ou nous rattache encore à ces mauvais moments de notre pays. C’est pourquoi il se réjouit du retour au pays du ministre Charles Blé Goudé.

 

𝗜𝗜. 𝗟𝗔 𝗖𝗢𝗡𝗙𝗘𝗥𝗘𝗡𝗖𝗘 𝗗𝗨 𝗣𝗥𝗘𝗠𝗜𝗘𝗥 𝗠𝗜𝗡𝗜𝗦𝗧𝗥𝗘

Le gouvernement ivoirien a décidé de faire comme le PPA-CI, en organisant une conférence pour rendre compte publiquement de sa gouvernance. Le PPA-CI se félicite que son initiative inspire le gouvernement. Au cours de sa conférence de presse, le Premier Ministre a fait montre de beaucoup de géni pour présenter aux Ivoiriens, un pays sorti tout droit des contes pour enfant en jouant les « Alice aux pays des merveilles ». Un pays si merveilleux dans lequel nos compatriotes sont totalement perdus tant le tableau féerique du pays que le PM a présenté contraste avec la dure réalité de leur quotidien. Pour le PM, la Côte d’Ivoire n’a jamais existé avant avril 2011. Pourtant, la réalité témoigne contre la présentation somptueuse que le PM se fait de sa gouvernance. C’est cette réalité que le chef du gouvernement tente d’enjoliver que nous allons établir. Ainsi, notre appréciation diffère totalement de celle du gouvernement sur les points suivants :

– Les logements sociaux

– L’urbanisme de la ville d’Abidjan

– La santé

– L’économie de la dette

– La question des docteurs non recrutés.

 

𝗔. 𝗟𝗲𝘀 𝗹𝗼𝗴𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗮𝘂𝘅

Pendant sa conférence de presse, le Premier Ministre a annoncé un nouveau programme de 25 000 logements sociaux d’ici 2030. Comme le Premier ministre a abordé ce sujet comme s’il était encore en 2011 dans l’euphorie de leur prise de pouvoir, il est bon de lui rappeler que nous sommes en 2022, soit 11 ans après leur arrivée au pouvoir qui s’achève en 2025. Ce rappel est d’autant important qu’il permet de rappeler au PM qu’il a omis de faire le bilan de l’ancien programme de logements sociaux qu’ils ont initié en 2012. Il s’agit, pour le PPA-CI, de faire une évaluation de la politique du logement social sous la gouvernance du RHDP

𝟭. 𝗟𝗲 𝗻𝗼𝗻- 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗲𝗰𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗱𝗶𝘀𝗽𝗼𝘀𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗿𝗲́𝗴𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝗖𝗼𝗱𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮  𝗖𝗼𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗹’𝗛𝗮𝗯𝗶𝘁𝗮𝘁

Le Code de la Construction et de l’habitat issu de la loi n°2019-576 du 26 juin 2019 stipule en son article 5 « Le Ministre chargé de la Construction et de l’Habitat présente tous les deux ans un rapport sur la situation du logement en Côte d’Ivoire.

Ce rapport est composé : De l’évaluation de l’offre et des besoins en matière de logements ; Des données sur l’état des loyers ; Le bilan sur l’état de mise en œuvre de la politique sociale en matière de logement.

Au vu de cet article, le 1er rapport aurait dû être publié par le Ministre fin juin 2021. A ce jour, le PPA- CI constate avec beaucoup d’amertume que rien n’est fait. Aussi, le PPA- CI exige- t-il du Ministre, la publication le plus rapidement possible de ce rapport car, comme le prescrit l’article 4 en son alinéa 4 du même Code de la Construction et de l’Habitat « l’accès au logement décent est un droit fondamental du citoyen garanti par l’Etat ».

𝟮. 𝗟𝗼𝗴𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗮𝘂𝘅 𝗲𝘁 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 : 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗮𝗴𝗮𝗻𝗱𝗲 𝗻𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗰𝗮𝗰𝗵𝗲𝗿 𝗹’𝗲́𝗰𝗵𝗲𝗰

Le PPA-CI profite de l’occasion pour passer en revue et évaluer tous les engagements pris par le Gouvernement dans le domaine du logement social et économique dans le cadre du programme présidentiel élaboré et publié en 2013 avec comme illustration le programme de SONGON KASSEMBLE. En effet :

– Le 11 mars 2013, le Ministre de la Construction, du logement et de l’assainissement a procédé au lancement de la pré- commercialisation et la pré- souscription des logements sociaux en Côte d’Ivoire. Ce programme concerne la construction de 60.000 logements sociaux de 2013 à 2015 avec 10.000 à l’intérieur du pays et 50.000 dans l’agglomération d’Abidjan. Il fait partie selon le Ministre « des plus grandes priorités du programme du Gouvernement du Président de la République ». Les frais de dossiers de pré- souscription s’élèvent à 30.000 F non remboursables en cas de désistement. Le prix du logement social arrêté varie de 4.869.270 F à 10.000.540 F et celui du logement économique de 10.000.540 F à 15.000.155 F.

 

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– Le 15 mars 2013, lors d’une visite du 1er Ministre KABLAN DUKAN à SONGON KASSEMBLE dans la commune de SONGON, il a procédé au lancement d’un projet de construction de 75.000 logements sociaux et économiques mis en œuvre au profit des populations les plus démunies. Ce projet a été confié à 25 promoteurs à charge de construire chacun 3.000 logements sur le site de 439 ha à SONGON KASSEMBLE.

Pour le 1er Ministre : « Ce chantier constitue à la fois un pilier de l’atteinte des objectifs de l’émergence économique et un indicateur de la bonne santé économique du pays avec l’objectif de soulager les populations confrontées à un déficit de 400.000 logements par an ». Il a annoncé pour ce qui est de la facilitation de l’accès au site « que les études sont en cours pour la construction d’une autoroute ABIDJAN-DABOU permettant de relier la capitale économique plus rapidement ».

