CÔTE D’IVOIRE/MALI : le geste de Bamako qui a favorisé la libération des 46 militaires ; l’hypothétique arrivée de Assimi Goïta à Abidjan

La négociation pour la libération des 49 soldats ivoiriens aura fait couler beaucoup d’encre et de salive. Le nœud gordien était le renoncement par Bamako à voir  extrader les opposants maliens en exil en Côte d’Ivoire. Si Alassane Ouattara a convié Assimi Goïta en visite officielle à Abidjan, sa venue apparaît très hypothétique.

 

L’un des points les plus sensibles des négociations entre Bamako et Abidjan portant sur la libération des 49 militaires ivoiriens arrêtés le 10 juillet 2022 et graciés dans la soirée du 6 janvier, était le dossier des opposants maliens en Côte d’Ivoire.

Mais l’épineuse question des opposants maliens présents sur le sol ivoirien s’est finalement transformée en principale concession faite par Bamako lors des dernières tractations. Elle figurait pourtant au centre de la première version de l’accord confidentiel transmis fin octobre par les autorités maliennes à Abidjan.

 

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Lire entre les lignes Dans le document de sept pages et de quatorze articles intitulé Memorandum d’entente entre la République de Côte d’Ivoire et la République du Mali, le sujet était directement évoqué.  L’article 7 le détaillait en ces termes : “à défaut d’extrader les Maliens faisant l’objet d’un mandat d’arrêt, la partie ivoirienne s’engage à interdire le séjour sur le territoire ivoirien aux citoyens maliens poursuivis par la justice malienne et ayant violé, par leurs propos et actes, les réserves liées à l’asile”.

Un paragraphe qui visait tout particulièrement, entre les lignes, Karim Keita, le fils de l’ancien président malien, Ibrahim Boubacar Keita dit “IBK”, installé à Abidjan depuis le coup d’Etat du 18 août 2020. Autre personnalité politique malienne également dans le viseur : l’ancien premier ministre, Boubou Cissé, et l’ex-chef de la diplomatie malienne, Tiéman Hubert Coulibaly. S’ils ne vivent pas dans la capitale économique ivoirienne, les deux hommes y séjournent très régulièrement.

Abandon de l’article 7

L’article 7 a finalement été supprimé dans la nouvelle monture de l’accord transmis par Bamako à Abidjan mi-décembre. Le document a été paraphé par les deux parties le 22 décembre lors de la venue de la délégation ivoirienne au Mali menée par le ministre de la défense, Téné Birahima Ouattara. Outre la médiation togolaise, très active sur le dossier depuis le mois de juillet, le frère cadet du président Alassane Ouattara avait ouvert un canal de communication dès la fin du mois d’octobre avec son homologue malien, Sadio Camara. Du côté d’Alassane Ouattara et Assimi Goïta, aucune ligne directe n’a été ouverte jusqu’à la fin du mois de décembre : les deux hommes ont en effet échangé par téléphone à la veille de Noël et dans la foulée de la visite de Téné Birahima Ouattara à Bamako. Un appel qui a été suivi d’un second le 9 janvier dans la foulée de la libération des militaires ivoiriens. Jusqu’au mois de décembre, leur précédent appel remontait au 12 juillet 2022, soit deux jours après l’arrestation des 49 militaires ivoiriens.

 

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Quelques semaines après ce coup de téléphone, le chef de l’Etat algérien Abdelmadjid Tebboune avait personnellement contacté Assimi Goïta pour tenter de jouer les médiateurs. Mais sans succès. Si Alassane Ouattara a convié le président de la transition malienne en visite officielle à Abidjan, sa venue apparaît en réalité très hypothétique. Assimi Goïta a en effet confié à son premier cercle qu’il ne souhaitait pas effectuer ce déplacement avant “au moins plusieurs semaines”.

 

A.Y (avec Africa Intelligence) 

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