BEDIE SUR FRANCE 24 : « une candidature de Alassane serait Illégale ; je me présente pour gagner »


Après son plébiscite par les militants du PDCI-RDA à plus de 99,7%, le désormais candidat du PDCI-RDA à la présidentielle de 2020, Henri Konan Bédié, soutient que sa candidature « vise à permettre aux jeunes d’accéder aux responsabilités, à mieux les préparer, les former à assumer ces responsabilités dans tous les secteurs ». Aussi martèle –t-il « je ne me présente pas pour figurer ni simplement pour témoigner. Je me présente pour gagner avec toutes les forces vives de la nation éprise de paix, de justice, de réconciliation et de développement ».


France 24 : Monsieur le président, vous avez affirmé que cette candidature vise à permettre aux jeunes d’accéder aux responsabilités.  Vous avez 86 ans, comment est-ce-que vous comptez amener les jeunes au pouvoir à travers votre élection ?

Je l’ai dit, ma candidature est commandée par plusieurs enjeux. D’abord par la réconciliation nationale, ensuite, c’est une mission de salut public car l’état de la nation ivoirienne est plutôt en régression. Je dois, si je suis élu, faire en sorte que la Côte d’Ivoire revienne à la démocratie véritable avec le retour également à l’état de droit. Alors tous les secteurs étant en régression, en dégradation, c’est avec la nouvelle génération que je j’entends restaurer cet état de fait.

France 24 : Monsieur le président, en ayant votre âge, comment est-ce-que pouvez-vous dire que c’est la nouvelle génération qui va arriver au pouvoir, est ce que vous allez faire des gestes concrets, est ce que vous n’allez pas nommé un vice-président de la jeune génération, concrètement, quel est le message pour la jeunesse à travers votre candidature ?

Les jeunes savent que c’est pour eux que je me présente. C’est pour qu’ils aient accès à tous les postes de gestion de la nation ivoirienne. Ma mandature sera consacrée à mieux les préparer, les former à assumer ces responsabilités dans tous les secteurs.

France 24 : Monsieur le président, face à vous va se présenter sans doute Alassane Ouattara. Il s’était engagé à ne pas se représenter. Face au décès du président du parti au pouvoir, cela a rabattu les cartes. Est ce qu’il a le droit de se représenter ?

Pour cela, il faut interroger la Constitution, la loi fondamentale qui régit la Côte d’Ivoire. En son article 55, c’est la limitation des mandats. Il n’y a pas de troisième mandat en Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara qui a accédé au pouvoir en 2010, après ses deux mandats, n’a pas droit à un troisième mandat. 


Je crois que l’occasion s’offre à lui, compte tenu que la situation que vit le parti de Alassane Ouattara, de respecter sa parole et de respecter la Constitution plutôt que de violer la constitution. Je crois aussi que l’occasion s’offre à lui de renforcer notre démocratie par le respect, par la pratique de l’alternance démocratique.


Il prétexte de ce que la Constitution ayant été amendée, cela remet les pendules à zéro. Mais tous les experts qu’il a choisis lui-même lui ont dit que l’article 183 de cette Constitution ne prévoit pas que les compteurs soient remis à zéro par la nouvelle Constitution. Par conséquent, sa candidature sera illégale. Je crois que l’occasion s’offre à lui, compte tenu que la situation que vit le parti de Alassane Ouattara, de respecter sa parole et de respecter la Constitution plutôt que de violer la constitution. Je crois aussi que l’occasion s’offre à lui de renforcer notre démocratie par le respect, par la pratique de l’alternance démocratique.

France 24 : S’il se présente malgré vos réserves, que comptez-vous faire, allez-vous appeler à une mobilisation de vos partisans, quelle est votre stratégie parce que visiblement, il va y aller.

C’est le peuple qui apprécierait. Il leur a remis sa parole. Qu’il viole la Constitution, c’est le peuple qui se prononcera. En ce qui me concerne, en tant que candidat, quelles que soient les circonstances, je me battrai pour restaurer cette situation qui serait illégale.

France 24 : Est-ce que vous avez toujours des doutes sur la transparence du scrutin en dehors d’une candidature d’Alassane Ouattara; on sait que votre parti et l’opposition ont exprimé des réserves sur la Commission électorale indépendante. Est-ce que vous êtes prêts à appeler à un boycott si la Commission électorale n’est pas réformée selon vos désidératas ou est-ce que vous allez à l’élection quoi qu’il advienne ?