– Ce jour-là, le Ministre de la Construction, du logement et de l’assainissement a révélé « qu’une ligne de bateau- bus desservira SONGON. Ainsi, les habitants de la toute nouvelle cité pourront se rendre directement au Plateau ».

Ces engagements annoncés à grands renforts de publicité par le Ministre et le 1er Ministre devant toute la nation et qui ont amené de très nombreux Ivoiriennes et Ivoiriens résidants en Côte d’Ivoire et à l’étranger à payer en toute confiance et quiétude les 30.000 F de pré-souscription et de pré- commercialisation non remboursables méritent que le PPA-CI s’y intéresse. Ce, d’autant plus qu’il s’agit d’un programme présidentiel qui a mobilisé l’argent des contribuables Ivoiriens.

Ceux-ci doivent donc savoir : Comment s’est déroulé ce projet immobilier du programme présidentiel ? A- t- il pu être mené à son terme ? Combien de logements sociaux et économiques ont- ils été effectivement construits selon les délais indiqués (de 2013 à 2015) et à quels prix ? Les promoteurs qui ont été retenus dans ce projet immobilier du programme présidentiel ont-ils exclusivement proposé des logements sociaux et économiques ?

La réponse à ces questions, résulte des constats au nombre de deux, faits en visitant en septembre et octobre 2022 le chantier du projet à SONGON KASSEMBLE.

3/ 𝗖𝗼𝗻𝘀𝘁𝗮𝘁 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗮𝗱𝗶𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗵𝗶𝗳𝗳𝗿𝗲𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗹𝗼𝗴𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗮̀ 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗶𝗿𝗲.

En moins de cinq jours, entre le 11 mars 2013 et le 15 mars 2013, le 1er Ministre a contredit son Ministre en annonçant un projet de 75 000 logements sur le seul site de 439 ha de SONGON KASSEMBLE au lieu de 50 000 dans toute l’agglomération d’Abidjan, soit 25 000 logements de plus sans expliquer pourquoi. Qui croire ?

 

4/ Constats sur la réalisation du projet

Ils sont au nombre de cinq :

a) Le détournement de la vocation première du projet :

Toute la communication du 1er Ministre et du Ministre avaient porté sur un projet de construction de 75.000 logements sociaux et économiques mis en œuvre au profit des populations les plus démunies. Le prix du logement social arrêté variait de 4.869.270 F à 10.000.540 F et celui du logement économique de 10.000.540 F à 15.000.155 F. Malheureusement pour les Ivoiriennes et les Ivoiriens, lorsque l’on se rend sur le chantier, on constate avec beaucoup de stupéfaction que les prix des logements proposés par les promoteurs retenus varient entre 20.000.000 F et 70.000.000 F. Il n’y a pas de logements entre 5.000.000 et 10.000.000 F et pourtant sur le site WEB du ministère de la Construction et de l’Urbanisme, ces prix y sont affichés pour les logements sociaux et économiques. Quelles populations démunies peuvent- elles s’acquitter d’une telle fortune pour se loger ? Contrairement à ce qu’ont affirmé le 1er Ministre et le Ministre, le logement social et économique ne fait pas partie des plus grandes priorités du programme du Gouvernement du Président de la République. C’est donc un leurre. La population Ivoirienne doit rester vigilante.

b) Le projet du programme présidentiel proposé ne concerne exclusivement que des logements proposés en vente, ignorant le locatif.

Même la France qui est la source d’inspiration de ce régime, continue de proposer aux populations les plus démunies du locatif dans les HLM (Habitat à loyer Modéré). A ce rythme, si le locatif n’est pas pris en compte par le Gouvernement pour contrebalancer la main- mise du secteur privé sur les loyers, la hausse vertigineuse de ceux- ci, observée en Côte d’Ivoire depuis 2011, ne sera jamais enrayée et les populations les plus démunies continueront de vivre dans les bidonvilles. Les jeunes travailleurs logeront toujours avec leurs compagnes chez leurs parents faute de salaires ne pouvant supporter des loyers de 100 000 F pour un studio, 200 000 F pour un deux pièces et 300 000F pour un trois pièces dans la commune de Cocody et ailleurs.

c) Les problèmes fonciers non résolus avant le début du projet :

Au cours de sa conférence de presse du 11 mars 2013, le Ministre a indiqué que les frais de purge des terrains alloués par les parents détenteurs de droits coutumiers pour la réalisation du programme présidentiel seront payés de façon échelonnée par le Ministère de la Construction sur la base d’une convention type qu’il a proposée. Le non-  respect du calendrier de paiement de cette purge des droits coutumiers a occasionné des blocages dans la réalisation des travaux du fait des mécontentements des détenteurs des droits coutumiers.

d) Le nombre de logements construits à ce jour :

9 ans après le lancement du projet par le 1er Ministre le 15 mars 2013, l’on estime à environ 3 500 le nombre de logements (plein- pieds, duplex et R+4 et 5) construits et en construction dont plus de la moitié des construits sont inachevés (pas de portes et de fenêtres) et à l’abandon. Ce qui représente à peine 5% du programme initialement annoncé. Cela parait très dérisoire au regard de toute la propagande médiatique qui a entouré la mise en œuvre de ce projet immobilier du programme présidentiel.

A titre de comparaison, la SICOGI a construit 1 610 logements économiques exonérées de TVA entre 2001 et 2009 dans divers quartiers d’Abidjan et même à l’intérieur du pays à SAN PEDRO dans le contexte que l’on connait. Ces opérations d’un coût de 18 milliards de FCFA ont été réalisées grâce aux efforts de recouvrement des créances de la SICOGI sur la vente de ses anciennes opérations décidées par le Gouvernement en 1996 et la confiance r établie entre la SICOGI et ses clients. Cette confiance a facilité le recouvrement des arriérés auprès des clients.

