SCANDALE« BICTOGO» AU SENEGAL : Il empoche 30 milliards et livre une université fantôme, des entreprises portent plainte, «Marylis BTP» liquidée


‘‘Le dernier coup de Bictogo’’ ! C’est le titre d’un article du confrère sénégalais « Libération » en sa « UNE » de ce mercredi 1er juillet 2020. L’Homme d’affaires ivoirien, par ailleurs directeur exécutive du Rassemblement des Houphouétistes pour la Paix et la Démocratie (RHDP) et « arracheur » par excellence de « tabouret » de tous ceux qui tentent d’avoir un pied au RHDP et un autre pied ailleurs.  Le coup est gros et scandaleux. Et c’est juste à côté, au Sénégal. Alors que son entreprise Marylis BTP avait été choisie (dans quelle condition d’ailleurs) pour construire l’Université de Diamniadio qui devrait être livrée depuis 2017, le numéro 2 du RHDP, l’argentier du RHDP n’a livré qu’une fondation.  Et ce, après avoir encaissé plus de 30 milliards de f CFA. Même quand il savait qu’il n’allait pas pouvoir livrer le chantier, il a réclamé encore 4 milliards. Malheureusement et à l’image du RHDP dont il est le directeur exécutif…. CIVNEWSAFRIK.NET vous propose l’article du confrère sénégalais.  


« Le juge a ordonné la liquidation de Marylis Btp Sa, la société de l’homme d’affaires ivoirien Adama Bictogo, à la demande d’un créancier. Pendant ce temps, Bictogo, qui a empoché 30 milliards de Fcfa pour une université fantôme à Diamniadio, avec des travaux exécutés à hauteur de 22%, réclame…4 milliards de Fcfa à l’Etat. Faut-il en rire ou en pleurer ?

Comme révélé par «la lettre quotidienne »- publication confidentielle disponible sur abonnement-, le tribunal de commerce de Dakar a prononcé la liquidation de Marylis Btp montée à Dakar le 13 août 2013 par le sulfureux homme d’affaires ivoirien, Adama Bictogo. C’est à la suite d’une procédure de la société Keller Fondation Sas, que les juges ont constaté la cessation des paiements de Marylis en désignant Ciré Alioune Kane et El Hadj Alla Kane comme syndic et juge commissaire dans le cadre de la liquidation des biens de la société. A l’instar d’autres entreprises, Keller Fondation Sas était un sous-traitant de Marilys qui s’est vue attribuer de manière scandaleuse le marché pour la construction de l’université de Diamniadio.

Pluie de plaintes devant les tribunaux.

Aujourd’hui, ces entreprises sénégalaises ne savent plus où donner de la tête pour se faire payer : Marilys qui a empoché 30 milliards de Fcfa pour nous léguer un champ de ruines a disparu des radars après avoir tenté, en vain, de soutirer encore 4 milliards de Fcfa à l’Etat. L’un des sous-traitants, à savoir la Société sahélienne de travaux et d’équipements, a d’ailleurs porté plainte devant le tribunalhors classe de Dakar, selon les informations de Libération. La vérité est que Marilys, qui ne dispose d’aucune expertise- c’était son premier et dernier marché au Sénégal- a fait recours à plusieurs sous-traitants qu’elle a laissé en rade. Selon des sources autorisées, elle doit au moins 3 milliards de Fcfa à des entreprises basées au Sénégal en plus d’être en contentieux avec la Banque of africa. Comme nous l’avions écrit à plusieurs reprises, cette affaire est un scandale précédent. Et ce, dès le début de la procédure. La preuve : aucun document d’exécution physique ou financière ne figure dans le dossier du marché en cause. Qui plus, Marylis qui devait construire et équiper l’université a laissé sur le site des…fondations.

Tout commence entre le 2 et le 16 septembre 2014, quand des lettres d’invitation ont été adressées à six entreprises à savoir Yildirim holdings A.s (Turquie), Eiffage construction (France), Suma Turkey Buyuk dere Cad (Turquie), Jarquil (Rabat, Maroc), China machinery Engineering Cooperation (Chine) et Geiger international (Autruche). Le 9 décembre 2014, le marché est provisoirement attribué au groupement Yildirim holding As/Eti Béton/Touba Matériaux, composé de deux entreprises turques et d’une sénégalaise, pour un montant de 59 882 135 201 Fcfa Ttc. Le contrat sera approuvé le 3 avril 2015 et notifié au groupement le 8 avril 2015 pour un délai d’exécution de 24 mois.

 Un scandale sur tous les plans.

Entre temps, le groupement Marylis Btp/Monofasica/Touba matériaux s’est substitué aux attributaires du marché- qui se seraient « désistés»- avant d’être viré par l’Etat, car incapable de respecter ses engagements. De l’attribution du marché au premier groupement, à son désistement, jusqu’à la signature du nouveau contrat avec Marylis Btp et Cie, tout est scandale. En effet, le contrat de base a été approuvé le 3 avril 2015 par le ministre délégué au Budget alors que le chef de file du groupement Eti Béton/Touba Matériaux, après avoir souscrit à une date non-indiquée, a signifié le 19 mars 2015 son désistement et sa renonciation à ses droits et obligations, résultant de l’appel d’offres restreint. Ainsi, un avenant administratif sans incidence financière a été approuvé le 12 novembre 2015 pour le remplacement du premier groupement attributaire (Yildirim holding As/ Eti Béton/Touba matériaux) par un se-cond groupement d’entreprises (Monofasica/Touba matériaux/ Marylis Btp) avec deux nouveaux entrants, à la place des deux entreprises turques qui se sont retirés du projet. Or, le marché aurait dû être purement et simplement résilié et la garantie de l’attributaire saisie, d’autant plus que c’est le mandataire du groupement, de surcroit la filiale du second membre, qui a pris l’initiative du désistement. Pour dire que l’avenant a été conclu en violation des dispositions du Code des marchés publics car la modification de la composition d’un groupement en cours d’exécution d’un marché, n’est possible que dans deux cas particuliers ; à savoir la liquidation d’un membre du groupement ou l’impossibilité, pour une cause extérieure d’exécuter ses obligations contractuelles.

Une convention ordurière.

 Mais il y’a bien pire. La convention de financement signée le 14 septembre 2016 entre le pool bancaire, la Société de gestion des infrastructures publiques dans les pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose (Sogip), l’Etat du Sénégal et la société Marylis btp porte sur un montant de 46 milliards de Fcfa, inférieur au coût du projet en plus d’être à un taux d’intérêt de 6% hors taxe, supérieur au taux de 3% requis dans le règlement de la consultation. Il s’y ajoute que le chef de file du groupement, Monofasica- qui n’existait même pas lors du lancement de la consultation restreinte-, n’est pas partie prenante de la convention. Autre curiosité : l’avenant consacrant la modification de la composition du groupement a été signé le 12 novembre 2015 alors que la notification du concours bancaire est datée du 2 août 2016. La convention de financement a été acté le 14 septembre 2016. Pourtant, d’après le dossier du marché, le financement aurait dû être mobilisé dans les deux mois suivant la signature de l’avenant conformément au règlement de la consultation. Mais avec Bictogo, tout devient possible au Sénégal… »

Cheikh Mbacké Guissé

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SCANDALE« BICTOGO» AU SENEGAL : Il empoche 30 milliards et livre une université fantôme, des entreprises portent plainte, «Marylis BTP» liquidée

par Civnewsafrik temps de lecture: 5 min