SARA 2019 : Des ministres africains partagent leurs expériences agricoles lors d’un atelier à Abidjan


Des ministres de l’agriculture de plusieurs pays africains, dont celui de l’Éthiopie, de Burkina, et du pays hôte la Côte d’Ivoire, ont pris part à une conférence autour du thème : « L’agriculture africaine face aux opportunités, et les innovations technologique ». C’était vendredi dernier à la 5e édition du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA).


 Le ministre Séka Séka qui, le premier a pris la parole, a d’emblée dénoncé le fait qu’un africain sur quatre souffre de malnutrition contre neuf pour le monde, et que si rien n’est fait la situation alimentaire alarmante de l’Afrique risque encore de s’accentuer. Il a pour cela préconiser « Une agriculture avec zéro déforestation, donc ami de la forêt. Une diversité des cultures, et la transformation des cultures primaires en produit fini. »

Le ministre de l’agriculture de l’Éthiopie lui emboitant le pas, a appelé à booster leurs productions pour être à la moyenne des pays développés. Pour lui, la plupart des problèmes n’étant pas causés par l’agriculture, il est donc impossible que les solutions viennent de l’agriculture elle. D’où la primauté de l’investissement de masses dans ce secteur (l’agriculture) et tout ce qui concerne les technologies de bases.

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« Il faut faire en sorte que l’investissement soit plus forte dans ce secteur et tout ce qui concerne les technologies de bases. Des partenariats publics privés peuvent utiliser toute cette chaine. L’Afrique doit pouvoir compter sur ces ressources pour se développer. Les petits paysans doivent être au centre de tout cela », a-t-il déclaré.

 Avant d’ajouter qu’il faudrait pouvoir changer le narratif car il est important que l’agenda de l’agriculture soit adopté par les autres ministères pour une meilleure mise en œuvre des actions. Cette cause appelant à un modèle plus inclusive. Le marché en Afrique étant estimé à 3000 milliards de dollars en 2020, il faudrait pouvoir fournir l’offre et la demande, en faisant en sorte que les africains soit des consommateurs, a-t-il préconiser.

Le ministre de l’agriculture du Burkina Faso a prôné l’utilisation des nouvelles technologies pour préserver les sols afin de ne pas se retrouver avec des sols pauvres. Ces technologies doivent être aux services des besoins des agriculteurs africains, mais également permettre de prendre en compte l’ensemble de la chaîne agricole. Toute chose qui passe par l’optimisation du travail des agriculteurs par le biais des technologies. Parce qu’il faudrait que les producteurs puissent directement être connectés aux acheteurs et aux consommateurs, en ayant une possibilité de traçabilité des produits, afin de montrer leurs origines et leurs qualités. Il a pour cela citer quelques innovations mises en place au Burkina et qui marchent.

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« Nous au Burkina Faso nous avons mis en place quelques initiatives comme : Le E-vulgarisation : elle est faite pour que le producteur devienne un bon électronique à partir de son téléphone, afin d’avoir toutes les dernières informations. C’est un ensemble de systèmes de messages globaux et de petits films vidéos que nous avons développés et stockés à partir de centres d’écoutes, pour permettre aux producteurs d’avoir accès aux différents techniques à partir de leurs smartphones, afin d’être à jour.

Ensuite nous avons mis en place la Ges-Labo : Qui est d’un système de gestion de contrôle des semences. Cela nous permet de prélever les semences et valider leurs conformités. Ce qui nous permet de connaître la qualité des semences. Parce que l’un des problèmes est l’accès aux semences de qualités », a-t-il fait savoir.

Ces différentes initiatives dit-il, ont permis de remonter la plante durant les 5 dernières années dans le domaine du coton, ou un accroissement de plus de 26% a été constaté selon les estimations.

Il a parachevé son discours sur un rappel des ressources propre à l’Afrique, suffisamment conséquente selon lui pour que l’Afrique soit auto-suffisante. « En Afrique nous avons 60% des terres rares, et nos impôts génèrent plus de 500 milliards de dollars par an, avec ça, nous pouvons financer tout ce que nous voulons, afin que l’Afrique soit auto-suffisante », a-t-il clamé.

Jean Cyriel AHOUSSOU

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