Autre élément de comparaison qui met à nue la propagande du gouvernement sur son programme de construction des logements sociaux se rapporte au nombre de logements projeté à SONGON. En effet, des projets antérieurs réalisés sous le Président GBAGBO par la SICOGI (seule survivante des structures parapubliques et publiques de production de logements, suite au désengagement de l’Etat du secteur de l’habitat sur injonction des bailleurs de fonds en 1980) et comportant aussi des logements plein- pieds, des duplex et des R+2, R+4, R+5 sur un espace de 50 ha à ABOBO PK 18, l’on était en train, malgré la crise militaro- politique d’y construire 2 680 logements avec toutes les commodités (3 lieux de cultes, 10 écoles primaires publiques, 1 lycée, 1 centre de santé, des espaces verts, 1 marché et 1 super- marché). Sur cette base, le site de SONGON estimé à 439 ha, soit seulement 8 fois celui d’ABOBO, il serait illusoire de prétendre construire 75 000 logements. Le nombre de logements susceptibles d’y être réalisé ne peut excéder 25 000.

Pour rappel, le projet de ABOBO PK18 a été réalisé en deux phases :

. Phase 1 (490 logements) financé sur fonds propres, débuté en juin 2007 et livré en juin 2010.

. Phase 2 (2 190 logements) financé par EXIMBANK CHINE qui a accordé un prêt d’un montant de 27,4 milliards F CFA à un taux d’intérêt concessionnel de 2% sur 20 ans, un différé de 5 ans et une commission d’engagement de 1%. Débuté en octobre 2010 et prévu d’être livré en 2015. Ces conditions exceptionnelles de financement ont permis à la SICOGI d’être le seul promoteur à proposer à ses clients la location- vente sur 15 ans.

La gabegie et la mauvaise gestion du projet par la nouvelle Direction générale de la SICOGI installée en juin 2011 (incapacité à faire face aux premières échéances du prêt) ont contraint EXIMBANK à arrêter le financement et à se désengager du projet en 2017.

Ainsi, 12 ans après son début en 2010, ce beau projet n’est toujours pas terminé. Quel gâchis !

Un autre point d’interrogation du projet de SONGON KASSEMBLE se rapporte aussi à l’opacité qui entoure la gestion fiscale qui l’entoure.

Pour rendre le coût des maisons de bas standing accessibles aux personnes réputés en être bénéficiaires (logements sociaux et logements économiques) une exonération de tva est accordée aux matériaux de construction. C’est une initiative de l’administration du Président Laurent GBAGBO qui se perpétue d’ailleurs. Sous l’administration du Président Laurent GBAGBO, pour bénéficier de cette exonération, le programme de construction devrait fournir des maisons ne dépassant pas 19 millions CFA l’unité. Au-delà, le programme tombait dans la catégorie des programmes haut standing. Or, à SONGON KASSEMBLE, dans même programme, comme nous l’avons relevé plus haut, des maisons haut standing se mélangent aux maisons dites économiques ou sociales. Dans ces conditions comment se gère l’exonération. Il y a là manifestement une source de fraude sur la TVA. Au lieu de corriger cela, le gouvernement décide de taxer les matériaux de construction. Nous sommes déjà revenus sur l’absurdité de cette taxe parafiscale dans notre précédent numéro de la Tribune du PPA-CI.

 

e) Les VRD (Voirie et Réseaux Divers) :

La mise en place d’un programme de logements, parce qu’elle crée une vie communautaire, exige un minimum de commodités fournies par des investissements de base.

Mettre à la disposition de la population 75 000 logements sur un site, signifie la création d’une ville d’environ 420 000 habitants si l’on s’en tient aux résultats du RGPH 2021 qui estime en moyenne la taille d’un ménage à 5,2 personnes ; soit l’équivalent de la population de la ville de Daloa (421 879 habitants)

 

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Les équipements de base, pour soutenir un tel établissement humain. En plus ils doivent répondre aux 17 exigences des Objectifs de Développement Durable pour lesquels la Côte d’Ivoire s’est engagée.

Les composantes essentielles de la voirie et des réseaux divers (VRD), en rapport avec ces ODD, sont constituées principalement des activités de création de voies de communication, de fourniture d’eau potable, d’électricité, de drainage des eaux pluviales et d’évacuation des eaux usées. A celles-là, il faut y ajouter la construction d’écoles pour la prise en charge scolaire des enfants (ODD4) ou encore d’assurer l’accès aux soins de santé (ODD3).

A l’analyse de ces composantes, l’on peut affirmer que les VRD constituent un pilier important et même un préalable pour espérer approcher l’atteinte d’une bonne partie des ODD.

La construction de 75000 logements sociaux et économiques programmés sur une superficie de 439 ha à SONGON KASSEMBRE, soit une ville d’environ 420000 habitants ; le préalable aurait été l’amenée des infrastructures de base devant permettre de viabiliser le site.

Par exemple, la fourniture de l’eau potable pour cet établissement humain suppose la mobilisation des infrastructures équivalentes à celles en cours sur Bouaké pour faire face à la pénurie d’eau soit 2500 m3/h pour la production. Pour la protection des ressources en eau de surface contre la pollution générée par les eaux usées, la construction d’une station d’épuration (STEP) de capacité 900 000 équivalent habitants (EH) s’impose.

Il en sera de même pour l’électricité où les besoins s’élèveraient à 123 700 MWh par an.

Or, le constat est amer dans le programme de SONGON KASSEMBLE.

