CÔTE D’IVOIRE : 46 docteurs non recrutés dont 7 femmes interpelés et détenus à la MACA seront jugés ce mercredi au tribunal du Plateau

Arrêtés au Plateau le 21 décembre dernière alors qu’ils marchaient pour exiger  une plateforme d’échange avec les autorités ivoiriennes dans l’optique de leur insertion, les 46 docteurs non recrutés des universités de Côte d’Ivoire seront jugés ce mercredi 28 décembre à 13 Heures au tribunal du Plateau. N’est-ce pas la preuve par trois, pour ceux qui en doutent encore,  que l’éducation des ivoiriens de demain n’est pas la priorité du gouvernement RHDP. Au-delà Amnesty International exige que le droit de manifester et de se faire entendre en toute sécurité et sans crainte de répercussions des docteurs non recrutés soit respecté.

 

Le Mercredi 21 décembre 2022, le Collectif des Docteurs Non Recrutés de Côte d’Ivoire a organisé une marche en direction de la Primature à Abidjan, au Plateau, au moment où le gouvernement tenait un conseil des ministres présidé par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Objectif, soumettre au premier ministre, Patrick Achi, leurs propositions qu’ils voudraient voir discuter dans une plateforme d’échange avec la primature après l’échec des négociations avec le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la recherche scientifique, Adama Diawara.

Au cours de cette marche, 46 docteurs dont 07 femmes ont été interpellés au niveau de l’hôtel de ville. Après deux (2) jours passés à la Préfecture de Police, ils ont été conduits au parquet le vendredi 23 décembre à 08h du matin. Par la suite, ils ont été déférés à la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan) à 19h 38.

Déplorable pour une nation sous développée.  Qu’est-ce que le Premier ministre Patrick Achi voudrait que les ivoiriens retiennent de cette maladresse gouvernementale (garder dans les prisons ivoiriennes pendant 7 jours des docteurs des universités de Côte d’Ivoire qui  marchent pour espérer avoir une audience avec vous vu que plus de cinq demandes d’audience  qui vous ont été adressées sont restées sans suite favorable.

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Des pays comme le Maroc, la Tunisie et le Cameroun  qui ont une grande estime pour l’Education, donc les ressources humaines dans leur pays, ont respectivement inséré  2000 Docteurs (Maroc et Cameroun), et 1900 Docteurs seront bientôt insérés en Tunisie.

Aujourd’hui,  à l’Université FÉLIX HOUPHOUËT BOIGNY de Cocody, « le ratio étudiants/enseignant de UNESCO, qui est de 1 enseignant pour 25 étudiants, affiche un enseignement pour 300 étudiants.» D’où le nombre incalculable des heures supplémentaires qui coutent à l’Etat de Côte d’Ivoire au moins 10 milliards de F CFA par an. Pourquoi ne pas transformer ces heures supplémentaires en postes d’assistant pour au moins 800 docteurs non recrutés. Surtout que  vaille que vaille l’Etat va payer ces 10 milliards chaque année en heures supplémentaires avec malheureusement un encadrement au rabais des étudiants.  Alors qu’avec de nouveaux assistants, des docteurs non orientés,  qui veulent faire leur preuve sous le regard des professeurs titulaires, les étudiants dans les universités ivoiriennes seront mieux encadrés. Toutes choses qui vont contribuer à rehausser le niveau des universités ivoiriennes,  et pourquoi pas leur permettre de figurer ensuite dans le Top 200 des universités africaines où aucune université ivoirienne n’est mentionnée depuis près de cinq ans.   Le collectif a une seule volonté : servir sa nation, l’administration ivoirienne et contribuer à rehausser le niveau de l’encadrement dans  les universités ivoiriennes.

C’est pourquoi Amnesty International exige que le droit de manifester et de se faire entendre en toute sécurité et sans crainte de répercussions des docteurs non recrutés soit respecté.