J’espère bien que les tenants du régime en place respecteront la décision de la Cour africaine des Hommes et des peuples qui s’impose à eux, qui s’impose à la Côte d’Ivoire en tant qu’État.

France 24 : Et s’ils ne le font pas, est-ce que vous êtes prêts à boycotter les élections ?

La question n’est pas de boycotter les élections ou quoi que ce soit. Il s’agit de se battre pour que les conditions de la transparence soient réunies.

France 24 : Il y a aussi la question des candidatures. Notamment celle de l’ancien président Laurent Gbagbo. On a appris hier à travers ses avocats qu’il a demandé un passeport et un laisser passer en Belgique pour revenir en Côte d’Ivoire. Est-ce que vous souhaitez son retour d’une part et est-ce que vous souhaitez sa candidature d’autre part ?

Eh bien, Laurent Gbagbo a été acquitté, ensuite assigné dans une résidence, je dirai presque surveillée dans le sens que ses mouvements ne pouvaient excéder un certain périmètre autour de Bruxelles. Tout ceci ayant été levé, il doit rentrer chez lui. Il doit rentrer dans son pays et tout le monde, tous les partisans de son parti ainsi que toute la population ivoirienne souhaitent son retour. Et s’il est de retour quitte à lui d’être candidat ou non.

France 24 : Est-ce que vous lui avez parler récemment ?

Hier même.

France 24 : Et qu’elle a été votre conversation ?

C’est entre nous.

France 24 : Entre votre parti et le sien, il y a une plateforme. La question est de savoir si cela va se transformer en véritable alliance électorale à la présidentielle, notamment dans le cas de figure où il y a un second tour et où le mieux placé accepte de se désister en faveur de l’autre, ça n’a pas été formalisé. Est ce qu’il va avoir une alliance entre le PDCI et le FPI de Laurent Gbagbo ?

Cela va de soi. Dans l’Alliance nous sommes plusieurs mais cela va de soi que le mieux placé s’il y a un second tour aura le soutien de tous les autres.

France 24 : Vous vous êtes mis clairement, formellement d’accord avec Laurent Gbagbo sur ce point-là ?

Cela va de soi comme je dis. On est dans une alliance. Si les conditions sont réunies, l’un soutient l’autre et vice versa selon les circonstances.

France 24 : Guillaume Soro a aussi dit qu’il est candidat, il est en France. Il y a des poursuites judiciaires contre lui. Est-ce que vous avez des contacts avec lui, est ce qu’il pourrait rejoindre votre alliance ?

Il est déjà avec nous dans l’Alliance. Nous travaillons avec les militants de Guillaume Soro qui sont nombreux au pays.

France 24 : Et lui aussi accepterait que le mieux placé soit soutenu par ceux qui arrivent derrière, lui avec Laurent Gbagbo ?

Encore une fois, je le répète, cela va de soi.

France 24 : Dernière question, monsieur le président, est ce que vous seriez prêts à accepter un report de l’élection présidentielle en raison peut être de la réforme que vous souhaitez de la Commission électorale, de la crise du Covid-19. Certains dans votre parti l’ont laissé entendre, c’est pour ça que j’aimerais que vous clarifier votre position à ce sujet.

Il n’y a aucune raison pour un report. Il n’y a aucune raison pour envisager un report actuellement. Il nous reste encore un peu plus de trois mois, il ne faut quelques journées de discussions pour mettre la Commission électorale au net conformément à l’arrêt de la CADHP, à savoir la représentation des partis politiques de l’opposition à la CEI centrale et à renouveler les CEI locales. Cela ne demande que quelques jours pour être fait. Donc, je pense que le régime en place prendra toutes les dispositions pour que cela se fasse et qu’il n’y ait pas de report.

France 24 : En conclusion, monsieur le président, vous êtes convaincus de gagner cette élection.

Naturellement. Je ne me présente pas pour figurer ni simplement pour témoigner. Je me présente pour gagner avec toutes les forces vives de la nation éprise de paix, de justice, de réconciliation et de développement.

France 24 : Merci Monsieur le Président

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BEDIE SUR FRANCE 24 : « une candidature de Alassane serait Illégale ; je me présente pour gagner »

par Civnewsafrik temps de lecture: 6 min
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