A titre d’exemples :

. Concernant l’eau potable, c’est l’ONEP (Office National de l’Eau Potable) par le biais de camions citernes ou les Tri- cycles qui approvisionnent les premiers ménages installés ;

. Pour le transport, ce sont les tri- cycles qui assurent les déplacements des habitants de l’opération immobilière voulant rallier le centre- ville de SONGON. Le transport lagunaire par bateau- bus devant relier SONGON au Plateau, promis par le Ministre n’est toujours pas opérationnel, même si le PM l’annonce dans sa conférence comme c’est maintenant que cette ligne était prévue.

. Au niveau de la fourniture électrique, l’on note que de nombreux ménages sont abonnés à l’énergie solaire pour compenser le déficit d’installation électrique publique. Les habitants des cités non électrifiées subissent quotidiennement les agressions des malfrats ;

. S’agissant des infrastructures scolaires, la norme en Côte d’Ivoire est la construction aux frais du promoteur immobilier d’une école primaire publique de 6 classes pour 250 logements proposés et 1 classe supplémentaire pour chaque tranche de 50 logements supplémentaires. Si l’on tient compte de cette règle, les 25 promoteurs immobiliers à qui le 1er Ministre a attribué la construction de 3 000 logements chacun sur le site de 439 ha devraient construire à leurs frais 300 écoles primaires publiques. Pour les logements déjà construits et en construction estimés à 3 500, les promoteurs auraient dû construire déjà 14 écoles primaires publiques à mettre à la disposition des acquéreurs. Il n’en est rien. Seules deux écoles primaires privées existent dans toute l’opération ;

. Au niveau des VRD, l’option d’un aménagement global permet la maitrise des terrassements, des pentes d’écoulement, des érosions de sols, des seuils d’entrées dans les habitations et la formation de zones de stagnation des eaux.  Or les principales voies d’accès à l’opération sont revêtues avec des canalisations de drainages des eaux pluviales pendant que les ruelles des cités ne le sont pas. Ce qui favorise l’érosion et l’apport de terre contribuant au disfonctionnement des ouvrages.

 

𝗖𝗼𝗻𝗰𝗹𝘂𝘀𝗶𝗼𝗻 :

Le programme présidentiel de logements sociaux et économiques à SONGON tel qu’annoncé ne se déroule pas comme prévu :

– Il est inaccessible aux populations démunies auxquelles il était initialement destiné ;

– Le nombre de logements annoncé a été surestimé pour faire de la propagande ;

– Il ne peut donner les résultats escomptés car les préalables nécessaires à l’épanouissement de l’être humain ne sont pas respectés ;

– Le déficit de 400 000 logements par an en Côte d’Ivoire censé être comblé à terme par ce programme ne le sera jamais.

De ce point de vue, la conférence du PM sonne comme un aveu d’échec. Et nous sommes d’accord avec lui que le régime RHDP effectivement échoué comme dans beaucoup d’autres domaines, notamment, celui de la santé des Ivoiriens.

 

B. 𝗣𝗥𝗢𝗣𝗔𝗚𝗔𝗡𝗗𝗘 𝗔𝗨𝗧𝗢𝗨𝗥 𝗗’𝗨𝗡 𝗦𝗬𝗦𝗧𝗘̀𝗠𝗘 𝗦𝗔𝗡𝗜𝗧𝗔𝗜𝗥𝗘 𝗠𝗢𝗨𝗥𝗔𝗡𝗧

Comme dans les autres domaines, le PM a exalté le système de santé de son régime. Or l’on a pour règle de juger un système de santé sur les piliers de l’OMS. Seul 1 de ces piliers qui sont au nombre de 6 fera l’objet de notre Tribune. Il s’agit du pilier 1 concernant l’organisation du système de santé dans sa gouvernance et la prestation des soins.

Le 1er ministre a vanté son gouvernement qui a construit de nouveaux centres de santé et en a rénové plusieurs centaines. Il a parlé de la pose de la 1ère pierre du 5ème Chu d’Abidjan à Abobo. Il a enfin parlé (comme si cela était une nouveauté en la matière) de la distribution de 10000 poches de sang en dix ans.

1) Les infrastructures sanitaires:

la norme acceptée est de 1ESPC /10 000 habitants. Ce ratio est un indicateur pour apprécier la capacité d’un système de santé à offrir des soins de santé primaires aux populations. Les infrastructures constituent des moyens et non la finalité de la politique de santé. C’est à ce niveau que les statistiques du PM mises en rapport avec l’état de santé des populations soulève des interrogations. En effet malgré 3411 ESPC, soit 1,29 ESPC pour 10 000 habitants, le 1er ministre reconnait que la mortalité infanto-maternelle reste élevée en Côte d’Ivoire. Elle se situe autour de 650 décès/10000 accouchements, faisant de notre pays le 15ème pays Africain ayant le taux de mortalité maternelle. Ce taux place la Côte d’Ivoire derrière des pays comme le Burkina Faso, le Libéria, le Togo, le Soudan, la Gambie etc. selon le Groupe inter-institution des Nations Unies pour l’estimation de la mortalité infantile  (UN Inter-agency for Child Mortality Estimation). L’espérance de vie en Côte d’Ivoire est parmi les plus faibles et évolue plus lentement que dans de nombreux pays africain. Selon le classement par l’OMS, notre pays est classé 49ème sur 55 pays africains largement derrière le Ghana (24ème), le Togo (39ème), le Burkina Faso (37ème), le Sénégal (12ème). A titre comparatif, la lutte engagée par le Président Laurent GBAGBO contre le SIDA a fait chuter le taux séroprévalence de 12% en 2000 à 3,5% en 2011 malgré le désordre sanitaire provoqué par la rébellion du fait du déplacement des populations des zones occupées par la rébellion vers le SUD. C’est pourquoi, sans négliger l’importance des infrastructures sanitaires sur l’état de santé des populations, la politique qui sous-tend ces infrastructures reste déterminante pour atteindre les objectifs majeurs. Or c’est essentiellement cette politique cohérente qui manque aux initiatives du gouvernement ivoirien.