 

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Par ailleurs et pour son insertion, le collectif des docteurs non recrutés a fait des propositions que le ministre Adama Diawara n’a pas voulu regarder. Et en refusant de les recevoir (plus de cinq demandes d’audience infructueuses) pour en discuter, le Premier ministre, Patrick Achi, donne aussi le sentiment qu’il ne veut pas non plus regarder.  Qu’à cela ne tienne, voici les propositions des docteurs non orientés pour leur insertion. Propositions devenues publiques puisqu’elles sont sur la page Facebook du Collectif sous la forme d’une déclaration  que CIVNEWSAFRIK. NET vous propose :

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‘’ Quarante-six (46) Docteurs ont été arrêtés le Mercredi 21 Décembre 2022, lors d’une marche pacifique au Plateau pour soumettre leurs propositions de sortie de crise du doctorat au Premier Ministre.

Après deux nuits dans des conditions dévalorisantes à la Préfecture de Police, ils ont été conduits au violon du parquet  d’Abidjan le vendredi 23 décembre autour de 6h 30 avant d’être déférés à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA) à 19h 38.

Le Collectif rappelle à l’opinion nationale et internationale qu’il demeure une force de propositions pour une sortie définitive de la crise du Doctorat et non un regroupement de va-t-en-guerre. Ses  propositions sont :

*La  conversion  des heures complémentaires en postes d’assistants. Estimées à des dizaines de milliards cette année. Elles pourraient faciliter l’insertion d’au moins 800 Docteurs.

*L’application de l’article 19 du cahier de charge relatif aux universités privées du CAMES. Il stipule la présence de cinq (5) Enseignants permanents pour ces universités à leur création.

*L’insertion des Docteurs selon leurs spécialités dans l’administration  et les centres de recherche en se référant au compendium de compétences. Au moins 700 Docteurs pourraient être insérés.

*L’insertion des Docteurs dans nos lycées comme professeurs agrégés de lycée (comme c’est le cas en France).

Pour une meilleure analyse de la faisabilité de ces mesures qui incluent la révision de l’âge limite, le Collectif réitère la nécessité des échanges officiels avec les autorités.

Car seule, une insertion planifiée de tous les docteurs permettra d’équilibrer leurs possibilités d’accès à l’emploi.

Le Collectif demeure convaincu,  que l’arrestation injustifiée des Docteurs et leur incarcération à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), ne sauront contribuer à la résolution de la crise du Doctorat.

 

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La libération immédiate des Docteurs, dont des nourrices de moins de 3 mois,  ne serait pas préjudiciable à l’éducation en Côte d’Ivoire.

Or, le contraire demeure une véritable source de démotivation  chez les jeunes qui se remettent difficilement déjà de la situation de leurs 3000 aînés. Elle crée surtout des frustrations profondes chez les Docteurs et leurs parents qui  espérant un mieux-être, après avoir consentis tant d’années de sacrifices, se voient avilis. Surtout que les opportunités d’emploi pour l’élite ne sont pas chimériques.

Le Collectif reste convaincu que le traitement infligé aux 46 Docteurs depuis leur arrestation honore moins la Côte d’Ivoire.

Notre pays semble vouloir inaugurer une arène moins glorieuse, incompatible avec toute  nation qui aspire à faire de l’éducation son fer de lance.

En effet, aucun pays ne peut s’enorgueillir de faire arrêter injustement des Docteurs parce qu’ils demandent  pacifiquement des tribunes officielles aux autorités pour présenter des propositions de leur insertion professionnelle.

 

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Il serait donc judicieux, vu le modèle que notre Patrie, la Côte d’Ivoire veut incarner au niveau des libertés élémentaires et de l’éducation, de libérer ces 46 Docteurs séquestrés qui croupissent à la Maison d’arrêt et correction d’Abidjan ( Maca). Car ils ne veulent que servir la nation.

En cette fin d’année marquée par les différentes festivités, il ne serait pas scandaleux de libérer des Pères et des Mères de famille qui ont trimé pour symboliser l’excellence et de trouver une solution définitive à leur désir noble de servir la nation.

Ces derniers, pourraient fêter sereinement avec leurs petites familles et leurs parents.

Surtout qu’ils n’ont ni cassé ni tué.

Le Collectif demande  aux Docteurs de rester dignes et solidaires des 46 SOLDATS DE LA SURVIE DE L’ÉDUCATION !

Restons à l’écoute !

*Dr Déroux SIMI*

 

La Rédaction

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