TROISIEME MANDAT OU PAS : Alassane Ouattara a pris sa décision et s’en est ouvert à son premier cercle


Après le décès du premier ministre et candidat à la présidentielle Amadou Gon Coulibaly, le chef de l’Etat ivoirien n’a pas longtemps hésité. Il a brièvement envisagé de transmettre le flambeau au ministre de la défense, Hamed Bakayoko, avant de se raviser. Et d’estimer que la seule solution était d’être lui-même candidat Il vient d’informer son premier cercle de sa volonté d’être candidat à sa propre succession. Une analyse de la lettre du Continent du 15 juillet 2020.


Alors qu’un hommage au premier ministre Amadou Gon Coulibaly, décédé le 8 juillet, a été rendu le 14 juillet par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) au Palais des sports d’Abidjan (Africa Intelligence du 10/07/20), l’état-major de la formation devrait être informé dans les prochains jours d’une candidature d’Alassane Ouattara à l’élection présidentielle. Le week-end dernier, le président ivoirien a annoncé à plusieurs de ses proches sa volonté de briguer un troisième mandat en octobre.


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Très affecté par la mort brutale d’Amadou Gon Coulibaly, le chef de l’Etat s’est également retrouvé pris au piège par la disparition de celui qu’il a depuis longtemps adoubé comme son successeur. Dans les jours qui ont suivi le décès du premier ministre et candidat du RHDP à la présidentielle, Alassane Ouattara a brièvement envisagé de transmettre le flambeau au ministre de la défense, Hamed Bakayoko, avant de se raviser et d’estimer que la seule solution était d’être lui-même candidat. Ce scénario a largement été renforcé par la candidature de son ancien allié, Henri Konan Bédié, à l’investiture pour la présidentielle du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). L’ex-chef d’Etat prône une coalition avec Laurent Gbagbo qui inquiète la présidence. Activement poussé par les caciques du RHDP, Alassane Ouattara est aussi particulièrement attentif de ne pas laisser le pouvoir échapper au Nord. L’officialisation de sa candidature devrait intervenir avant la fin du mois de juillet et son investiture pourrait être formalisée par le RHDP au début du mois d’août.

Dépourvu de plan B

Malgré la santé défaillante d’Amadou Gon Coulibaly, le président ivoirien n’avait jamais voulu entendre parler d’un éventuel plan B (Africa Intelligence du 12/05/20). Plusieurs cadres du RHDP avaient pourtant fait part dès l’hiver, et à plusieurs reprises, de leurs inquiétudes quant à la capacité d’Amadou Gon Coulibaly à mener campagne (Africa Intelligence du 22/01/20).


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Une fois celui-ci disparu, nombre d’entre eux sont montés au créneau pour défendre l’idée d’une candidature de Ouattara : c’est notamment le cas du directeur exécutif de la formation présidentielle, Adama Bictogo. Ce dernier jouera un rôle actif dans lacampagne à venir aux côtés d’Hamed Bakayoko et du secrétaire général de la présidence, Patrick Achi. Celui-ci pourrait être nommé premier ministre dans les prochaines semaines.

Coupé de ses alliés politiques

Mais si son parti fait bloc derrière lui, Alassane Ouattara s’est en revanche isolé de ses principaux alliés politiques (Africa Intelligence du 01/04/20). Après Marcel Amon Tanoh, Guillaume Soro, Henri Konan Bédié et Albert Toikeusse Mabri, le président ivoirien doit maintenant faire face au départ du vice-président et transfuge du PDCI, Daniel Kablan Duncan. Ses relations avec le pouvoir s’étaient particulièrement dégradées ces derniers jours. Il ne devrait pas être remplacé avant l’élection présidentielle.

La décision d’Alassane Ouattara de se représenter sera aussi lourde de conséquences vis-à-vis de ses principaux alliés diplomatiques. Le président s’est toujours engagé auprès de ses partenaires internationaux à ne briguer que deux mandats afin de transmettre le pouvoir à “une nouvelle génération”. Sa candidature ira également à l’encontre des recommandations de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui prône une limite de deux mandats.


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Au moment où Paris et Washington sont vent debout contre le projet de troisième mandat d’Alpha Condé en Guinée, la décision d’Alassane Ouattara les placerait de facto dans une situation particulièrement inconfortable. En mars, Emmanuel Macron avait ainsi salué la “décision historique” du président de ne pas se présenter une troisième fois. Présent dans la capitale économique ivoirienne le 14 juillet pour participer à l’hommage national rendu à Amadou Gon Coulibaly, le ministre des affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian s’est ainsi brièvement entretenu du sujet avec le chef de l’Etat ivoirien.


LC du mercredi 15 juillet 2020

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TROISIEME MANDAT OU PAS : Alassane Ouattara a pris sa décision et s’en est ouvert à son premier cercle

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