En effet, les infrastructures sont construites sans tenir compte des concentrations démographiques. Les infrastructures sont construites au nord et à l’ouest alors que le personnel de santé est regroupé au sud et à l’est. Par ailleurs  les infrastructures construites avant les indépendances (Chu Treichville, INHP, Raoul Follereau), ou ceux construits dans les années 1970-1990 (Chu Cocody, Chu Yop, hôpitaux généraux), toutes sont obsolètes mal entretenues.

La privatisation tous azimuts des services d’entretien a contribué à aggraver la détérioration de ces infrastructures. L’Etat ayant du mal à honorer ses engagements vis-à-vis des prestataires l’entretien des locaux en pâti de sorte que l’on est en droit de s’interroger sur la pertinence des nouvelles infrastructures comme un 5ème CHU à Abobo

2) Concernant la pose de la 1ère pose du 5ème Chu d’Abobo.

On doit se demander quelle est la pertinence de cette pose quand on sait que:

– l’accessibilité géographique des centres de santé est difficile pour 68% des populations habitant à 5km en moyenne des centres de santé.

– lorsque les centres sont fréquentés, le taux d’occupation moyen des lits tous centres confondus, varie autour de 44,5% parce que la pauvreté endémique de la majorité des populations les coupe de l’accès aux soins publics qui sont payants.

 

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-le plateau technique est souvent absent s’il n’est pas défaillant. En effet on a 1 bloc opératoire pour 218 624 habitants (63,71% des districts sanitaires). 1 laboratoire d’analyse pour110 684 habitants (91% des districts sanitaires). 1 service de radio pour 339 148 habitants. 1 ambulance médicale pour 3,3 établissements

-des districts comme korhogo 2, Kouassi kouassikro, Doropo, Transua, Tehini, Botro n’ont ni bloc opératoire, ni section d’imagerie, ni laboratoire de biologie.

Les équipements nécessaires à la prise en charge efficiente des malades fait défaut dans les structures sanitaires. Par exemple, il n’existe aucun scanner dans les établissements publics de santé dans aucune région sanitaire en dehors d’Abidjan. Pour les diagnostics de pointe, tous les malades sont dirigés vers soit les structures privées dont les prestations sont hors de portée des populations, soit vers Abidjan. Dans ces conditions, pourquoi le gouvernement veut installer un 5ème CHU à Abobo alors que les précédents sont désuets ?

La réponse à cette question se trouve dans l’un des traits caractéristiques de la politique du régime du RHDP. L’efficience et l’efficacité de sa politique ne sont ses priorités. Il faut que ses amis, qui viennent de l’extérieur applaudissent les réalisations du régime. Or ces amis ne vont jamais au-delà d’Abidjan. Donc investir dans des infrastructures sociales à l’intérieur du pays, même lorsque celles-ci sont nécessaires n’intéresse pas le régime RHDP.

Il y a également cette volonté affichée de présenter la Côte d’Ivoire comme datant seulement de 2011. Tout ce qui a été fait par les prédécesseurs, y compris par Houphouët dont il se réclame pourtant disciple, doit passer sous silence afin d’exalter les seuls travaux faits par le régime actuel.  C’est dans cette logique qu’il faut comprendre l’abandon du lycée scientifique de Yamoussoukro au profit du nouveau lycée d’excellence de Grand-Bassam. C’est également ce qui explique la mort lente de l’INPHB de Yamoussoukro. C’est également cette tendance à tout ramener à eux seuls qui explique l’abandon des travaux de transferts de la capitale à Yamoussoukro. Entre l’efficacité et la propagande, le régime RHDP a opté pour la dernière.

Donc pour le PPA-CI , la construction de Chus et/ou de pôles de spécialités tout « azimut » et concentrés sur le seul district d’Abidjan pour créer un « hub » de tourisme médical, n’est pas une priorité.

Si nous n’arrivons pas à maîtriser les taux des décès dans nos urgences (11% en chirurgie, 22% en médecine et 9% en pédiatrie au chu de Treichville en 2018-2019), à freiner la mortalité materno-infantile, ou encore à élever l’espérance de vie à travers la recherche qui n’existe pas dans le domaine de la santé  à quoi sert-il alors de faire « des effets d’annonce » en multipliant les centres spécialisés?

 

3) Enfin il a parlé de la distribution de 10 000 poches de sang (comme si c’était une première) en accusant  le personnel de santé d’en monnayer la distribution.

Le PPA-CI se plaît à rappeler au 1er ministre qu’avant la privatisation des services sociaux de base opérée en Côte d’Ivoire en 1989, le sang gracieusement mis à la disposition des population comme d’ailleurs la plupart des médicaments. En outre on peut rappeler les différents scandales de corruption qui ont éclaboussé la direction de la PSP en 2019-2020 sous la gestion du RHDP, qui ont abouti entre autre à la mise en place de la NPSP.

 

C. 𝗟𝗘 𝗥𝗘𝗚𝗔𝗥𝗗 𝗖𝗢𝗡𝗗𝗘𝗦𝗖𝗘𝗡𝗗𝗔𝗡𝗧 𝗗𝗨 𝗣𝗥𝗘𝗠𝗜𝗘𝗥 𝗠𝗜𝗡𝗜𝗦𝗧𝗥𝗘 𝗦𝗨𝗥 𝗟𝗔 𝗦𝗜𝗧𝗨𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗗𝗘𝗦 𝗗𝗢𝗖𝗧𝗘𝗨𝗥𝗦 𝗡𝗢𝗡 𝗥𝗘𝗖𝗥𝗨𝗧𝗘́𝗦

Dans son intervention, abordant la question des « docteurs chômeurs), le PM a demandé que ceux-ci ne regardent pas seulement du côté de la Fonction Publique. Il leur suggère de vendre leurs compétences ailleurs. De manière générale, il demande à nos compatriotes de changer de mentalité en apprenant à s’auto-employer.

Cette sortie du PM appelle plusieurs remarques de la part de notre parti :

  1. Le gouvernement doit être le premier à changer de mentalité.

Depuis Avril 2011, ce sont plusieurs milliers de personnes avec des niveaux d’études douteux et d’incompétence avérée, qui ont été déversées dans l’administration ivoirienne. Ces personnes, pour la plupart les supplétifs de l’armée ou de l’administration parallèles de la rébellion qui ont porté le RHDP au pouvoir, ont été recrutées sur la base de l’arbitraire sur le seul critère du militantisme au nom d’une nouvelle approche de gouvernance fondée sur « le rattrapage ethnique » publiquement annoncée sur un plateau de télévision en France en 2012. Les services prisés par ses amis du pouvoir sont les régies financières. Sous le couvert du DDR, le régime du RHDP a largement récompensé ses militants, civils ou militaires de l’ex-rébellion. Le site de la douane en donne une illustration. En effet on peut lire sur ce site une publication du 20 mars 2015 qui fait état de 122 agents issus DDR qui ont reçu leurs épaulettes de sergent des douanes. Cette promotion n’est qu’une parmi les nombreuses vagues de promotions.

Le rapport annuel de la DGI de 2016, disponible sur le site de cette administration est encore plus éloquent sur ce recrutement récompense des amis. En effet, dans certaines catégories, notamment celles qui correspondent au profil de ses privilégiés du RHDP, le nombre de ceux-ci dépassent de loin les spécialistes des impôts. Il convient de rappeler que l’administration fiscale est une administration technique. Elle fait certes recours, pour les besoins de ses missions, à du personnel d’appui non fiscaliste mais disposant de compétences nécessaires pour accompagner la mission, mais en aucun cas le personnel ne peut, en toute logique, dépasser le personnel fiscal. Or, selon le tableau des effectifs lisible dans le rapport d’activité de la DGI ci-dessus mentionné, par exemple le total de 788 cadres moyens supérieurs (A3-A2) se composait déjà en 2016 de 466 agents fiscalistes et de 322 non fiscalistes. Quand l’on tombe dans les catégories inférieures, notamment celle des cadres moyens (B1-B3), l’on comptait 778 agents non fiscalistes contre 608 agents spécialistes des impôts. Cette tendance est encore renforcée dans les catégories inférieures. De 4060 agent en 2016, l’effectif de la DGI est passé à 6062. Soit une augmentation de 50% essentiellement au recrutements fantaisistes pour satisfaire les militants. Ce genre de recrutements de personnes dont les profils ne correspondent pas aux missions des services dans lesquels ils sont affectés a pour conséquence d’augmenter inutilement la masse salariale de l’Etat qui ne peut recruter là où le besoin se fait sentir réellement. Tel est le cas des docteurs non recrutés. Le manque d’enseignant dans le supérieur est estimé à 6 000 postes. Ce n’est donc pas les besoins qui manquent. Demander aux docteurs de s’orienter ailleurs est une fuite en avant. En 2007, le Président Laurent GBAGBO avait recruté sans concours, à titre personnel et par décret, 1000 médecins pour combler le déficit des médecins dans les structures sanitaires de l’Etat. Ailleurs en Afrique des données disponibles démontrent à suffisance que plusieurs pays africains, confrontés à ce problème de docteurs chômeurs ont pris des mesures politiques et administratives pour le résoudre. Ainsi, par exemple, entre 2006 et 2007, le gouvernement Marocain a pris une mesure exceptionnelle pour recruter 3425 docteurs chômeurs à la fonction publique selon la revue l’Economiste du 8 septembre 2006. En 2018, le gouvernement camerounais a dû également recourir à des mesures exceptionnelles pour recruter 3000 docteurs chômeurs. En 2021, le site www.tuniscope.com a publié que le gouvernement tunisien avait procédé aux recrutements, par voie exceptionnelle, de 3000 docteurs qui étaient au chômage. Le besoin en enseignants étant réel, l’argument du PM est condescendant et constitue une fuite en avant. En la matière des solutions existent si l’on corrige les dysfonctionnements dans la gouvernance de l’enseignement supérieurs.

  1. Dysfonctionnements et solutions

Le 31 mars 2010, l’actuel ministre en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, monsieur Adama Diawara déclarait dans le journal Nord-Sud, « les heures complémentaires tuent l’enseignement ». Il est surprenant qu’aujourd’hui, il refuse la reconversion de ces heures complémentaires en postes d’assistants. En effet, devant un problème comme celui des docteurs chômeurs, il convient d’appliquer des solutions circonstancielles dans l’immédiat et préconiser des solutions structurelles pour le long et moyen terme. Devant l’insuffisances des prémices au niveau de l’enseignement supérieur, le gouvernement recours à deux alternatives qui jouent au bout du compte contre le recrutement de nouveaux enseignants. Il s’agit des heures complémentaires et de l’orientations des étudiants dans les structures privées.

Le système des heures complémentaire consiste à majorer la rémunération de l’unité horaire des enseignants en fonction du nombre d’étudiants qu’ils enseignent. Par exemple, un enseignant se verrait payer un double tarif pour dispenser des cours, des travaux dirigés (TD) ou travaux pratiques (TP) si le nombre d’étudiants est le double de celui que les standards académiques admettent. En d’autre termes, l’on considère que cet enseignant aura travaillé à la place de deux enseignants. Par conséquent il est versé à cet enseignant la rémunération du second enseignant qui n’existe pas.

La dernière décennie a vu le nombre d’étudiants affectés dans les universités dites privées accroître exponentiellement. Selon les chiffres du ministère de l’enseignement supérieur publiés sur le portail officiel du gouvernement de Côte d’Ivoire le 28 février 2018, pour l’année universitaire 2017-2018, ce sont 20 545 nouveaux bacheliers qui ont été orientés dans les universités publiques contre 61818 dans les établissement d’enseignements supérieurs privés. Pour l’année universitaire 2022-2023 98446 étudiants ont été orientés dans les proportions suivantes :

– 19600 dans les universités publiques

– 78846 dans les établissements d’enseignement supérieurs privés.

L’Etat verse au minimum 350 000 FCFA par étudiant chaque année dans les établissements privés. Pour l’année 2022-2023, pour les seuls nouveaux étudiants, l’Etat a versé 27 596 100 000. Cette somme vient s’ajouter à celle versées au titres des années antérieures. Pourquoi ne pas investir ces sommes d’argent dans la construction d’infrastructures universitaires publiques pour accueillir le maximum d’étudiants. Pour rappel, le Sénégal a décidé d’orienter tous les étudiants dans les universités publiques. Cela est donc possible pour un pays qui ne cesse de vanter ses performances économiques.

Comme nous l’avons dénoncé en ce qui concerne l’enseignement secondaire, les deniers publics qui sont versés aux établissements de l’enseignement supérieurs publics imposent au gouvernement un devoir de contrôle à la fois sur la qualité des enseignements qui y sont dispensés, eux-mêmes tributaires de la qualification des enseignants et les conditions de leurs rémunérations.

L’accroissement des effectifs des effectifs dans les établissements d’enseignement supérieurs pourrait cacher vraisemblablement une collision d’intérêts. La masse de subventions versées à ces établissements est suffisante pour accroître la capacité d’accueil dans les universités publiques qui induirait automatiquement le recrutement des enseignants docteurs.

Par ailleurs, d’un point de vue académique, le diplôme de doctorat reste un diplôme de recherches. Doit-on comprendre que la Côte d’Ivoire a comblé tous les domaines de recherches au point de laisser sur les carreaux des docteurs ? Ou encore faut-il voir dans le chômage des docteurs une mauvaise planification de la recherche au point de former des docteurs inutiles.

 

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La gouvernance par effet d’annonce ne peut cacher la réalité des choses. Chaque année le gouvernement annonce des nouvelles universités. Paradoxalement le nombre d’étudiants dans les universités publiques décroît comme le témoignent les chiffres de 2017 (20 545) contre 19600 en 2022.

Le PM a donc envisagé la mauvaise solution pour les étudiants docteurs. La condescendance que l’on lit dans son discours sur ce point est inappropriée. Il en va ainsi des performances économiques dont il vante son gouvernement.

 

D- 𝗗𝗘 𝗟’𝗨𝗥𝗕𝗔𝗡𝗜𝗦𝗠𝗘 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗩𝗜𝗟𝗟𝗘 𝗗’𝗔𝗕𝗜𝗗𝗝𝗔𝗡

L’obsession quasi-pathologique que le gouvernement ivoirien a pour Abidjan a été expliquée plus haut. Dans son exposé, le Premier ministre a démontré toute son extase pour les infrastructures réalisées à Abidjan et d’en conclure qu’ils sont inédits. Il est bon de rappeler que le Premier ministre actuel a été pendant plus 10 ans, ministre des infrastructures sous le régime du Président Laurent GBAGBO. C’était donc à lui qu’incombait la mise en œuvre de la politique infrastructurelle de ce gouvernement qu’il n’a jamais quitté pour dénoncer l’immobilisme de ce régime sur la question des infrastructures. L’attitude du PM peut s’expliquer sous deux angles. Soit, il ignorait le sens de ses responsabilités dans un gouvernement, soit, ne les ignorant pas, il jouait une sorte de cheval de Troie au profit de régime qu’il sert aujourd’hui. Parce qu’il est établi que beaucoup d’infrastructures, dont il se déleste aujourd’hui avaient été programmés et les financements bouclés par le gouvernement sous l’administration du Président Bédié, puis celle du Président GBAGBO. Il en est ainsi de l’autoroute Abidjan Bassam, de l’échangeur de la Riviera II dont les financements avaient été mobilisés dès l’admission de la Côte d’Ivoire au Point d’initiative du PPTE en 2009, du Pont de Jacqueville dont le financement avait été mobilisé au près d’une banque arabe, de la construction de la Y 4 etc. La loyauté aux fonctions que l’on occupe dans un gouvernement est une preuve supplémentaire de la responsabilité des titulaires desdites fonctions. Pour donner à la politique sa noblesse, les acteurs politiques doivent faire preuve de beaucoup de responsabilités. Critiquer un gouvernement dont l’on a été soi-même un acteur majeur sans l’avoir renié donne à s’interroger sur le sens de nos responsabilités. La politique ne doit pas être vue comme une zone grise dans laquelle ne peuvent prospérer que les contrevaleurs sociales. En a tout état de cause, le PPA-CI voudrait rappeler, au cas où il aurait oublié, que la majorité des infrastructures dont il se réjouit sont les fruits des efforts du régime de 2000 à 2010 dont il a été un acteur majeur. C’est pourquoi nous lui rappelons ce qui suit.

Le tableau suivant en annexe donne la liste des projets PUIUR financés par la Banque Mondiale dès le point d’initiative du PPTE.

Depuis 2012, la Côte d’Ivoire a bénéficié de deux contrats C2D d’un montant global de 1151 milliards de FCfa (1,750 milliards d’euros) pour financer divers projets de développement. Le premier contrat couvre la période 2012-2015 pour un montant de 413 milliards (630 millions d’euros). Il était en cours de réalisation quand le second, plus important de 738 milliards (1,125 milliards d’euros), a été conclu pour couvrir la période 2014-2020. C’est le premier C2D qui a assuré le financement des travaux suivants, regroupés en lots :

 

– Lot : 1 Abobo-pharmacie Matenin-carrefour Plaque II-Cash ivoire-gare Sotra-camp commando Abobo.

– Lot 2 : Adjamé avenue Reboul ; Adjamé avenue 13-E50-école franco-arabe.

– Lot 3 : Yopougon route d’Azito.

– Lot 4 : Yopougon, points critiques dans la commune de Yopougon quartier lièvre rouge ; Yopougon, points critiques du Chu de Yopougon ; Yopougon point critique quartier Maroc.

Le second contrat prévoit, entre autres, les travaux de mise en place de 54 périmètres maraichers irrigués et, surtout, le financement du prolongement de l’autoroute de Bouaké à Ferkessédougou.

Il convient de relever que le PPTE dont les fruits ont permis ces réalisations est l’œuvre de la gouvernance du Président Laurent GBAGBO dans laquelle le PM Patrick Achi a joué un rôle prépondérant. Il n’est pas convenable de renier son propre héritage.

Le gouvernement ivoirien a-t-il conscience du nombre de victimes de sa politique de multi polarisation de la ville d’Abidjan. Les populations expulsées de leur Abidjan se retrouvent entassées dans les périphéries de la ville et vivent dans des conditions effroyables. Le village Atchan d’Adjaoui Kubet, non loin de l’aéroport d’Abidjan, naguère peuplé il y a seulement 15 ans d’à peine 800 âmes, en compte aujourd’hui plus de 70 000, selon les sources de la chefferie villageoise. Cette politique qui exclut les plus fragiles de nos compatriotes est rejetée par le PPA-CI surtout que cette politique est portée exclusivement par la dette.

 

E. 𝗨𝗡𝗘 𝗗𝗘𝗧𝗧𝗘 𝗜𝗡𝗤𝗨𝗜𝗘𝗧𝗔𝗡𝗧𝗘

Le Chef du gouvernement a beau se défendre sur l’énormité de la dette ivoirienne, la réalité des chiffres le confond. En juin 2012, la Côte d’Ivoire a bénéficié des retombées du point d’achèvement de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Ainsi, la dette de la Côte d’Ivoire est passée de plus de 6.000 milliards à 4.679,55 milliards  de FCFA dont 2.392,98 milliards au titre de la dette extérieure.

L’évolution de la dette que nous vous présentons, part de l’année 2012, c’est-à-dire un an après le départ du régime GBAGBO, à 2022. C’est le lieu de signaler qu’en trois ans de gouvernance du régime actuel, de 2012 à 2014, le niveau de la dette est revenu au niveau d’avant le point d’achèvement, soit 6.438,5 milliards. A partir de cette date, nous constatons déjà une nette augmentation de la dette d’année en année. Le tableau et le graphique ci-dessous retracent cette évolution.

Malgré la croissance de la dette constatée à travers les différents chiffres, la Côte d’Ivoire continue de s’endetter en s’appuyant sur le ratio communautaire (dette sur PIB), qui est autre qu’un ratio de viabilité de la dette. La capacité de remboursement de la dette s’apprécie aussi à travers la capacité de mobilisation des ressources domestiques. Or, la Côte d’Ivoire peine à mobiliser des recettes fiscales correspondant à 13% de son PIB là où le ratio communautaire est de 20%

La dette contractée pendant les six derniers mois

Pendant les six derniers mois la Côte d’Ivoire s’est à nouveau endetté à hauteur de 851,71 milliards soit une augmentation de 4,22% par rapport à l’encours de 2021. Ce qui confirme le recours exagéré à la dette.

Par ailleurs, sur un montant de 23 454,48 milliards de FCFA dont la Côte d’Ivoire a bénéficié pour le financement de 984 projets, elle n’a pu consommer que 13 241,06 milliards, soit un taux d’absorption global de crédit de 56,45%. Ce taux est apparemment satisfaisant, mais si les projets sont pris individuellement, ce taux d’absorption se situe à 13%. Ce qui montre que la Côte d’Ivoire a des difficultés de consommation de crédits alloués.

C’est le cas de projets financés par la Banque Mondiale dont le taux décaissement se situe actuellement à 9,78% que le ministre de l’économie et des finances se projetait de relever à 18% au 30 juin 2022.

Le gouvernement ne peut absorber ces crédits parce que son économie ne remplit pas souvent les conditions qui assortissent ces dettes.

Beaucoup de pays, qui ont eu recours massif la dette traversent des moments de turbulence aujourd’hui. Ils sont retombés dans la spirale de la dette au point d’inquiéter toutes les sentinelles de l’économie mondiale. Le Ghana, l’Ethiopie, l’Ouganda etc. en sont quelques exemples illustratifs. L’Ouganda est en voie de perdre l’un de ses ports majeurs au profit de ses créanciers chinois.

En Conclusion, nos compatriotes ne se retrouvent pas dans la Côte d’Ivoire que le Premier ministre a tiré des contes de fées destinés à faciliter le sommeil des enfants. Leur quotidien est marqué par la cherté de la vie qui accentue la rareté de leur minimum vital.

Mesdames et messieurs les journalistes, merci pour votre écoute attentive”.

 

𝗔𝗯𝗶𝗱𝗷𝗮𝗻, 𝗹𝗲 𝟬𝟭 𝗱𝗲́𝗰𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲 𝟮𝟬𝟮𝟮

𝗦𝗘𝗥𝗩𝗜𝗖𝗘 𝗖𝗢𝗠𝗠𝗨𝗡𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗣𝗣𝗔-𝗖𝗜

 

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